Il y a un passage cocasse en page 23 de MARIANNE N°770 du 21 janvier, dans leur dossier de 12 pages intitulé "Je vote Marine Le Pen".
En bandeau courant sur les pages 16 à 23, ils passent en revue des électeurs déterminés à voter Le Pen, avec pour chacun une photo et un paragraphe situant la personne. C'est ainsi que nous avons successivement
Alain, agriculteur, Morbihan
Cédric, ouvrier agricole, Marne
Pascal et Stéphane, fileyeurs, Pas-de-Calais
Jean-Michel, en invalidité, Morbihan
Michel, ouvrier, Oise
Jean-Marie, chef d'entreprise, Var
Michel, ancien fonctionnaire, Morbihan
Marie, ex-employée, Marne
Fabrice, colonel en retraite, Paris
Sébastien, chômeur, Vosges
Alexis, étudiant, Vaucluse
Raymond, boulanger, Ile-de-France
François, chercheur d'emploi, Val-de-Marne
Jacky, menuisier, Marne
et ce n'est pas moi qui ai décidé de placer le meilleur à la fin :
Tony, ancien braqueur, Bouches-du-Rhône
qui pose dans son jardin avec un chien... policier.
Et tenez-vous bien : Tony l'ancien braqueur déclare
"Ce qui se passe à Marseille, ça fait peur. Les jeunes, aujourd'hui, ils sont dingues. Ils ne respectent aucune règle et flinguent une mamie pour 20 euros. Il faut qu'ils aient peur. Il faut qu'il y ait des règles."
Je suis d'accord avec Tony et prêt à militer en faveur d'un retour de la pègre marseillaise aux bonnes vieilles règles du temps de Borsalino, film dont je vous rappelle le pitch : Marseille, 1930. Roch Siffredi (Alain Delon), jeune voyou récemment libéré de prison, décide de retrouver sa compagne, Lola (Catherine Rouvel). Mais pendant qu'il purgeait sa peine, celle-ci s'est entichée d'un certain François Capella, truand lui aussi (Jean-Paul Belmondo).
L'une des règles de ce que l'on nommera La Loi (du milieu) Tony, comme il y a la Taxe Taubin, imposera un niveau plancher à tout prélèvement d'espèces avec menace et violence sur les personnes. Quand le porte-monnaie d'une veille contiendra moins de 200 euros, le sac complet sera restitué à la vioque avec une parole d'excuse. Tout contrevenant sera condamné par un tribunal d'honneur de ses pairs réunis dans une arrière-salle de bistrot à effectuer des travaux ménagers pendant un mois chez la dame traumatisée par l'agression : descendre les poubelles, vider la litière des chats, aller acheter des provisions lourdes chez l'arabe du coin, etc. Le contrevenant sera tenu de porter un blouson d'infamie le désignant aux quolibets des citoyens, avec marqué dans le dos en grandes lettres, aussi grandes que le mot POLICE chez la flicaille : "JE SUIS UNE FIOTTE EN PENITENCE".
Oui, il faudrait obliger les truands à s'exprimer en dialogues de Michel Audiard, cela remettrait du folkore dans les commissariats, les tribunaux et les prisons. Il faut qu'il y ait des règles. On ne flingue pas une mamie pour 20 euros, ce sera prohibé par un code de bonne conduite que chaque délinquant aura appris par coeur à l'école de la rue sous la férule d'anciens rangés des voitures et blanchis sous le harnais portant le visage et le charisme de Lino Ventura ou Jean Gabin.
Et comme "la finance" (et non les abus commis parfois avec certains instruments financiers) est devenue l'ennemi public numéro un des socialistes qui vont revenir au pouvoir, le hold-up bancaire entrera dans les régulations internationales et sa pratique sera encadrée sévèrement : pas plus de deux braqueurs pour une petite agence de quartier, et seulement armés de gourdins. Le pistolet (d'un certain calibre) ne sera employé que pour braquer les agences de Catégorie II. Et là encore on fonctionnera par sommes minimales. Le truand ne pourra plus que se servir d'un jeu de menaces apprises par coeur dans un argot typique qui fera le sel de l'aventure pour les victimes : "aboule l'oseille ou je te transforme en passoire, la blondasse", ou dans une genre classique "mesdames-messieurs ceci est un hold-up, nous allons passer parmi vous collecter les liquidités qui nous permettront de passer un joyeux Noël en famille en Sicile". Quel est l'intérêt ? Tout simplement de minimiser l'impact sur les employés de banque (donc les frais de soutien psychologique) puisque ceux-ci sauront à l'avance quelles sont les menaces du répertoire.
Les deux fileyeurs du Pas-de-calais Pascal et Stéphane posent pour la photo entourés de mouettes dans un port. Il est normal d'être dans la pêche en mer quand on habite sur la côte de la Manche, comme il est normal de prendre une retraite bien méritée après une carrière de braqueur près de son ancien lieu de travail, dans les environs de Marseille. La France est belle quand chacun y est à sa place. Le chien policier veille sur l'ancien braqueur, les mouettes surveillent les filets de Pascal et Stéphane. Nadine Morano sillonne les rues de Paris à vive allure à contre-sens entourée de motards de la garde républicaine au risque d'envoyer un piéton à l'hôpital parce qu'elle a pris un peu de retard en se remaquillant. La France est belle, mais c'est surtout une terre de contraste.

Il y un un chômeur et un demandeur d'emploi. Dois-je comprendre qu'il est aussi chômeur ?
Mais le demandeur est il chercheur ?
Rédigé par : Le Nain | 26 janvier 2012 à 14:28
Ce genre de sujet, celui de Marianne, est révélateur du lavage de cerveaux que les médias, les intellos, etc. tentent de nous imposer.
On dirait un des titres culpabilisateur de l'émission "C'est mon choix" de je ne sais plus quelle pétasse faisant du sous-Delarue et qui en plus se prétendait journaliste !...
Rédigé par : Dominique | 26 janvier 2012 à 15:32