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J'ai été vieux hier soir entre 20h30 et 21h

Non, ce n'était pas mon anniversaire. Jeudi 10 juillet 2008. C'est arrivé soudain en zappant d'une chaîne télé à l'autre ; la sensation, vaguement inconfortable au début puis vachement pénible, a pris naissance un peu après 20h30 pour éclore une demi heure plus tard en me laissant effondré. Cela a commencé avec les derniers mots, historiques, du journaliste de TF1 Patrick Poivre, de son vrai nom, qui a pris l'initiative d'y adjoindre d'Arvor pour faire breton (son tout dernier mot fut d'ailleurs en breton), comme moi je pourrais me renommer Grincheux d'Artois. Là je me suis dit, voilà donc, comme PPDA le rappelle, plus de deux décennies qu'il habite cette lucarne les jours de semaine, et j'étais déjà à l'âge adulte quand il a fait sa première apparition et je m’en souviens. On ne voit pas le temps passer.

Secoué, j'ai tout de suite enchaîné, c'est doublement le bon mot, avec le résumé de l'étape du Tour de France, et là j'ai pris conscience que les noms de coureurs que j'avais en tête étaient Darrigade, Merckx, Poulidor, Gimondi, Zoetemelk, Hinault… et que je ne sentais pas capable de m’intéresser à ces Kirchen, Evans, Schumacher et Vandevelde (occupant les 4 premières places du Général au jour 7) et que j’aurai tout oublié d’eux dès l’ouverture des JO de Pékin début août, même avant si ça se trouve ... alors, espérer me les faire citer en 2038, n’y comptez pas. Là, j’ai pris un coup de vieux : le Tour a été une fête, je me suis vu agiter des drapeaux et courir derrière des voitures de la caravane distributrices de casquettes jaunes et des derniers numéros de Miroir Sprint, et aujourd’hui me voilà complètement en dehors du coup, un zombi, un extraterrestre ! Déprimant.

D’un doigt sur la zapette je me suis retrouvé sur FR3 qui donnait James Bond 007 contre Dr No, le premier de la série, un film de 1963 avec Sean Connery et Ursula Andress, oui mais vous vous rendez compte : ce film a 45 ans d’âge, et tenez-vous bien, l’ayant vu et revu, j’ai été accroché et emballé dès les premières minutes, tout m’a plu, avec les trois faux aveugles du début, le maillot de bain démodé d’Ursula, les cheveux encore présents de Sean, les couleurs passées, le modernisme suranné des instruments de pointe, le fait qu’il ait fallu que Bond ruse à son arrivée à l’aéroport de la Jamaïque pour trouver une cabine téléphonique et appeler son ambassade… aujourd’hui 007 ne serait plus Connery, il aurait un téléphone invisible incorporé dans l’oreille, et voyez comme c’est bizarre d’être vieux : j’aimerais moins, c'est certain, je préfère le film de 1963. C’était suivi par Terminator avec Arnold S., un film de 1984, donc trop récent pour retenir mon attention cette soirée là. Selon Sarko, il y a des pauvres cons dans ce pays. Des vieux cons aussi, c'est moi qui vous le dis.

Commentaires

La télé, c'est tellement con que même les pigeons ne se posent plus sur les antennes.
Attention Grincheux, j'ai remarqué sur votre photo quelques rides supplémentaires, abus de télé est dangereux pour la santé.

Moi aussi j'apprécie le James Bond de 1963 (je suis née quelques années plus tard)et pas du tout Terminator de 1984. J'ai regardé le premier, mais pas le second. Comme vous, les films recentes ou modernes m'ennyuent fermement que je trouve faux, fictive sans aucune vie malgré leur perfection.

Bonne fin de semaine

Grincheux, es-tu certain de ne pas t'attribuer un qualificatif usurpé ?
As-tu bien la profondur et la saveur d'un con ? (cf. ce regretté Léo Campion, fondateur d'un ordre magnifique, le taste-fesses !)

"la profondeur et la saveur d'un con": tout un programme!
Moi, mon grand souvenir du tour de France, c'est Charlie Gaul en 58, qui avait mis un quart d'heure à tout le monde dans le col du Granier!

Le dernier présentateur du JT que j'ai regardé est Roger Gicquel, au doux regard de cocker battu et j'habitais encore chez mes parents, ce qui nous rajeunit guère.

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