Le 23 mai je me voyais "Au lit avec Claudia Cardinale", lui fournissant mon adresse email et lui précisant que je ne ressemblais pas à la photo en haut à gauche (on m'a d'ailleurs commenté aussi sec que c'était là mon erreur). Pas de réaction de la star latine ; ça vaut mieux que d'attraper la scarlatine. Et voilà que la couv' du nouveau Paris Match m'annonce qu'Isabelle Adjani est à la recherche d'un homme pour la protéger. Elle expose même ses mamelles pour appâter le chaland. Je suis preneur. La Cardinale n'avait pas précisé qu'elle voulait un homme au lit pour l'aider à tourner les pages de son livre. Exit la Cardinale. Alors qu'Adjani se met carrément sur le marché. C'est ce qui est bien avec la femme moderne libérée. Elle ne veut pas que l'homme s'embarrasse avec des préliminaires de cour à l'ancienne, perte de temps et d'énergie, elle met sa photo d'identité dans Paris Match avec comme annonce "J'ai envie de plaire, je veux quelqu'un qui me protège." Et puis voilà enfin une photo d'Adjani, enfin, enfin, où elle ne se tient pas la joue avec la main, c'est rarissime. Son abcès dentaire sidaïque a dû se résorber (Note "La chique c'est chic"). Je ne serai pas obligé de me protéger. Après la journée de la jupe, je vais lui proposer la soirée du slip.
29 mai 2009 dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3)
Les affiches du film SŒUR SOURIRE ont fait leur apparition dans nos rues sur les colonnes Morris.
TEXTE DE LA PROMO : " Jeannine Deckers, alias Soeur Sourire, est devenue un mythe international, avec ses 2 millions d'albums vendus en 1963 et cette chanson, Dominique, qui a plané au-dessus des Beatles ou d'Elvis dans les hit-parades du monde entier. Mais, au-delà de cette chanson, qui était réellement Sœur Sourire ? Le film est le récit bouleversant d'une femme touchante, pleine de doutes et d'enthousiasme, mais subissant de lourdes déconvenues et de regrettables oppositions, en quête de l'amour. "
Le blog que vous avez sous les yeux vous en parlait en grande avant-première dès septembre 2008 puisqu'il avait comme MP3 de la semaine 38 l'histoire de cette Belge sous le titre délicatement choisi de "nique ta soeur". Pour le re-lire, et écouter deux versions de la chanson "Dominique", cliquer ici
22 avril 2009 dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4)
Isabelle Adjani nous intrigue, nous nous faisons du souci pour sa santé, est-ce depuis son rôle dans La Gifle (1974) qu'elle souffre d'une inflammation des joues chronique ? Si oui, pourquoi n'a-t-elle pas réussi à se faire traiter : même devant les caméras, elle ne peut retenir ce geste de la paume plaquée sur la figure. Elle doit souffrir horriblement, pauvre femme. II y a plus d'un an déjà, dans une note du 22.02.2008, nous évoquions ici la possibilité d'un abcès dentaire sidaïque. Une récente apparition en couverture du Nouvel Obs, en mars 2009, à l'occasion de son film La Journée de la jupe, nous montre que la comédienne n'est pas tirée d'affaire.
| Ci-dessus la couverture du Nouvel Observateur en mars 2009 | ||
10 avril 2009 dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1)
Je viens de me payer une bonne tranche de bonheur, à 7 euros la tranche en vente sans ordonnance dans toutes les maisons de la presse cette semaine. Le film Laurel et Hardy au Far-West, qui me secoue de rire depuis mon enfance, et qui fait partie d'une collection sur le principe bien connu "le numéro un est pas cher et les suivants coûtent double parce que vous êtes désormais accros et ne voulez manquer aucun numéro de la série". Je vous donne quelques indices pour raccrocher votre mémoire : les deux vagabonds tirent une mule avec eux pendant tout le film... Laurel (le maigre) sait faire jaillir une flamme en frottant son pouce contre sa paume de main, comme un briquet...ils traversent une rivière plusieurs fois et Hardy tombe systématiquement dans un profond trou...Laurel a caché le titre de propriété d'une mine d'or sous ses vêtements, une danseuse aguicheuse blonde joliment nommée Lola Marcel (sic !) veut récupérer le précieux document, et comme sa fouille au corps le chatouille, Laurel se tord de rire... Vous voyez ? Ce film est un pur joyau, un genre de comédie musicale, où la bande son joue un rôle d'un bout à l'autre sous forme de bruitages ou de chansons de cow-boys (par le groupe de country music The Avalon Boys) dansées dans un style d'une grace irrésistible par les compères (et la mule donne le tempo à coups de sabot).
C'était le bon temps (1937) où les cinéastes ne se sentaient pas encore obligés de donner du rythme par l'artifice d'un montage saccadé : ici les gags prennent bien leur temps, s'étirent, prennent leurs aises, s'ébrouent (et le spectateur avec)... et les gags n'hésitent pas à se répéter. Et ça tombe bien, on en redemande, on est comme un gosse au cinéma de monsieur de curé les jeudis d'hiver, jadis, dans les villages de la France profonde. Ah, vous n'avez pas connu ça, vous êtes arrivé directement quand il y avait déjà 102 chaînes en couleur et des salles multiplexes avec son dolby suround ? Je me sens ridicule et démodé devant vous.
Les DVD de la collection offrent une version colorisée réussie, en plus de la VO et de la VF monochromes. Le livret qui va avec (comme toute grand oeuvre, ces Laurel et Hardy sont fournis avec livret) nous apprend plein de détails, comme celui-ci : savez-vous pourquoi Laurel et Hardy parlent français avec l'accent anglais, tandis que tous les autres personnages s'expriment normalement ? Parce que Stan Laurel et Oliver Hardy avaient doublé eux-mêmes leur premiers films pour le marché francophone.
19 janvier 2009 dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (16)
La nouvelle de l’attribution de la Palme d’Or à Cannes au film français Entre les murs qui raconte la vie d’une classe de 4ème au collège va inciter un large public à aller voir en salle comment s’y prennent les enseignants pour nous produire des Français incultes et quasi illettrés en fin de cycle scolaire dans « les écoles de la République ». Déjà des indices sur la méthode appliquée ont filtré lors des interviews : il paraîtrait que les enseignants privilégient le dialogue et la participation, n’étant pas là, disent-ils, pour transmettre le s
avoir de maître à élève (on sent qu'ils se retiennent de dire "de maître à esclave") mais pour « faire entrer la vraie vie dans les classes ». En effet, mon ex voisin Claude, professeur, me racontait (il a obtenu sa mutation dans une petite ville du midi après un combat acharné avec ce monstre qu’est l’Education Nationale qui a freiné jusqu’au bout, avant d’accepter finalement d’envoyer au soleil un prof méritant pas encore âgé de 40 ans), il me racontait que dans sa classe de collège les élèves se permettaient de se lever, entrer, sortir à tout moment, engager des discussions séparées, sans autorisation. Comme dans la vraie vie chez eux : c’est-y pas formidable ? Mais ne jugeons pas sur ce qui se passe dans les classes, jugeons sur les résultats produits. La semaine dernière, je lisais dans la presse un article sur les dérives de l’orthographe que l’on trouve dans les copies d’examen, jusqu’au bac et au-delà. Un témoin rapportait comme exemple avoir trouvé dans une copie du baccalauréat la mention d'un compositeur nommé Schubert qui aurait écrit « la symphonie in H e v ».
SOURCE : Le Figaro du 19.05.2008 - - Lire cet article ci-dessous en SUITE
26 mai 2008 dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (8)
06 avril 2008 dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4)
Je vais peu au cinéma : je vis en décalé... six mois après la sortie d'un film, on peut l'acheter en dvd ; le plus dur, c'est les six premiers mois, après on se sent en phase avec l'actualité... de sortie des dvd. Sauf exceptions. Deux exceptions en trois semaines, et deux chocs ! La première pour Bienvenue chez les Ch'tis. La seconde hier soir pour MR-73, film de l'auteur de 36 Quai de Orfèvres, avec Daniel Auteuil à nouveau. MR-73 est un film de MR 2 : une grosse bouse, qui a ceci d'exceptionnel de donner à certains spectateurs une forte envie d'aller prendre l'air dehors, ce que je fis à environ dix minutes de la fin. A la différence de Ch'tis, c'est un film entièrement situé à Marseille, le réalisateur nous en montre trois indices : des vues de la basilique Notre-Dame de la Garde, des automobiles immatriculées 13, et des averses fréquentes et violentes destinées à souligner l'aspect tragique de certaines scènes clés, et aussi, de façon subliminale, à indiquer que le scénario est à pleurer (il ne pleut qu'une fois dans Les Ch'tis). Les acteurs marmonnent leur texte sans déserrer les dents, tant et si mal que beaucoup de mots vous échappent, ce qui n'est sans doute pas plus mal. Les scènes s'enchaînent sans queue ni tête ; le cinéaste Olivier Marchal démontre qu'il a plus d'un tour de brillant cinéaste dans son sac, car il n'a surtout pas oublié de mettre de la fumée de cigarette en abondance dans ses scènes afin d'enjoliver les images de son oeuvre, ah mais quel talent original, qui y avait pensé avant ? On sent bien que certains critiques, pour ne pas avoir à descendre le film, se contentent de focaliser sur le numéro d'acteur de Daniel Auteuil - l'acteur le plus payé du cinéma français (ex. dans VSD du 12 mars "Une enfilade de clichés limite réac, d'où s'extirpe tant bien que mal un Daniel Auteuil formidable") : si vous avez envie de donner dix euros et deux heures de votre vie pour être témoin d'un numéro d'acteur, ruez-vous en salle voir MR-73 (nom d'un flingue fabriqué par Manurhin). "Dans l'écriture et la mise en scène, c'est mon film le plus abouti," déclare le réalisateur Olivier Marchal dans un élan de modestie qui va droit au coeur de celui qui a mis 10 € pour voir "ça" ('Télé 7 Jours' du 15 mars, page 63), et il ajoute pour nous rassurer : "Après MR-73, je ne pourrai pas faire plus noir, j'aimerais arrêter d'écrire des polars"... Il aurait dû plutôt arrêter juste avant ce film.
Retour sur Les Ch'tis : Jean-Marie Rouart, de l'Académie française, fait une page sur le film dans Paris Match 3069 du 13.03. Il écrit : "...on se sent un peu gêné dans l'apologie d'une France aussi limitée, étroite, chauvine où l'on ne cultive pas d'autre bonheur que celui d'être entre soi. Le Cran (Conseil représentatif des associations noires), toujours susceptible, ne manquera pas de faire un procès en omission à une comédie qui ne comprend aucun acteur issu de la diversité. On a gommé de ce nord pur jus de houblon tout ce qui ressemble à Rama Yade ou à Rachida Dati."
Deux remarques : le terrorisme intellectuel du Cran, qui apparemment représente 'officiellement' les Noirs de France, est tel qu'un académicien prévoit un procès en omission du Cran, qui n'a pas encore eu lieu : on en est là, comme dans les feuilletons US, à avoir pour obligation morale de placer un quota de personnes de couleur y compris dans des contextes et lieux où en réalité ils n'existent pas... ou à en faire son mea culpa public quand on ne l'a pas fait ; présenter des excuses anticipées au Cran ?
Deuxième remarque, nous avons eu l'occasion de souligner que les deux acteurs principaux, ceux qui occupent l'écran du début à la fin du film Les Ch'tis, ont des origines nord-africaines, l'un des deux - Kad (Kaddour) Merad - est né à Sidi Bel Abbes (Algérie), et le père de Daniel Hamidou (Dany Boon) était Algérien : mais ce n'est pas encore suffisant (2), selon l'académicien JM Rouart ? Parce qu'ils ne sont pas assez colorés (1) pour plaire au Cran, pas assez visiblement "issus de la diversité", pas assez revendicatifs en public sur leurs origines (tel un Jamel qui se fait passer pour Marocain, bien que né à Paris) ? Halte au terrorisme intellectuel ! Mais bienvenue à la diversité intégrée, celle n'a pas besoin de se revendiquer ni de s'exhiber, parce qu'elle se contente d'être, et d'être bien en France, comme cela a toujours été superbement le cas dans le Nord/Pas-de-Calais depuis les années vingt, soit depuis près d'un siècle maintenant. Et honte à l'Académicien Jean-Marie Couard, couché devant un Conseil autoproclamé représentatif des associations noires : l'exemple même du refus ou de l'incapacité de s'intégrer ; il n'y a jamais eu besoin d'un conseil représentatif d'associations polonaises, italiennes, portugaises, espagnoles, marocaines, algériennes pour les millions d'immigrés qui se sont fondus dans le peuple des Ch'ti-mis. Cherchez l'erreur.
(1) SUIVI, 17.03.2008 - - Un fidèle visiteur nommé Jack, personnage souvent porté sur le calembour bon, me fait remarquer que dans le film Les Ch'tis on aperçoit plusieurs Gueules Noires dans l'époustouflante séquence où les compères montent une mise en scène pour accueillir dans un Bergues reconstitué l'épouse méridionale du nouveau directeur de la poste. Mais en réalité sous la poussière de charbon se sont sans doute des Polacks, comme d'habitude, et ça ne compte pas pour complaire aux supposées exigences du Cran...
(2) SUIVI, 18.03.2008 - - Billy en ajoute (dans 'commentaires') un troisième : "Et encore, vous oubliez Zinedine Soualem qui joue Momo, le vendeur de frites de la baraque à frites !". Mais à part ça, Monsieur l'Académicien français Jean-Marie Rouart, vous confirmez qu' "on a gommé de ce nord pur jus de houblon tout ce qui ressemble à Rama Yade ou à Rachida Dati" ?
16 mars 2008 dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (9)
La presse n'en finit pas de se pencher sur le phénoménal succès du film Bienvenue chez les Ch'ti. Comment un film qui n'a pas Catherine Deneuve ni Zinedine Zidane ni Djamel ni Adriana Karembeu au générique, qui n'a pas les dialogues d'Audiard, qui surtout ne peut pas asseoir sa campagne promotionnelle sur les millions qu'il a coûté (genre : ruez-vous dans les salles pour nous permettre de rembourser la production ; d'avance : merci), qui ne montre pas une bande d'amis bobos réunis autour d'une piscine en août dans une belle maison en Provence avec cigales en bruit de fond... peut-il battre des records historiques après seulement une semaine ? Samedi 8 mars, un média national y a consacré toute une page intitulée Les dix clés de la Ch'ti mania. Il y a :
1- Dany Boon, anti-héros positif
2- Le patois qui fait mouche
3- Au-delà des générations
4- Anti bling-bling
5- L'envie de rire
6- Un duo harmonieux
7- Une promotion d'enfer
8- Une France idéalisée
9- Le label régional
10- Le ch'nord enfin réhabilité
Les deux des dix qui me touchent le plus :
Le 10- Ch'nord enfin réhabilité : il n'y a pas que Germinal, il y a aussi les beffrois, la grand'place d'Arras, les chansons de Raoul de Godewarsvelde (en écouter deux en fin de Note), le Louvre bientôt à Lens, les coqs combatifs...
Le 4- Anti bling-bling, qui confirme notre envie de goûter aux plaisirs simples (la frite-fricadelle de la baraque à Momo, la braderie de Lille, le carnaval de Dunkerque, un simple match de championnat à Bollaert avec des amis...), où par l'expression bling-bling nous avons tous en tête qui vous savez (qui fait encore la couverture de Paris Match et de VSD cette semaine... ça confine à l'écoeurement), qui ne sait pas passer des vacances simples en famille loin des caméras, qui se croit obligé d'exhiber ses femmes sucessives en public avec des commentaires comme "voyez comme elle est belle" puis "si vous saviez comme elle chante bien, ma femme", des amis qui ne sont pas des employés de la Poste de Bergues mais des propriétaires de groupes de presse, d'haras et de yachts. Vous savez ? Celui qui allait être le président du pouvoir d'achat (+40% en 2 mois sur un paquet de nouilles) et le pourfendeur intraitable des corporations arc'boutées sur leurs privilèges (nous avons vu comment il s'est couché en 48 heures devant les revendications des taxis)
Avec un tel ton anti bling-bling, c'est un article paru bien naturellement dans Libération, non : dans L'Humanité, non : dans Marianne, non : dans Le Figaro !
Il y a une autre chose que j'apprécie avec ce film, c'est que les deux principaux acteurs refusent de céder aux sollicitations pressantes de certains journalistes désireux de les amener à revendiquer leurs origines maghrébines : aucun des deux n'y cède, à la différence d'un Djamel qui se répand volontiers dans les interviews en parlant de "chez moi, au Maroc" alors qu'il est né à Paris et a grandi (mais si peu) à Trappes. Pourtant, Kaddour Merad est bien né à Sidi Bel Abbes (Algérie). Mais lui et Daniel Hamidou se déclarent Français, un point c'est tout, dans la grande et belle tradition des vagues de millions d'immigrés des années 20 à 60 (de Pologne, Espagne, Portugal, Italie...), ça fait plaisir à voir.
Comme dit le facteur dans le film : quand on est muté dans le nord, on pleure deux fois, une fois quand on y arrive et une fois quand on le quitte. J'ai vu plusieurs fois cet adage en action. Pendant la guerre d'Algérie, quand un fonctionnaire des Postes ou de la Police (j'ai des cas en mémoire) fuyait l'Algérie où il était né, ayant 'choisi entre la valise et le cercueil' (comme le lui proposait aimablement le gentil peuple algérien) et passait d'Oran à Lens en quelques jours, le choc était un peu plus important que de passer de Salon-de-Provence à Bergues. Pourtant, quelques mois plus tard, ces pieds-noirs étaient tous des nôtres, au pays des gueules noires.
Compositeur-Chanteur du nord, Raoul de Godewarsvelde a disparu en 1977, son fils Arnaud Delbarre est le directeur général de l'Olympia, voici Raoul dans : "L'accordéoneux" :
Et dans "Quand la mer monte" :
09 mars 2008 dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4)
Cette actrice planétaire est d'une médiocre générosité, nous l'avons souligné ici la semaine dernière. Dans le film La Môme, Marion Cotillard fait semblant de chanter, tout en s'exclamant dans les interviews qu'elle a toujours aimé chanter. Mais pour dire des conneries, elle ne s'embarasse pas de faire semblant, et tant qu'à y aller, elle met le paquet, comme dans cette interview télévisée sur Paris Première en 2007. Résumons : la Cotillard n'a pas de voix, elle n'a pas de coeur, et en plus elle n'a pas de cervelle ? L'erreur à la base, c'est cette habitude stupide des journalistes, de faire parler les comédiens devant des caméras sur tout et rien, la vie du monde, la recherche sur le cancer, les tensions au proche-orient, l'effondrement des Tours Jumelles... On voit les résultats. Tout le monde n'est pas Fabrice Lucchini. Il ne me semble pas me rappeler que les acteurs de cinéma des générations précédentes acceptaient de se livrer à ces bavardages : Jean Gabin interrogé sur la guerre d'Algérie ? Fernandel consulté sur la validité des revendications de mai 68 ? Louis de Funes sollicité sur les effets de la limitation de vitesse sur autoroute (et pourtant, en tant que gendarme !) ? Lino Ventura étalant son point de vue sur le prix exhorbitant du paquet de nouilles à Monoprix (et pourtant, en Italien d'origine ...)... et même certains acteurs vivants : Catherine Deneuve gagnerait-elle en mystère à aller se répandre en propos oiseux, dans le registre Cotillard, sur Paris Première ? La Môme est-il un bon film ? On le dit, je le crois. Marion Cotillard y est-elle une bonne actrice ? On le dit, je le crois. Marion Cotillard est-elle une gourdasse ? Je le vois, je le crois.
Marion Cotillard : J’ai tendance à être plutôt souvent de l’avis de la théorie du complot.
Xavier de Moulins : Un peu parano ?
M. C. : Pas parano, non c’est pas parano parce que je pense qu’on nous ment sur énormément de choses : Coluche, le 11 septembre. On peut voir sur internet tous les films du 11 septembre sur la théorie du complot. C’est passionnant, c’est addictif, même.
X. de M. : Sur le 11 septembre par exemple, toi, qu’est-ce qui t’a le plus troublée, concrètement ?
M. C. : On te montre d’autres tours du même genre ayant pris des avions, ayant brûlé… il y a une tour, je crois que c’est en Espagne, qui a brûlé pendant 24 heures.
X. de M. : Avant de s’effondrer ?
M. C. : Elle ne s’est jamais effondrée ! Aucune de ces tours ne s’effondre. Et là, en quelques minutes, le truc s’effondre. Et puis après, on peut en parler longuement… Parce que c’était bourré d’or les tours du 11 septembre. Et puis c’était un gouffre à thunes parce qu’elles ont été terminées, il me semble, en 1973 et pour recâbler tout ça, pour le mettre à l’heure de toute la technologie et tout, c’était beaucoup plus cher de faire des travaux etc. que de les détruire… Est-ce que l’homme a vraiment marché sur la lune ? J’ai vu pas mal de documentaires là-dessus et ça, vraiment je m’interroge. Et en tout cas je ne crois pas tout ce qu’on me dit, ça c’est sûr.
SOURCES :
- article dans le Daily News de New York du 02.03.2008
- article dans Marianne du 29.02.2008
Sélection du meilleur commentaire reçu à ce jour sur ce billet : " D'un autre côté, ce qu'en pense Marion, on s'en tamponne le cotillard ... " (Signé : Lenonce)
03 mars 2008 dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (17)
Si vous n'êtes pas encore allé voir le film Bienvenue chez les Ch'tis, je vous mets en garde,
l'ayant enfin vu hier soir vendredi 29.02 après avoir été rejeté jeudi aux portes d'une salle comble. L'expérience est assez spéciale. J'ai absorbé deux bières à la file à la sortie de la salle hier soir afin de me réhydrater au plus vite des nombreux centilitres de larmes de rire déversés pendant la séance. Plusieurs fois pendant le film, à bout de souffle, j'aurais voulu pouvoir appuyer sur une touche pause pour avoir le temps de récupérer un peu, mais les salles modernes n'offrent pas encore cette fonctionnalité. Difficile d'en dire plus, comme ça, encore à chaud. Ce serait vain. Par exemple, ce n'est pas une révélation, les émissions de lancement en ont toutes parlé : une séquence se déroule au stade Bollaert de Lens pendant un match de foot, ou plutôt une mi-temps, on ne voit jamais le terrain, uniquement les spectateurs.
Elément essentiel du film, la Ch'ti est une bière, produite dans une modeste brasserie indépendante gérée par la famille Castelain dans un village nommé Bénifontaine à cause de la qualité de l'eau de sa source (la qualité de l'eau joue un rôle clé dans celle de la bière).
Le terme Ch'ti, ou plus précisément Ch'timi à l'origine, est apparu pendant la première guerre mondiale, comme contraction de "ch'est ti, ch'est mi" (c'est toi, c'est moi) pour désigner les poilus du nord - zone linguistique s'étendant vers le sud jusqu'à Creil, dans l'Oise, qui n'est qu'à 50 Km de Paris. Il semble que ce soit l'homme de lettres Roland Dorgelès, auteur du roman Les croix de bois, qui ait popularisé le terme en 1919. On est Ch'ti, on parle ch'ti, quoique les spécialistes précisent qu'il s'agit officiellement du parler picard, pas une langue mais un patois (avec accent).
Raoul de Godewarsvelde : Mettez un verre -->
01 mars 2008 dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (11)
Ceux qui ont vu la prestation de remerciements à Hollywood de Marion Cotillard aux Oscars devraient douter de ses qualités de comédienne. Au contraire, ils s'extasient. Voilà une actrice qui sait depuis des mois qu'elle va aller aux Oscars, qui a eu tout le temps de se préparer, écrire (ou faire écrire) et apprendre son texte... et qui comme prestation n'a su que débiter une dizaine de fois "I thank you so much". J'exagère, comme souvent, car en réalité, en prêtant attention, on l'entend plusieurs fois nuancer son propos en disant "I thank you so, so much".
Marion Cotillard est une bonne chanteuse, et tellement généreuse : dans l'avalanche de louanges et de dollars qui lui tombent dessus, elle a totalement omis de citer une fois le nom de la chanteuse qui prête sa voix au rôle de Piaf dans le film La Môme. Cette chanteuse contemporaine est une inconnue intégrale, personne ne parle d'elle. On connaît le nom des maquilleurs, mais pas le nom de la chanteuse. C'est curieux, pour un film retraçant la vie d'une chanteuse, et non la vie d'une maquilleuse. La presse ne s'intéresse pas à elle, et pire, pense que c'est la vraie voix de Piaf qui a été reprise. D'autres comme la presse américaine demandent à Marion Cotillard de leur chanter une chanson de Piaf : j'ai vu ça à la télé... affligeant ! On dirait ma soeur quand elle nous oblige en fin de banquet certains dimanches d'hiver à reprendre avec elle nos anciens chants de colonie de vacances (son morceau de bravoure est "Dedans ma chaumière"... à pleurer, surtout quand c'est en canon, là c'est à se flinguer).
Voilà ce que donne la générosité de Martion Cotillard, dans le Figaro du lundi 25.02.08 : A la question stupide " Vous chantiez déjà en 2001 dans le film Les jolies choses. Vous aimez ça ? ", l'actrice de classe internationale a le culot de répondre : "' J'ai toujours aimé chanter... " Une occasion unique lui était offerte de révéler qu'elle ne chante pas dans La Môme. Et (optionnellement, on peut rêver) de donner le nom de la vraie voix de chanteuse du film (qui n'est pas Edith Piaf). Zut, elle n'y a pas pensé, ele n'y pense jamais, jamais, dans aucune interview ! La journaliste auteure de l'interview, Emmanuèle Frois, ignore que ce n'est pas Cotillard (ni Piaf) qui chante. Elle l'ignore, pourtant elle est journaliste au Figaro. Moi qui ne suis rien qu'un autre pauvre con (le président m'a invité à l'Elysée pour me présenter ses excuses pour l'incident que vous savez du Salon de l'Agriculture), je le sais. Comment expliquer ça ? Est-il nécessaire d'être mal informé pour faire journaliste ? Et d'être un connard grincheux pour connaître certaines infos que les journalistes devraient savoir ?
Notez, tout plus malin qu'un autre que je suis, je reste à cet instant incapable de trouver sur le Net le nom de cette "fameuse" vraie chanteuse, y compris dans les sites de cinéma. C'est dire l'effort qui a été fait par la Production pour la passer sous silence. Je suis sûr que son nom et même sa photo vont sortir dans les médias tôt ou tard. Pour l'instant, c'est la Cotillard qui tire à elle toute la couverture... médiatique.
SUIVI -- La voix de Piaf dans le film est celle de Jil Aigrot (merci au blogueur Largentula pour cette info). Vidéo de Jil Aigrot chantant "je ne regrette rien" sur Dailymotion . Au moment où je consulte Dailymotion mercredi 27.02 à 18h cette vidéo n'avait que 311 "vues", soit sensiblement moins que celle de 30 secondes de Sarko répondant "Alors casse-toi, pauvre con" à un malheureux électeur de gauche poli et bien propre sur lui (on parle de 3 millions de "vues" en 3 jours). Pour le Blog du Grincheux, c'est pareil : le contenu est de qualité, mais les gens préfèrent aller en masse donner leurs clics à des blogs comme celui de Loïc Le Meur. Jil Aigrot est aussi sur YouTube chantant "La foule".
26 février 2008 dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (11)
Pino m'attindot. J'buque à s'porte, i m' crie "rint', tchiot bellot". J'fais ni eune ni deux : j'rint' dins s'baraque. Pino y étot assis su s'caïelle. Ch'éto diminche, y avot mis s'maronne ed vl'ours, y étot tout bénache, à finquer, comme i f'so toudis. "Bin quo qu' t'as, min fiu, t'es tout fraique in diro ? ". "J'a r'çu eun belle drache", j'y dis, "cha quéio comme à Gravelotte". J'conossos Pino d'puis l'CM1 à Carnot, in juo à mappes, in f'sos l'tour de ch' quartier à biclou, in arluquo déjà ché maguettes, in f'sos toudis l'zouafe, in j'to des cailloux à ché z'agaches (y in avo grind maint din ché camps, ché cinsiers i z'avot' pas quer qu'in traîne par là). A ch t'heure y étot pinsionné, y passot ché journées à fouir sin gardin (du qu'i f'so pousser des chicons), entraîner ses coulons et élever eun' douzaine eud' glaines.
"Bo meu cha", m'dit Pino in m'tindant eune jatte finquante puisée à ch'l'alambique qu'i étot toudis sul fu comme dins tous ché baraques du coin. Du café ? Ch'éto d'eul chirloute, ouais ! "In diro qu't'as perdu t'quinzaine, biloute", m'lance Pino. "Tin café ché du jus d'cauchette," j'y révèle. "t'aros pas aut'cose, ein bistoule ?" Fallot pas y dire deux fos, cré vingt diou. En un éclair eul bouteil eud g'niève al étot sul tap : "A t'guiffe, saque d'din", y m'dit Pinuche. Wambrechies, genièvre de Loos, 100% pur grain. Boire avec modération, qu'y disottent. Deux heures plus tard, in avot chacun s'pronne. In a bin ri, sutout quand Pino m'd'manda si j'connossos l'recette du poulet Tatin : ben ché fachile, t'alleumes ch'four, te mets ch'poulet d'dins... pis t'attinds.
Ce moment de patois vous est proposé par un autochtone grincheux originaire de Lens, à l'occasion de la sortie tonitruante du film de Dany Boon "Bienvenue chez les ch'tis". Visiter aussi divers sites de circonstance, dont l'étonnant ChtiNN.
LEXIQUE
| Caïelle | Chaise | Zouafe | Zouave (faire le zouave) |
| Diminche | Dimanche | Agaches | Pies (oiseaux) |
| Maronne | Pantalon (de velours) | Grind maint | Beaucoup (grand maint) |
| Bénache | Joyeux, content | Cinsiers | Fermiers, agriculteurs |
| Finquer | Fumer | Quer | Aimer (de l'espagnol) |
| Toudis | Toujours | Fouir | Bêcher |
| Buquer | Frapper (j'buque à s'porte) | Gardin | Jardin |
| Rint' | Rentre | Coulon | Pigeon voyageur |
| Tchiot | Petit (petiot) | Glaine | Poule |
| Baraque | Maison, domicile | Jatte | Grande tasse |
| Min fiu | Mon fils (affectueux) | Alambique | Cafetière |
| Fraique | Mouillé | Fu | Feu |
| Drache | Grosse averse | Chrirloute | Mauvais café |
| Quéio | de "querre" = tomber | Guiffe | Gueule, figure |
| Mappes | Billes (jouer aux billes) | Cauchette | Chaussette |
| Biclou | Bicyclette | Bistoule | Genièvre dans jatte chaude |
| Arluquo | de "arluquer", reluquer | Saque d'din | Tire dedans (vas-y, fonce) |
| Maguettes | Chèvres (ici = filles, péjoratif) | Pronne | Cuite, ivresse |
TRADUCTION -- Pino m'attendait. Je frappe à sa porte, il me crie "Entre petit bellot". Je n'hésite pas un instant et j'entre chez lui. Pino était assis sur sa chaise. C'était dimanche. Il avait mis son pantalon de velours, il était tout content, à fumer, comme il faisait toujours. 'Eh bien qu'as-tu donc, tu es tout trempé, dirait-on ?". "J'ai reçu une grosse averse," lui rétorquai-je. "ça tombait comme à Gravelotte." Je connaissais Pino depuis la classe de CM1 à l'école Carnot, nous jouions aux billes, nous faisions le tour du quartier à bicyclette, nous regardions déjà les filles, nous jetions des pierres aux pies (elles étaient nombreuses dans les champs, les paysans n'aimaient pas nous voir traîner par là). A présent, il était retraité, il passait ses journées à bêcher son jardin (où il cultivait des endives), entraîner ses pigeons voyageurs et élever une douzaine de poules.
"Bois-moi donc ça," me dit Pino en me tendant une grande tasse genre 'mug' puisée à la cafetière, qui était toujours sur le feu comme partout dans la région. Du café ? C'était un jus insipide, oui ! "On dirait que tu a perdu ton salaire bi-hebdomadaire, pénis flaccide", me dit Pino. "Ton café, c'est du jus de chaussette," lui révélé-je. "Aurais-tu autre chose, une bistouille par exemple, je veux dire un fond de genièvre versé dans la tasse à café encore chaude ?" Il ne fallait pas lui dire deux fois, sacré vingt dieux. En un éclair, la bouteille d'alcool de baies de genièvre à 42° était sur la table. "A la tienne, vas-y", me dit Pino. Wambrechies, genièvre de Loos 100% pur grain, boire avec modération, disaient-ils. Deux heures plus tard, nous étions ronds comme des queues de pelle. Nous avons bien ri, surtout quand Pino me demanda si je connaissais la recette du poulet Tatin : Eh bien c'est facile, tu allumes le four, tu mets le poulet dedans... puis tu attends.
Petite sélection de sites et lexiques Ch'tis :
Chez mi z'aute (intègre un bon lexique) : "j'm'in vas vous causer eud'min coin !"
Parole de Ch'ti : le nommé Biloute (nom très peu usité dans la région !) vend des objets en-ligne
Le blog du ch'ti et du picard : Proverbes, aphorismes et maximes du Nord, du Pas-de-Calais, de la Picardie et du Hainaut
Gogole : le plus célèbre moteur de recherche du monde existe en ch'ti (te l'cro ? Believe it or not)
Livres en ch'ti : les collections Martine, Tintin, Astérix
La patois présenté par la région Nord - Pas-de-Calais
Chtimi-picard : site de l'auteur du Chtimi de poche et de Parle-moi Chti chez Assimil, traducteur d'Astérix en picard+chti.
Il existe pas mal de variantes dans la langue selon les "coins" où l'on se trouve dans cette grande région nord incluant une partie de la Belgique. Le langage picard ou ch'ti est nommé le rouchi dans la région de Valenciennes. On peut se procurer l'un des premiers dictionnaires rouchi-français, un livre d'érudit très complet, scanné, datant de 1854 (fichier Acrobat de 29 Mo) en cliquant ici.
Extrait du CD Renaud cante el'nord (1993) : Eune goutt' ed' jus
24 février 2008 dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3)
Nouveau coup dur pour l'actrice. Le jour même où elle devient l'ambassadrice de la marque Lancel, la voici atrocement défigurée par un abcès dentaire (notre photo). Un abcès parodontal est une infection localisée dans les tissus parodontaux (gencive et os alvéolaire). C'est l'exacerbation aigüe de l’inflammation chronique d'une poche parodontale, présente lors d'une parodontite ou d'une gingivite. Il ne peut y avoir d'abcès parodontal s'il n'y a pas préalablement de poche parodontale. Signes cliniques : gonflement localisé (voussure) ; la gencive est rouge, lisse, vernissé (signes de l'inflammation). Du pus s'évacue à la pression. La dent peut être mobile ; elle peut même migrer. La douleur est variable, de modérée à sévère. Parfois une fistule apparaît, ce qui signe le passage à la chronicité de l'abcès. L'évacuation du pus par cette fistule va généralement soulager la douleur. On peut parfois observer des signes à distance : des ganglions apparaissent (
au niveau sub-mandibulaire). Traitement d'urgence : drainage de l'abcès par technique classique (par la poche si possible, ou par une incision au centre de la voussure) ou par laser. Antibiothérapie (traitement pa antibiotique) souvent. Nettoyage de la lésion grâce aux ultrasons (détartrage local). Ensuite il faudra entreprendre un traitement parodontal.
En l'absence de traitement, un abcès d'origine dentaire va évoluer et s'étendre aux tissus environnants. L'abcès évolue en cellulite (inflammation des tissus celluleux de la face). Les ganglions deviennent palpables.
Des nausées, de la fièvre et une fatigue générale s'installent progressivement. L'hospitalisation devient urgente, pour drainer l'infection et administrer des antibiotiques.
Ce n'est pas la première fois que l'actrice montre des signes évidents de souffrance au niveau du maxillaire inférieur. Les nombreuses photos où on la voit se tenant la mandibule ne laissent planer aucun doute. Et cela n'est pas récent. Déjà, il y a plus de vingt ans (18.01.1987), Mademoiselle Adjani s'était sentie obligée de venir sur le plateau du JT de TF1 à 20 heures présenté par Bruno Masure afin de démentir les premières rumeurs de sida. Elle y était partiellement parvenue, partiellement car tout le monde avait été frappé de la voir se tenir la joue à pleine main pendant toute l'interview, image qui continua d'alimenter la rumeur d'une tumeur sidaïque à la machoire. Revoir la vidéo sur Dailymotion.
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22 février 2008 dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1)
La couverture presse relative à l'interdiction de fumer dans les lieux publics depuis le 1er janvier 2008 s'est presque exclusivement focalisée sur le match stérile des "pour" et des "contre", selon un principe de base du journalisme élémentaire le plus stupide (il ne faisait aucun doute que la loi allait s'appliquer sans faille ni dérogation). Un large temps de parole fut donc accordé aux défenseurs corporatistes des gérants de bars et buralistes, comme quoi n'importe quelle mesure qui sera prise dans ce pays, même juste, même souhaitée par une majorité (y compris les victimes visées, en l'occurence), même salutaire pour la santé, déclenchera toujours une levée de boucliers. On trouvera toujours des gens pour lutter avec tous les arguments possibles contre une réglementation. Quel bonheur pour le journaliste sans envergure, que d'être sûr de toujours trouver des pour et des contre sur tous les sujets possibles ! L'argument le plus cocasse fut celui des "défenseurs des libertés individuelles" : on réduit nos libertés, gémissent ces larges d'esprit. Oui, en effet, comme de la même façon la réduction de la liberté de conduire une automobile à grande vitesse (et de rouler bourré) a permis de réduire le nombre de tués de la route de 17000 il y a vingt cinq ans à moins de 5000 aujourd'hui. Economiser 12000 vies françaises par an n'a pu se faire que par la restriction drastique de votre espace de liberté, messieurs-dames. Il semblerait que l'interdiction de fumer puisse atteindre à peu près le même résultat. Sur le terrain, quatre jours après l'entrée en application, j'ai mené une petite enquête dans ma brasserie-tabac du coin favorite : pas un client ex fumeur ne manquait aligné le long du bar à l'heure habituelle, la patronne (fumeuse elle-même) déclare que tout se déroule dans le calme et même la bonne humeur, force est de constater que toutes ces menaces de baisse de fréquentation ou de révolte du peuple n'étaient que moulinets verbaux d'un corporatisme rétrograde, auquel les médias paresseux ont donné un écho non mérité.
En revanche, un angle qu'a massivement loupé la presse est celui de la représentation du geste du fumeur au cinéma. Prenez un acteur que le Japon nous envie, comme Alain Delon : de quoi aurait-il eu l'air si on lui avait oté la cigarette qui lui donnait cette belle allure virile ? Dans le film (paraît-il culte, j'ignore pourquoi) LE CERCLE ROUGE de Jean-Pierre Melville, figure une séquence extraordinaire où Delon (ombrageux voyou à fine moustache, ah mesdames, quel homme) parcourt le pays au volant d'une Plymouth Fury III 1966 (un modèle choisi pour sa grande discrétion sur les routes de campagne : une Peugeot 403 eut été plus pratique pour passer inaperçu quand on replonge dans la délinquance à peine sorti de prison, mais indigne d'une star comme Delon)... Profitant d'une halte de Delon dans un Relairoute de Bel-Air (Côte d'Ord) sur la RN6 face à une station-service Esso, un truand en cavale joué par Gian Maria Volonte parvient à se glisser dans le coffre de la Plymouth (oui, un mauvais garçon au grand coeur comme Delon ne ferme jamais à clé sa voiture quand il part déjeuner). Mais Delon, entre deux clopes, a tout vu ! Il se remet au volant et stoppe dans un champ, plus loin, pour faire sortir le rital du coffre. Echange de propos et de regards francs entre hommes, tous deux finissent rapidement par se faire confiance (la fameuse morale des malfrats). La preuve : Delon, d'un geste d'une immense portée symbolique, lance une cigarette et du feu à Gian Maria Volonte : celui-ci allume, tire une ou deux bouffées, puis Delon lui intime l'ordre de reprendre place dans le coffre... ce que l'autre exécute, cigarette allumée ...imaginez l'atmosphère les minutes suivantes dans le coffre de la Plymouth (atmosphère, atmosphère...est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? .. Hôtel du Nord, lundi 7.01.08 à 14h55 sur FR3).
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Prenez un autre film-culte au titre prédestiné : A BOUT DE SOUFFLE de Jean-Luc Godard, avec comme personnage central Jean-Paul Belmondo. Pendant au minimum les dix premières minutes, Belmondo occupe l'écran cigarette vissée au bec. Ils les enchaîne en les allumant bout à bout (de souffle). Plus loin, dans plusieurs scènes situées dans la petite chambre d'une gentille fille qui l'a hébergé, Belmondo passe des heures allongé sur le lit, à pétuner comme une locomotive à charbon. A la minute 44, Belmondo est encore au plumard avec Jean Seberg, clope au bec, il l'enlace assis sur le lit, lui caresse l'épaule droite, tire une bouffée puis éjecte d'une pichenette la cigarette allumée vers le pied du lit... tous deux poursuivent leur bavardage insipide sans remarquer l'incendie qui ne devrait pas manquer de démarrer... si toutefois un assistant de Godard n'avait prestement écrasé le mégot. A BOUT DE SOUFFLE est du début à la fin une oeuvre envahie par le tabac. On se demande pourquoi aucune marque de cigarette ne figure au générique. Dans la scène de fin, Belmondo est touché d'une balle fatale dans le dos par un flic alors qu'il court au milieu d'une rue... titubant, tordu de douleur, il continue sa course en zig-zag, toujours en fumant (on sent bien qu'il est à bout de souffle), pour finir par s'effondrer 200 mètres plus loin face contre le sol... geste brutal qui toutefois n'a pas écrasé le précieux accessoire. On se dit, ça y est, Belmondo va casser sa pipe. On le voit l'image suivante allongé sur le dos, en effet à l'agonie, mais la cigarette toujours en place et bien vive ; elle lui survivra.
Imaginez Humphrey Bogart sans cigarette ! Auparavant, nous avions eu dans le théâtre puis le cinéma français un certain Jules Berry (1883-1951) dans les années trente et quarante : " désinvolte et beau parleur, son jeu de mains lui est très particulier : une cigarette en permanence tenue entre ses doigts (déformés tôt par les rhumatismes articulaires), ses mains ne restent jamais en place, soulignant constamment ses paroles" (SOURCE). Je crois que, quand même, quelqu'un s'est attaqué au sujet sous l'angle cinématographique : Christophe Hondelatte demain lundi 7 janvier sur FR3 sous le titre "La dernière cigarette". C'est à 20h55... suivi à 23h25 d'un film nommé RESPIRO, je n'invente rien, dont le résumé est alléchant : "Sur une petite île de Sicile écrasée de chaleur, une femme de pêcheur, rebelle et assoiffée de tendresse...". Encore une histoire de feu... au cul cette fois.
06 janvier 2008 dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (9)
