Je me demande comment font les journalistes pour ne pas percevoir qu'il faut hurler au scandale et à l'incompétence dès qu'un des distributeurs de surgelés à la viande bovine/équine déclare qu'il ne vérifie pas les ingrédients qu'il incorpore dans ses plats, et qu'il n'a d'ailleurs pas à le faire au regard de la réglementation (Findus, Picard et une tripotée de chaînes de supermarchés).
Les magasins PICARD devraient se trouver aujourd'hui vides de clients si ceux-ci étaient équipés du minimum de bon sens.
En effet, quand PICARD écrit dans la page "Picard s'engage" de son site web ce que je serais tenté de qualifier d'âneries si précisément de la viande d'ânes roumains n'avait pas été vendue aux fournisseurs de Picard à la place de bœuf... quand PICARD écrit ceci (extraits) :
- Être proche des clients, c'est rendre accessibles les produits les plus savoureux, les plus pratiques, les plus sûrs, au meilleur rapport qualité/prix.
- Nous prenons en compte vos préoccupations en matière de santé et d'équilibre alimentaire : en bannissant les additifs inutiles, les taux de sel excessifs et certains ingrédients allergènes comme l'arachide.
- Être proche des clients, c'est prendre en compte leurs attentes et accepter leurs critiques, c'est communiquer avec eux en toute transparence et honnêteté.
- Aucun produit Picard ne contient d'organismes génétiquement modifiés. Au-delà des intérêts scientifiques, économiques et géopolitiques, il s'agit d'un enjeu à long terme de santé publique et de respect de l'environnement. En l'état actuel des connaissances scientifiques, nul ne peut garantir ni l'innocuité durable des OGM pour la santé humaine et animale, ni l'absence de risques environnementaux en cas de dissémination. Devant ce manque de visibilité et les nombreuses interrogations sans réponse, Picard continue d'appliquer le principe de précaution mis en place dès 1997.
Quand le même PICARD déclare admettre que personne chez eux ne vérifie si c'est du bœuf, du cheval ou de l'âne qui est reçu des fournisseurs, il ne se trouve pas un journaliste pour leur mettre sous le nez leurs affirmations selon lesquelles ils commercialisent les produits les plus sûrs (qu'en savent-ils, ils ne contrôlent pas à la réception ?), qu'ils prennent en compte les préoccupations des clients en matière de santé (comment font-ils, puisqu'ils avouent ne pas contrôler la nature de la viande reçue... s'ils le faisaient ils n'auraient pas eu à retirer des lots entiers des magasins seulement après que leur confrère FINDUS a sonné l'alerte), qu'aucun produit Picard ne contient d'organismes génétiquement modifiés (comment font-ils, puisqu'ils n'ont même pas les mesures permettant de distinguer de la viande de cheval de celle de bœuf, ce que paraît-il un simple boucher peut faire sans instruments en une minute ?)...
Attention, je souligne ici à l'intention des avocats de PICARD, je ne dis pas qu'il y avait du cheval ou de l'âne dans les surgelés PICARD, je dis :
1- Qu'une dépêche AFP du 12.02.2013 (reproduite en tête de billet et reprise par Le Figaro) l'affirme
2- Que le président de Picard l'a admis (voir sa vidéo dont on parle plus bas)
3- Que Picard a admis ne pas vérifier les ingrédients ou produits finis reçus de ses grossistes, et que par conséquent PICARD ne devrait pas avoir le droit de publier ses "engagements" puisque tout simplement PICARD ne s'est pas doté des moyens et procédures qui lui permettraient de les valider et de les appliquer. C'est ce que l'on connaît dans toutes les branches industrielles depuis des décennies sous le vocable de contrôle de qualité.
Il faut que la direction de PICARD soit cohérente : si elle adopte (c'est le cas) une position de victime trompée par ses fournisseurs, elle admet ce faisant qu'elle n'est pas équipée pour vérifier la nature des livraisons reçues d'eux, ni ne le veut. La conséquence est que la liste des "engagements" publiés par PICARD à l'intention des consommateurs pourrait être qualifiable de tentative de tromperie, elle aussi. En tout cas, en suivant ce raisonnement purement logique, on ne peut, me semble-t-il, qu'aboutir à la conclusion que PICARD publie des engagements qu'il n'a ni les moyens ni la volonté de contrôler. Trivialement : c'est du pipeau. A la première faille, PICARD s'exclame "c'est pas de ma faute, c'est mon fournisseur qui m'a menti". Ce n'est pas sérieux, c'est indigne, infantile et irresponsable.
J'ai visionné la vidéo de 1minute37 qui montre le président de Picard, Philippe Pauze, tenter de conserver la confiance des consommateurs dans la tourmente. Il y dit assez clairement que les exigences de ses cahiers des charges ("extrêmement stricts") n'ont pas été respectées par son fournisseur, qu'il a vendu du cheval pour du bœuf et qu'il y a donc eu tromperie, concluant par un engagement à ne pas transiger sur la qualité des 1 200 produits que Picard propose.
Questions à Monsieur Pauze, président de Picard :
Comment vous y prenez-vous pour appliquer cette intransigeance affirmée, puisqu'apparemment vous n'effectuez pas de contrôles de qualité sur les lots de marchandises reçus de vos fournisseurs ? Le consommateur (et je suis un client multirécidiviste de Picard) se prend à imaginer que depuis des années il a peut-être ingurgité grâce à vous du faux bœuf, du faux saumon, du riz frelaté...
Puisque votre service communication semble vouloir se servir de la vidéo sur Internet, osez donc donc nous montrer en détails comment se déroulent vos procédures de contrôle continu de la qualité chez Picard ! Et si elles n'existent pas, dites-le clairement, présentez des excuses aux consommateurs trompés par Picard, et montrez comment vous allez rectifier le tir. Les quelques milliers d'euros que vous allez y investir ne seront rien comparés à la perte de clientèle que vous avez à redouter. A commencer par la mienne, malgré la proximité d'un point de vente Picard dans ma rue.
Monsieur Pauze, dans votre vidéo de 1minute37 du 13.02, je vous ai vu pleurnicher pour avoir été trompé, je ne vous ai pas vu présenter des excuses pour avoir trompé à votre tour vos clients consommateurs ! Je trouve votre prise de position immature, irresponsable, égocentrique. Dans votre page "Picard s'engage" je lis plusieurs fois que vous affirmez être "proches des clients", mais dans cette vidéo vous ne parlez que de vous, du malheur qui vous est tombé dessus, vous ne parlez pas de moi, moi le client qui vous fais vivre et à qui vous avez fait avaler qu'un boeuf est aussi un cheval ! A l'insu de votre plein gré, mais je vous faisais confiance, je ne traitais pas avec votre fournisseur, je traitais avec Picard. Si ma Peugeot va au garage pour une panne, je n'admettrais pas que le réparateur m'explique que c'est à cause de la société Lunex qui a fourni un carburateur frelaté à PSA : le réparateur, l'agent, le concessionnaire, la succursale endossent la reponsabilité du choix que PSA fait de ses sous-traitants et des livraisons de pièces détachées de ces derniers. Si un rappel en masse d'une série de véhicules défectueux se produit, PSA ne vient pas à la télé expliquer que c'est Lunex qui l'a trompé : PSA endosse la responsabilité.
Monsieur Pauze, je pourrais envisager d'accepter vos excuses et vos regrets, mais nous n'avez exprimé rien de tel. Votre communication de crise, telle qu'elle se matérialise dans cette vidéo, est un ratage de toute beauté. Un exemple, pour les étudiants en communication, de ce qu'il ne faut pas faire. Si vous désirez un jour contacter un communicant professionnel chevronné, je vous présenterai quelqu'un. Ecrivez à grincheuxgrave@gmail.com

Bah, vous n'êtes pas mort, vous n'êtes pas malade, c'est le principal. Lisez le livre Histoire des peurs alimentaires de Madeleine Ferrières (Points histoire), vous verrez que les fraudes étaient d'une autre ampleur et nuisibles à la santé.
Ce que je demande à un producteur de plats cuisinés, c'est une sûreté microbiologique, le reste n'est qu'accessoire, ce n'est pas parce que j'aurais bouffé du cheval à la place du boeuf que je vais en faire tout un plat, surtout que ce sont les déchets que l'on met dans ce genre de barquettes, pas les premiers, ni les seconds morceaux.
Mes commentaires ont du mal à passer, en ce moment. Je me demande pourquoi.
Rédigé par : Le Nain | 15 février 2013 à 12:09
Bien dit ! et que dire des employés et des "travaille ailleurs" qui dans quelques semaines vont aller se nourrir chez " resto du cœur"... je te fiche mon billet que les stock des invendus iront grossir les rangs des denrées frigorifiées...à moins que d'ici là on ai trouvé un bouc émissaire ah ! non pas de la viande de chèvre...beurk...
Rédigé par : Loupzen | 15 février 2013 à 12:26
Moi je me marre .....enfin pas tant que ça..............La commission européenne réintroduit l'utilisation des farines animales pour l'élevage des poissons, farines de porc et de volailles........
Un poisson qui se délecte en mangeant un pied de cochon, c'est fou........
Rédigé par : Lisa | 15 février 2013 à 17:27
Le Nain: "Bah, vous n'êtes pas mort, vous n'êtes pas malade, c'est le principal."
Oh ben oui !
La prochaine fois mettons-y du chien, du rat, de l'humain !
Puisqu'il suffit que ce soit "microbiologiquement sûr".
Mieux encore !
Raclons les sépultures de tout ce qui est mort et servons les asticots aromatisés au foie gras de synthèse, ou bien en sauce foutreuse comme aujourd'hui, puisqu'il y a les mêmes protéïnes, chimiquement pures.
Finalement je me vois obligé de pardonner votre stupidité car vous êtes bien misérable, Le Nain.
La différence entre vous et moi ?
Vous le dites vous même:
- Vous, vous bouffez,
- Moi, je mange, je déguste...
Rédigé par : Obsédé Textuel | 17 février 2013 à 19:01