3ème (et 4ème) jour de retraite à Voizon - Où l'on découvre la coutume de l'Api Aweur
Mon troisième et dernier jour à Voizon, chers amis, dut se prolonger par un 4ème jour, afin de traiter la légère indisposition dont je fus victime dans la nuit précédant mon départ. En réalité : la courante, avec ballonnement douloureux et flatulence nauséabonde. Vous vous rappelez que j’ai décidé d'effectuer une retraite de trois jours à Voizon (site web 2.1, un pur joyau) afin d’habiter la fonction d’électeur sarkozyste décomplexé qui va être la mienne pour un quinquennat (lire les deux précédents épisodes) Tout commença lorsque j’eus opéré mon transfert, à bord de la Citroën Ami 8 louée sur place, de l’hôtel La Galipotte vers l’hôtel Le Radis Noir (voir
PHOTO), vendredi en fin d’après-midi. Je pris possession de ma chambre (une chambre double mais simple), dépliai un transat et m'allongeai face à la fenêtre grande ouverte, décidé à prendre un bon moment de détente devant le soleil qui ne tarderait pas à entamer sa descente au-dessus de la déchetterie, j'ouvris le livre acheté au café-tabac chez Jeannot, le dernier San Antonio "Culbutes dans le calbute", lorsque je fus hélé (il n’y a pas d’autre mot) par le maître de céans, un homme rude au visage mangé par une barbe sauvage et au nez pas piqué des hannetons, qui m’intima l’ordre (on ne peut pas dire autrement) de me joindre au petit groupe de consommateurs déjà formé au bar de l’hôtel, « La Gorette », où, m’expliqua-t-il moitié en patois moitié en françois, avait commencé à se dérouler une coutume locale, sorte de rituel de décompression avant le dîner, qu’ils appellent ici Api Aweur. D’après le petit guide touristique distribué à l’accueil, l’Api Aweur consiste, dans tous les débits de boisson de la ville bénéficiant d'une licence de 4ème catégorie, à pouvoir consommer un verre gratuit pour chaque verre payé. On pense que Api vient de l’homme d’état romain Appius Claudius Caecus, qui construisit la voie appienne et importa la pomme d’api. Les premiers siècles, seul le calvados pouvait donc bénéficier de l’effet Api Aweur, mais très vite sous la pression des associations de soiffards militant pour la globalisation, la coutume engloba toute boisson alcoolisée, à l’exception toutefois du Saint Raphaël, du Bartissol et du Clacquesin, qui sont des breuvages considérés à Voizon comme trop nobles pour être bradés. Ici on célèbre chaque grand événement (victoire en coupe Gambardella, concours Eurovision de la chanson, premières communions…) en débouchant des bouteilles de Clacquesin. Quant au mot Aweur, le moteur de recherche Google nous apprend que c’est un mot wallon signifiant « joy » et on comprend très vite de quoi il s’agit (lire résultat de la recherche Google ici, si vous ne me croyez pas). En revanche personne n’a pu me dire pourquoi l’offre spéciale Api Aweur durait exactement une heure (de 18h à 19h).
Je décidai de goûter un peu de tout, dans un premier temps, puis beaucoup du reste le restant du temps, en commençant par l’un des cocktails locaux : «Search & Destroy» (Suze/prune/mirabelle), et enchaînant par toute une série de mignonettes maison, le « Kérosène », distillée sur place (68°) pendant une partie de rami endiablée avec un personnage local plein de gouaille à l’haleine de mammouth, Pépé le Slip. Comme chacun avait un petit creux (on entendait les bedaines gargouiller entre deux chansons de Georgette Plana que nous diffusait à pleins tubes un électrophone Teppaz), Aristide s’en alla quérir quelques brouettes du plat local, la « Vulvette», tranche de pain bi, recouverte de vulves de truies saisies au beurre et nappée d'une mousseline de saindoux. Nous en avalâmes à nous faire craquer la sous-ventrière, jusqu’à une heure avancée de la nuit, en alternant tournées générales et concours de pets dans une ambiance bon enfant. Je me souviens vaguement du dernier pichet d’ « Overkill » (Suze/prune/alcool de mélèze), puis plus rien, le trou noir. Réveil le lendemain après-midi, avec une drôle de sensation au niveau du crâne.
Je reviendrai séjourner fréquemment à Voizon, invité par la famille Le Meur qui détient plusieurs postes clés de la commune comme au Voizon Management Consulting Centre, et bien entendu le délicieux hôtel La Galipotte animé par Marie-Jo Le Meur, alias "La Foreuse".

savoir profiter des choses simples de la vie dans une ambiance conviviale , voilà des vraies valeurs qu'il faudrait introduire dans les cités "difficiles"auprés des jeunes désoeuvrés , la vulvette au (seins doux) saindoux (possibilité version karcher bien sûr) , le rap pété ( à personne surtout) et la magie du soleil se couchant sur une déchetterie au moment où ils se lévent .
Rédigé par: frelon | 15 mai 2007 at 11:48