Nous avons ici pas mal débattu d'une dérive grammaticale ayant trait à la "syllepse". Cette dérive conduit à trouver de plus en plus fréquemment des accords obtus avec le verbe, ne tenant pas compte du sens, comme par exemple "un quart des électeurs va voter Le Pen", où l'auteur est fier d'appliquer en bon élève l'accord, appris en Primaire de manière primaire, du verbe avec son sujet, commettant une idiotie de sens puisque ce dernier impose le pluriel : un quart des électeurs vont voter Le Pen. C'est le sens de "un quart" (des gens représentant un quart) qui emporte l'adhésion.
Le Blog des Correcteurs du Monde (ci-contre à gauche dans les Recommandés) vient de détecter un contre-exemple, ou plutôt une nuance renforçant la nécessité d'appliquer du bon sens, dans LE POINT :
"Avec la mise en faillite de Kodak, "un siècle d'innovations industrielles sont menacées de disparition". Le sujet dans cette phrase, est "un siècle". Il est certes de plus en plus fréquent d'effectuer l'accord avec le complément au pluriel d'un nom au singulier : accord selon le sens et non selon la grammaire – en d'autres termes une syllepse (de nombre). Il est légitime de "syllepser" (que l'on nous pardonne ce néologisme) quand cela avantage le sens, mais pas forcément mécaniquement, en toutes circonstances. Ici, le sens se marie avec la grammaire : ce qui est menacé, c'est un siècle d'innovations, non ?"

Oui, oui, syllepse-moi, syllepse-moi...
Rédigé par : Alice | 29 janvier 2012 à 21:23
Faut pas syllepser prendre !...
Rédigé par : Dominique | 30 janvier 2012 à 08:53
Ca faisait longtemps que je le cherchais ce mot, syllepse.
J'aime assez bien "minuit sonnèrent", je trouve que cela sonne plutôt bien.
Rédigé par : phileas | 01 février 2012 à 19:07