Je faisais part à ma collègue socialiste tendance Mélenchon de mon avis goguenard sur l'incapacité du gouvernement Ayrault de retenir les fuites de ses ministres tant qu'une décision n'a pas été finalisée et mise en forme. C'est le cas une fois de plus avec ces annonces confuses sur la taxation du gazole : ça tire dans tous les coins, "moi je crois ci" et "moi je crois ça", les ministres impliqués se poussent des coudes pour atteindre les micros pour y déverser leur propre opinion, rarement celle du gouvernement.
Mais non de Dieu de bordel de merde, quelle grande société résisterait à ce type de non-management ? Aucune ! Vous imaginez les directeurs de divisions et de filiales d'un grand groupe se répandre dans les médias avec des positions contradictoires et des avis personnels divergents chaque fois qu'un nouveau projet ou produit est en cours d'élaboration ? Cela n'existe pas, cela ne peut pas exister. Mais ceux qui gouvernent la 5e puissance mondiale s'y croient autorisés... et ne s'en privent pas !
Regardez Vincent Peillon depuis une semaine et ses interventions sur les rythmes scolaires, il part dans tous les sens, lance des suggestions, allonge les semaines, raccourcit les étés, ce n'est plus un ministre de l'éducation, c'est une entreprise de sondage filmée en direct. Ces ministres ont conscience de leurs incompétences, alors ils passent leur vie à lancer des idées au public afin de voir les réactions, puis ils font le tri, réunissent leurs services (d'autres incompétents payés fort cher) et disent : voilà ce que le public a dit en réaction à nos jets d'idées, récupérons ce qu'il y a de bon dans tout ça, amalgamons, empaquetons et lançons une nouvelle mouture en pâture à ces veaux...
Comme raison de cette (impression de -) cacophonie, j'ai entendu la ministre de l'écologie Delphine Batho fournir, en souriant, cette explication : c'est normal et naturel, chaque ministre réagit dans son domaine de compétence, voyons !
Comme d'habitude, le journaliste en face s'est contenté d'enregistrer passivement. Ces gens-là sont aux ordres. Or j'en reviens à ma comparaison avec une entreprise : impossible d'imaginer que le directeur de l'exportation, le directeur des ressources humaines, celui du marketing, le chef de la communication, le boss de la production d'une entreprise aillent devant la presse le même jour pour délivrer chacun son point de vue dans son secteur de compétence au sujet d'un projet de l'entreprise sur lequel le Pdg n'a pas encore tranché. Pourtant Madame Batho trouve ça normal et s'étonne que le public s'en étonne !
J'en viens à ce que m'a répondu ma collègue socialiste. Elle m'a répliqué ceci : Et alors ? sous Sarko c'était pas mieux !
J'en déduis qu'on aurait aussi bien pu garder Sarkozy. Où est tombée la politique ? Les électeurs vont aux urnes pour en élire un qui ne sera pas pire, juste pour voir, on ne sait jamais, une divine surprise n'est jamais exclue. Nous allons dans le mur et les Français y sont résignés. Dans le mur avec les socialistes, c'est sans doute plus digne, pour beaucoup d'esprits progressistes, que dans le mur avec ces fachos de l'UMP... ou avec l'arrière petite-fille d'Adolf Hitler, la nommée Marine.

ben oui
il n'y a pas que les ministres impliqués.
La duflot au logement qui y va sur le gazole...
Rédigé par : Serge | 04 mars 2013 à 21:24