"Beaucoup se demande pourquoi les FARC vous avez laissé une radio ?"
Il faut tenter de tourner la page Betancourt, malgré les journalistes accrochés comme des morpions, et passer à autre chose. Beaucoup d’entre nous sont impatients de ré-entendre parler du Dalaï Lama, par exemple.
Outre le tintamarre médiatique ahurissant et la prosternation généralisée dont elle est l’objet, outre aussi la fière allure et la santé pétillante qu'elle affichait en sortant de six ans d'horribles souffrances dans une geôle en pleine jungle, il y a quelque chose qui me gène avec Mme Betancourt, ce sont ses déclarations. Ce sont les autres qui parlent de ses souffrances en captivité et tentent de décrire ses conditions de vie (« rester prisonnière si longtemps dans la jungle ça doit être terrible »). Mais si vous écoutez bien, vous constaterez qu’elle n’en a encore rien dit, absolument rien. Mme Betancourt se limite depuis sa libération à faire des déclarations générales, des phrases globales, où les affirmations ne sont jamais étayées par des faits, des illustrations, des anecdotes. Parmi de multiples exemples, prenons celui-ci précisément extrait de son interview par El Kabbach :
« J’étais punie chaque fois de façon croissante avec des punitions toujours plus humiliantes. » Punie comment, par quoi, avec quoi… humiliée, comment, par quoi, avec quoi ? On la privait de dîner, ou elle était de corvée de chiottes deux semaines de suite, ou on lui enfonçait des aiguilles sous les ongles, ou elle devait effectuer 20 pompes devant le chef de camp sous une pluie battante en répétant "Viva la revolucion" ? Personne ne le sait. Au milieu des généralités se cachent aussi des contradictions - qu’ici sur Europe1 l'ex meilleur intervieveur de France n’est pas capable de relever, prosternation oblige. Jugez vous-même :
Europe1- 11.07.2008, à 8h30 - -Jean-Pierre El Kabbach : Beaucoup se demande pourquoi les FARC vous avez laissé une radio ?
(je laisse la transcription de l’interview dans l’état d’indigence orthographique où elle est publiée sur le site d’Europe1… que voulez-vous, ces gens-là écrivent comme ils parlent dans le poste.. il paraît même que certains à Europe1 ont 'fait Science Po’, c'est ce que quelqu'un a cru utile de m'écrire il y a quelques mois pour me clouer le bec après une de mes critiques, alors, inclinons-nous…)
Ingrid Betancourt : Tout le monde avait des radios. C'est-à-dire que dans les camps, la seule communication avec le monde, c’est une radio et les gardes, la troupe guerillera a une radio. Ils ont tous des petits appareils radio.
JPE : Donc vous étiez plutôt renseignée. Mais quand ils voulaient vous punir, ils vous enlevaient la radio.
IB : Oui, absolument. Et même, c'est-à-dire que la radio était un instrument de pression parce que c’était considéré comme quelque chose de luxe, c’était un prix, c’était quelque chose de convoité. Il était difficile d’avoir des radios. Peu à peu les prisonniers s’en procuraient, soit parce qu’ils échangeaient des choses, soit parce qu’ils rendaient des services et d’une certaine façon on leur donnait une radio pour les remercier. Enfin c’était un marchandage.
(nous avons tous bien entendu : 1- Tout le monde avait des radios. 2- Il était difficile d’avoir des radios…comprenne qui pourra ! De plus, il faut comparer avec le sort des précédents otages enfermés dans des caves sombres et non au milieu d'une nature luxuriante... et eux sans radio.. et qui sont ressortis avec l'allure de gens ayant souffert ; je ne m'en réjouis pas)
JPE : Il y a une semaine de Bogota, vous m’avez dit oui, j’ai connu des vexations et des choses atroces. Pour que nous comprenions mieux le sort des otages, qu’est-ce que c’est que des choses atroces ?
IB : Je sais qu’il faudra que j’en parle parce que tout le monde me pose des questions. Et je sais que d’une certaine façon il faudra que j’y passe. Vous savez je n’ai rien dit à ma famille. Mes enfants et maman ne connaissent absolument rien des conditions de ma détention et ce n’est pas parce que je n’ai pas envie de le dire, c’est parce que je n’arrive pas physiquement à le sortir de moi.
JPE : C’est tellement horrible ?
IB : Oui, ça a été très très dur. Ca a été très humiliant, ça a été très dur psychologiquement. Quand j’y pense je suis tout de suite ramenée dans le passé. Je ne pouvais même pas en parler lorsque j’étais en captivité. C'est-à-dire que c’est très très dur pour moi de revivre tout ça.

Ce témoignage ne dit rien, ce sont des mots sans queue ni tête. Comme je l'avais déjà dit, cela sent le roussi (pour sa libération, maintenant s'y ajoute ses conditions de captivité) mais à quel niveau?! Ce qui esr marquant, que les média ne parlent pas des autres 14 otages liberés, à se demander pourquoi.
Je pense que les Chinois qui luttent pour les droits de l'homme en Chine et subissent le pouvoir absolu du gouvernement chinois en souffrent autant que Mme B. Peut-être même plus puisqu'il n'y a pas autant de tamtam et de pression médiatique pour eux-m^me et leur cause (que pour Mme B).
Rédigé par: Helene | 13 juillet 2008 at 11:18
Mais arrêtez de parler de c'te bonne femme. On va finir par la voir à la place d'un ministre ;-)
Rédigé par: Daffy | 15 juillet 2008 at 16:55