Le beijingois est un chien d'origine chinoise
J’ai toujours pensé que chaque média devrait remettre un livret de 3 ou 4 pages A4 contenant les conseils de prononciation ou d’orthographe de base à chaque journaliste embauché (cela supposant qu’aucune des écoles de journalisme n’a accompli sa mission fondamentale, ce qui est le cas). Manifestement, ils ne le font pas. On me dit que seul France Inter s’est résolu à confectionner un tel document ; je n’en perçois pas les effets à l’antenne ; on peut toujours penser que ce serait pire si le document n’existait pas ! On y trouverait parmi les grands classiques : un solde d’hiver ( ou d’été) et non une solde (du soldat). Une fois tous les quatre ans survient le double piège des jeux olympiques, plus un troisième spécifique cette année. Nous y voici.
Pour la radio : prononcez « les jeux Z olympiques » avec un Z comme dans Zorglug (1). Comme vous dites « les Z hommes », et même « les Z hirondelles malgré le H. Sur Europe 1, l’ex directeur JP El Kabbach n’y est jamais parvenu, en dépit de mes multiples remontrances, et il a dépassé l’âge de la retraite : c’est foutu,
Le deuxième piège est celui dans lequel tombe le journaliste formé à tout tenter pour ne jamais répéter le même vocable deux fois de suite. Il dira successivement « le premier ministre », puis « François Fillon », puis « l’hôte de Matignon », pour faire élégant et riche, pense-t-il. La presse en langue anglaise ignore superbement cette pseudo-règle, et n’en est que plus compréhensible : imaginez le casse-tête (chinois) pour un lecteur étranger (ou du Haut-Var) obligé de plonger dans une encyclopédie pour y découvrir successivement le sens des mots « hôte » (deux sens opposés, piège dans le piège) et « Matignon » pour enfin comprendre (compter deux minutes de boulot) que cette chinoiserie désigne la même personne que sur la ligne du dessus. Pourquoi faire simple ? Le journaliste français appliqué dira donc « les jeux olympiques », puis « les JO », puis, ayant épuisé ses munitions conventionnelles, il vous collera, tout fier, « olympiade », la plupart du temps hors sens puisque Olympiade désigne la durée de quatre ans séparant deux jeux olympiques.
Le troisième point concerne le lieu, dont nous pensions qu’il était Pékin, mais que les puissances locales nous imposent sous la forme de Beijing. Dans un programme TV vous trouverez côte à côte à la même heure, sur FR3 « Pékin 2008 », et sur Canal Plus « Beijing 2008 ». Pourquoi pas Beijing ? On dit bien « New York » comme les Américains, et ça se prononce pareil, alors que pour m’expliquer que « Beijing » se prononce « Pékin », va falloir se lever tôt. Pour un pays pas éloigné de là, un jour il y eu une révolution d’orthographe, si je me souviens bien : avant on écrivait « Tokio » puis c’est devenu « Tokyo » ; la nuance à l’oreille est subtile. Où l’Eurostar vous dépose-t-il en Angleterre ? A Londres ou à London ?
(1) Zorglub est un personnage de Spirou et Fantasio qui apparaît pour la première fois (1961) dans l'album Z comme Zorglub réalisé par Greg et Franquin (SOURCE : Wikipedia)

Tôtyô c'est bien mieux... les Allemands ont gardé Tokio... les écoles de journaliste, ça doit être un peu comme les IUFM... on n'y apprend pas ce qu'il faudrait!
Rédigé par: porcoleader | 03 août 2008 at 19:11
Vous faites une légère erreur, cher Grincheux;
En France, on écrit bien New York, mais on prononce généralement Nouille Ork ( surtout les journalistes d'ailleurs), ce qui n'est quand même pas la même chose, mais si vous êtes une bonne pâte.
Rédigé par: penthievre | 04 août 2008 at 10:49
La capitale de la Russie est Moscou (prononciation russe est Moskva), le fleuve qui traverse la capitale porte le même nom, et pourtant quand les journalistes parlent du fleuve ils disent la Moskova...?! J'aimerai bien connaître la raison.
Rédigé par: cruella | 04 août 2008 at 17:26