Nous sommes entrés de plain pied dans une ère de restrictions, comme sous l'Occupation allemande, mais cette fois les restrictions sont décidées avec notre plein gré, en même temps que la croissance est devenue négative et le trou de la sécu abyssal : restriction de la liberté de parole, encadrement de la morale par des comités de bienpensance, des journalistes de gauche et des associations de défense de tout contre n'importe quoi, représentatives auto-proclamées d'elles-mêmes... jamais on avait vu un membre du gouvernement (en fait, une ministricule ridicule) laisser convoquer à la police une citoyenne ayant écrit à son sujet "Hou, la menteuse", et nous venons de le voir en juin 2009, grande et terrible première. Jamais on n'avait vu un citoyen condamné à une amende pour avoir crié (gare St Charles de Marseille, mai 2009) "Sarko, je te vois" (ni "Chirac, je te vois", ni "Mitterrand, je te vois", ni "Giscard, je te vois", ni "de Gaulle je te vois")... L'étau se resserre.
L'ex Beatles Paul McCartney lance une campagne pour manger sans viande bovine le lundi. Toujours prompts à devancer les modes, les habitants du Bengladesh avaient déjà adopté cette coutume avant la naissance des Beatles. Après des décennies d'abondance, de société de loisirs, de consommation, voici venue l'ère des SANS.
SANS vin, SANS tabac, SANS excès de vitesse en agglomération, SANS téléphoner trop longtemps sur les mobiles à cause du cancer du cerveau, SANS s'exposer au soleil à cause du cancer de la peau, SANS stigmatiser les populations immigrées visibles (les invisibles genre Polak ou Rital allez vous faire foutre), SANS insulter l'avenir en ridiculisant les banlieusards capuchards (demain je serai leur minorité visible, j'ai intérêt à me tenir à carreau aujourd'hui), SANS humilier l'Afrique (qui a tant apporté à l'Histoire... que personne ne sait tout citer, donc on ne cite rien), SANS déraper sur les pratiques sexuelles passées de Cohn-Bendit, SANS frites avec le royal cheese, SANS sel ajouté, SANS sucre dans la limonade, SANS pesticides sur les vignes, SANS parler du détournement massif de fonds publics par Omar Bongo, SANS vexer les Israëliens, SANS offusquer les Arabes, SANS donner l'impression d'encourager les émeutiers d'Iran afin de ne pas monter contre eux ce sacré démocrate de Mahmoud Ahmadinejad, SANS corps gras sur les tartines trempées dans du qahwa SANS caféïne, SANS jamais un mot plus haut que l'autre si vous voulez bloguer tranquille, rester à sa place SANS vouloir péter plus haut que son cul et même SANS péter du tout à cause du méthane favorisant le changement climatique, par conséquent SANS cassoulet de Castelnaudary (et pas que le lundi), SANS panne des sens grâce à la pilule bleue (mais avec préservatif), SANS plomb dans l'essence...
Selon les experts des Nations unies, l'une des principales causes de la destruction de la couche d'ozone à l'origine du réchauffement de la planète provient de l'émission des gaz à effet de serre (GES). Le méthane dégagé par le bétail d'élevage serait ainsi responsable de 18% des émissions de GES, soit plus que le secteur des transports.
"S'abstenir de consommer de la viande une fois par semaine représente un changement important que tout le monde pourrait respecter car c'est au coeur de plusieurs problématiques importantes touchant tout à la fois à la politique, à l'environnement et à la morale", explique McCartney sur le site internet (www.supportmfm.org) de sa campagne, déjà lancée aux Etats-Unis et en Australie.
SANS vouloir choquer les convictions religieuses de certains de mes contemporains, je vous ferai remarquer que le Beatle n'a parlé que de la viande des ruminants, ces animaux passant leur vie à péter et à roter. Mon conseil, SANS provocation déplacée, serait de continuer le lundi et les autres jours à mettre à table de la viande de porc, cet animal si proche de l'homme, si sympathique, dans lequel tout est bon de la tête à la queue (comme moi), et qui ne mérite pas sa réputation de cochonnerie puisque lui ne salope pas la planète avec des émissions de méthane. Porc, salut !