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Choses vues à Cuba (cuite et faim)

Deux semaines après mon retour et quelques Notes de choses vues, dans ce blog, je m’aperçois que je n’ai pas parlé de ce qui est important pour tout Français en visite à l’étranger : la cuisine locale. Autant être franc, ce n’est pas un oubli, c’est parce que le sujet est un non-sujet. Il n’y a pas de cuisine cubaine, à ma connaissance. Ou alors j’ai mal observé (8 semaines de présence à Cuba en quatre séjours).

     Dans le doute (étrange quand même : il n’y a vraiment pas de mets locaux ?) j’ai visité quelques sites et blogs. Les opinions convergent : pas d'art culinaire cubain à signaler. Certains voyageurs, pour quand même dire quelque chose de sympa, soulignent qu’on y mange des mangues délicieuses ! Ce n’est pas de la cuisine : c’est de la cueillette, ça.

     Le riz est le plat de base, ce qui me surprend puisqu’il est entièrement importé (sans doute sur la base de troc avec quelque pays communiste d’Asie). Il y a aussi des haricots, et parfois un mélange roboratif de riz avec haricots. A noter aussi, souvent à table : les bananes frites. Une forme de Ketchup (pas la marque américaine, surtout) agrémente les plats. Les pâtes sont appréciées, mais bien trop cuites. Le Cubain n’est pas maigrichon, au contraire, surtout les femmes qui très souvent baladent une élégance potelée qui leur sied bien… jusqu’à un certain point, faut pas non plus exagérer : certaines ne lisent pas les conseils de sveltesse des magazines féminins français, j'en suis certain. La boisson locale est le rhum, mais un déjeuner arrosé au rhum en plein été, est-ce bien raisonnable ? Essayez une fois... la cuite au prochain numéro. Sinon il y a l’eau du robinet, potable… pour eux. Pour nous, il est prudent d’apporter sa propre fiole d’eau embouteillée dans une poche (donc elle sera bien chaude), même si vous êtes invité chez un Cubain. Le mieux à espérer, pour qui aime (c’est mon cas) est de trouver de la bière, ma préférée étant la Bucanero. Mais il faut dire que je l’achète en monnaie étrangère, chaque cannette équivalant à plusieurs jours de salaire d’un Cubain, il ne faut pas trop y penser, car votre devoir est de vous tenir hydraté, le docteur l’a dit.

     Même si vous pensez tout faire pour éviter l’eau du robinet, il sera difficile de ne pas en choper une ou deux gouttes par inadvertance (eau du nettoyage des fruits et légumes, glaçons) et ainsi avoir droit à plusieurs jours de 'douleurs lancinantes dans le ventre', avec fréquents séjours aux cabinets (apportez un bon livre) : tel est en réalité le souvenir 'culinaire' marquant que beaucoup ramènent de Cuba.

     J’attendais qu’on me pose la question : quid des fameuses langoustes de Cuba ? La langouste est strictement réservée à l’exportation. Elle est même interdite dans la restauration cubaine courante. Je n’ai pas vu la queue d’une.

     Toutes ces observations ne concernent pas les hôtels et complexes touristiques : le tourisme étant devenu subitement l’une des toutes premières ressources de Cuba, ces lieux sont des enceintes, des îlots protégés, bénéficiant de dérogations spéciales, et d’ailleurs la plupart du temps fermés par des clôtures avec contrôles de tous les véhicules et personnes aux barrières d’accès gardées par la police (également présente aux deux extrémités des plages). Le pouvoir cubain voit ces ensembles hôteliers comme des sites de production de devises, et les garde donc sous étroit contrôle. Je pense que si je devais retourner à Cuba, je me ferais  confectionner une casquette marquée d’un gros logo € au-dessus de la visière, tellement j’ai la sensation là-bas d’être perçu comme une ressource ambulante de devises étrangères. Mais même sans casquette, j’ai l’impression que c’est inscrit sur mon front ; rappelez-vous la pub télé pour La Poste : « oui, y’a bien écrit euros, ici »

Commentaires

Poulet à la cubaine
Pour 4 personnes :
1 poulet
1 l de bouillon de volaille
3 piments
2 oignons
3 gousses d’ail
1 c. à soupe de vinaigre
huile, sel, poivre
Découpez le poulet en morceaux et faites-le revenir dans une cocotte avec de l'huile.
Pilez et hachez les oignons et les gousses d’ail.
Ajoutez-les dans la cocotte avec le vinaigre et laissez cuire 30 min à feu doux.
Coupez les piments en lamelles et ajoutez-les ensuite à la viande avec le bouillon, le sel et le poivre.
Laissez mijoter 30 min.
Je cherche encore ce qu'il peut bien avoir de cubain ! Ah si, la boisson qui l'accompagne... le rhum bien sûr, pour se rafraîchir les muqueuses buccales !

En effet je confirme qu'il ne fait pas bon vivre comme poulet (pollo) à Cuba : on passe facilement à la casserole. Beaucoup de Cubains élèvent des poulets chez eux (y compris sur les balcons, ainsi que parfois des porcs, quasiment animal domestique).

Les Arabes élèvent bien des moutons sur leurs balcons (je l'ai vu, de mes yeux vu, à Marseille) !
Je me demande ce qui est le mieux : être un poulet et finir à la casserole ou un mouton et finir en méchoui avec l'outil nécessaire à ce mode de cuisson bien planté là où vous savez...

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