12 novembre 2009 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (5)
En lançant son dernier livre "Zéro faute", François de Closets provoque de nouveaux débats sur notre orthographe. Nous allons à nouveau entendre les ânes nous braire sur les ondes qu'il faut simplifier l'orthographe, et il ne sera pas difficile de trouver des soutiens pour participer à cette entreprise de démolition. L'angle d'attaque est donné dans le long article (9 pages) paru dans LE POINT du 27.08.09, dès la première phrase :
" L'orthographe est en crise. Collégiens, étudiants, cadres : les nouvelles générations ne savent plus écrire trois phrases sans erreurs. "
Suit alors tout un arsenal de solutions dont vous vous doutez facilement qu'elles consistent à ôter la faute d'orthographe afin de simplifier la vie des nullards et les débarrasser de tout sentiment de culpabilité. Pour développer cela, il faut tout un livre et des mois d'enquête. Alors que quelques lignes dans un blog suffisent pour faire remarquer que cette même orthographe a pu être parfaitement enseignée à des millions d'élèves français jusqu'aux années soixante-dix environ, que ces élèves n'étaient pas des surdoués, que les enseignants ne l'étaient pas davantage et que chaque élève dès l'âge d'une douzaine d'années avait acquis une parfaite maîtrise de l'orthographe. Si vous connaissez une personne de plus de 80 ans ne disposant que d'un certificat d'études primaires il vous est sans aucun doute arrivé d'être surpris par la qualité de son français écrit, et son degré d'exigence en la matière.
Conclusion évidente : faire acquérir une bonne orthographe à ces malheureuses "nouvelles générations" n'est pas plus difficile que pour les anciennes générations. En fouillant dans les archives du ministère de l'enseignement, les fonctionnaires devraient pouvoir retrouver les méthodes éducatives employées dans les années 1900, 1910, 1920, 1930, 1940, 1950. Et hop, exécution ! Je décrète la crise de l'orthographe résolue.
Il n'y a rien d'autre à ajouter. Le reste, le bouquin de François de Closets, les bavardages de radio-télé qu'il va déclencher, les colonnes d'encre pissées par des journalistes probablement cancres en orthographe eux aussi, tout cela n'est que fariboles, expulsions inutiles d'air chaud, foutaises, billevesées, élucubrations."L'orthographe est en crise" ? Comment peut-on oser écrire une telle ânerie ? C'est l'enseignement qui est en crise. L'orthographe ne s'est pas complexifiée depuis 1920 ou 1950. C'est l'enseignement de l'orthographe qui s'est détérioré.
Au lycée, quand je peinais comme un damné en classe de math, je n'allais pas gueuler dans la cour de récréation que les mathématiques étaient en crise ! C'est exactement ce que fait François de Closets avec l'orthographe, mais avec plus de 60 ans de retard. Un peu long à la détente, ce monsieur.
Dans un billet du 19.06.09 je reproduisis ici le texte d'un message électronique reçu d'un personnel cadre d'une grande banque mondialement connue, adressé à un client dirigeant d'entreprise :
Nous ne pouvons donné suite à la demande de votre relation. Si le transfert a été effectué et non reçu par le bénéficiaire c'est à la banque du bénéficiaire de nous interrogés par message swift authentifié. Les coordonnées fournies par notre client sont correct.
Dans un billet du 23.02.09 vous avez lu ici la reproduction d'une phrase issue du blog du célèbre journaliste Jean-Michel Aphatie (devenu probablement un fervent défenseur de la simplification de l'orthographe) : "La particularité de Stéphane Guillon, c’est qu’avant d’être drôle, il est méchant. Ou plutôt, que son humour repose sur la méchanceté. Ces textes ne sont pas spirituels. Il ne joue pas avec les mots, ne les mélangent pas, ne les triturent pas."
En janvier 2009, ce même magazine, LE POINT, (si favorable à la simplification de l'orthographe, on comprend mieux pourquoi) avait publié un titre dans sa version web qui disait :"USA: 40.0000 suppressions d'emploi annoncés en une seule journée"
Le 17.06.2008, j'ai à cet emplacement copié-collé le contenu d'un commentaire reçu en réaction à un billet de ce blog :
lorsque j'etait a la recherche d'un emploie, je suis allé en reclamé un au maire d'yzeure ou j'habitait, il m'a dit que si il pouvait faire quelque chose il le ferrai, il n'a jamais rien fait pour moi, alors qu'il a donné du bouleau a ses amis, je ne voterai jamais pour lui, je ne donne plus mon sang j'ai peur que des gens qui ont des opinion politiques differents des miens en erritent, ou des flics, ou des feneants, des gens pour qui je cotise ou paye deja, la majorité de la population quoi.Il peuvent tousses mourir, j'bosses pour eux qu'on jamais rien fait pour moi, je leur souhaite une mort lente et douloureuse ou sinon ils n'ont qu'a me donner un peut de sous , ou reduire mes impots
Et ceci, trouvé sur le blog d'une certaine Arlette Franco, alors députée UMP des Pyrénées-Orientales et maire de Canet-en-Roussillon (Billet du 04.02.2007) :
"et nous n’avons jamais été « submergé »...Et halte aux difficultés insurmontables des soi-disant issu des milieux modestes." ... "et il travailla des cet âge là" ... "s’occupe de sa famille (son père et 4 frères) et en parti du jardin" ... "Merci à mes parents de m’avoir inculqués ces valeurs" ... "La vie de Marie Curie m’a convaincu de me battre" ... "mon père a élargi son activité an allant livrer..." j'ai donc été convaincu"...
Arrêtez le massacre ! Journalistes, Monsieur de Closets, arrêtez vos conneries !
01 septembre 2009 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (10)
Deux fois par an depuis quatre ans (janvier et juin), soit déjà huit fois, j'avertis ici les journalistes de radio-télé que le mot SOLDE désignant les ventes avec rabais est masculin. J'ai écrit des lettres sur papier, par La Poste, aux rédactions (RTL, France inter, E1 et quelques autres), et cela plusieurs fois, mais pas cette année, y'en a marre de sermonner des ânes bâtés. Je sens un progrès. Ce matin, vers 8h10 sur Europe 1, l'animateur Fogiel a eu un échange avec une journaliste au sujet du genre du mot "soldes", pour conclure que c'est le masculin qui l'emporte. Un jour, dès 2010 peut-être, les gens de radio-télé n'en discuteront même plus, ils diront directement sans hésiter "de beaux soldes en perspective", ils seront passés en l'espace de 5 ou 6 ans à peine par les trois étapes : la faute massivement répétée ; la discussion au sujet de la faute ; la disparition de la faute.
24 juin 2009 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (5)
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Tremper sa plume dans du vinaigre, c'est la liberté de l'auteur, un nommé Henry Moreigne. Mais plus difficile est de savoir s'en servir. Persifler ne dispense pas de respecter la langue dans laquelle on s'exprime, c'est même la moindre des corrections (si je puis dire). Je me suis arrêté à la lecture de ce paragraphe d'intro, je suppose que tout le reste est à l'avenant, et comme je n'apprécie ni le sujet du texte ni son style, je ne suis pas allé plus loin. Ma liberté, c'est de ne pas lire n'importe quoi écrit n'importe comment.
" ce n'est pas parce qu'on a rien à annoncer" - CORRECT : ce n'est pas parce qu'on n'a rien à annoncer
..." juge la plupart des observateurs" - CORRECT : jugent la plupart des observateurs. Celle-ci est devenue un grand classique dans les journaux... ces cons-là se disent "la plupart c'est au singulier, donc le verbe s'accorde !" Il faudrait deux pluparts pour les convaincre de passer au pluriel. Mais cela n'existe pas, on ne connaît que "la" plupart.
... "ni Clémenceau" - CORRECT : Clemenceau
"Un bon discours de premier ministre a malicieusement glissé Robert Badinter, Sénateur" - CORRECT : un bon discours de Premier ministre, a malicieusement glissé Robert Badinter, sénateur (il est probable que Monsieur Moreigne ne verra pas où est la différence, je précise donc qu'il s'agit d'une petite chiure de mouche, au milieu, très utile en français, nommée "virgule"... + je signale un P majuscule à Premier + je signale un s minuscule à sénateur)
"Sénateur des Hauts de Seine" - CORRECT : Hauts-de-Seine ... si vous craignez de vous gourer, mettez "92", ça ne fera pas plus moche dans votre article.
"Osent Les Echos" - CORRECT : Ose Les Echos (il s'agit d'un journal dont le titre est Les Echos... et non "des échos entendus dans nos montagnes" lorsque l'on se met à crier "Monsieur Moreigne ne sait pas écrire correctement en français " (...ferme ta gueule, répondit l'écho)
Bon, résumons, Monsieur Henry Moreigne : nous relevons ("nous", car Caritate Libertine m'a aidé à en trouver 3) un total de 8 fautes dans votre paragraphe d'introduction de 7,5 lignes, disons 8 lignes avec le titre pour faire un compte rond. Nous vous donnons la moyenne... d'une faute par ligne, en espérant que vous ferez pire la prochaine fois. Si, si, vous en êtes capable.
Dire qu'il y a des gens qui se repaissent quotidiennement de la lecture du site Agoravox... Beurk. Si vous voulez goûter, cliquez ici.
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Je le sentais depuis quelque temps, et ça se confirme : ce modeste blog de grinchitude qui ne désirait que ronchonner peinard dans son coin est devenu un blog influent. Le lendemain du Billet ci-dessus, je me suis rendu sur le blog de Monsieur Henry Moreigne, et devinez quoi ! Dans ce paragraphe il a tenté d'ôter ses fautes, certes en en commettant d'autres, mais c'est un beau travail sur soi qu'il faut saluer. Admirez en particulier la superbe virgule : "un bon discours de premier ministre a, malicieusement glissé Robert Badinter".
23 juin 2009 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (2)
Je viens d'avoir un échange de messages électroniques avec la BNP, à propos d'un virement mal orienté. Voici la dernière réponse reçue de cette banque. Combien on parie que l'auteur est titulaire du bac ... si ce n'est plus encore ? Il est bien dommage d'avoir à mettre un zéro à cette copie, parce que l'on sent chez l'auteur comme une espèce de bonne volonté sous-jacente, par exemple dans "c'est à la banque de nous interrogés", où la proximité du pluriel "nous" l'incite à accorder le participe passé qui suit (mais n'a rien à faire là)... L'intention est bonne, le résultat est désastreux. Dans le passé, un organisme bancaire de la dimension de la BNP aurait sélectionné ses employés susceptibles d'envoyer des messages aux clients. Mais à quoi bon, de nos jours, puisque la médiocrité se généralise et que de moins en moins de clients de la BNP sont capables de s'offusquer de la façon dont on leur parle !
Bonjour,
Nous ne pouvons donné suite à la demande de votre relation.
Si le transfert a été effectué et non reçu par le bénéficiaire c'est à la banque du bénéficiaire de nous interrogés par message swift authentifié.
Les coordonnées fournies par notre client sont correct.
Bonne réception
19 juin 2009 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (2)
A l'occasion d'un rangement de printemps, je tombe sur le Carnet de Correspondance scolaire d'un élève de collège du début des années quatre-vingt dix. Dans ce Carnet je retrouve, collée sur la troisième page de couverture, une circulaire polycopiée portant en haut à gauche l'en-tête officielle du collège. Son titre bien centré et souligné deux fois est : ADDITIF AU REGLEMENT INTERIEUR. La page est annotée au feutre vert de mes remarques manuscrites excédées, que bien entendu l'ensemble des profs de ce malheureux élève ont pu admirer, avec comme conséquence les mesures de rétorsion dont est capable le corps enseignant à l'encontre des mineurs innocents et sans défense qui leur sont livrés en pâture... bien que le sachant, parce que j'avais déjà eu un aîné ayant subi un sort semblable dans le même établissement, je pense qu'à l'époque, déjà gravement grincheux, je n'ai pas pu m'empêcher de moucher ces cancres de fonctionnaires de l'Education nationale, je croyais encore qu'en les frappant avec une règle sur les doigts on pourrait les faire sursauter et prendre conscience de leurs lacunes. Aujourd'hui, une petite vingtaine d'années sont passées, et je sais que cette bataille pour la qualité de l'enseignement et des enseignants, pour le respect de la langue par ceux qui sont chargés de l'enseigner est bel et bien perdue.
1) IL EST INTERDIT DE :
- mâcher du chewing-gum au collège
- d'amener un walkman ( pourquoi "de" dans "il est interdit de", puis à nouveau "de" ? ) (walkman est une marque de Sony, il convient de dire "baladeur", selon l'Académie française)
- de posséder un sac de toile : le cartable rigide est OBLIGATOIRE ( pourquoi "de" en tête de paragraphe, puis "de" à nouveau ? )
- de courir sur les pelouses et de s'y asseoir à plus d'un mêtre du bord ( pourquoi "de" en tête de paragraphe, puis "de" à nouveau ? ) ( il faut écrire "mètre", et non "mêtre" )
- de stationner dans les couloirs aux récréations ( pourquoi "de" en tête de paragraphe, puis "de" à nouveau ? ) ( il convient de dire "pendant" les récréations )
2) L'ENTREE DU COLLEGE A ETE MODIFIEE
(ici trois lignes miraculeusement correctes !)
Il n'y avait que deux paragraphes, mais j'en avais créé un 3e au feutre vert, qui disait :
3) Il est interdit d'écorcher la langue française dans les textes scolaires officiels
Salauds de profs : c'est à des exemples comme celui-ci que l'on réalise à quel point votre médiocrité crasse a pénalisé pour la vie des générations d'élèves, devenus des handicapés de l'orthographe à votre image.
SUIVI, 28.05.09 - - Commentaire reçu de "Pix" : "Heu, pour le coup, c'est plutôt le CPE de l'établissement qu'il faut pointer du doigt. Je ne pense pas que ce soit les profs qui rédigent le RI... ;)". J'ignore ce que signifie CPE, à part Contrat Première Embauche. Je devine que vous parlez des services administratifs. Mais la question n'est pas "qui a rédigé l'additif au règlement intérieur", mais qui aurait dû ou qui a réellement approuvé ce document avant sa diffusion en masse. Si, comme je crains de le comprendre à vous lire, le chef d'établissement n'a pas à avoir connaissance du contenu du Règlement ou d'un ajout au Réglement Intérieur de l'établissement dont il porte le titre de 'chef', alors là, la situation dans l'Education nationale, déjà réputée catastrophique, est bien pire encore, et...tout s'explique !
25 mai 2009 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (6)
L'un des mots les plus intéressants de ces trois dernières années est : racaille, que soudain plus personne n'emploie dans sa forme correcte, à savoir au singulier, celle qui figure dans les bons dictionnaires : "de la racaille", désignant un groupe social méprisable. Petit Robert : Ensemble de fripouilles. "Si l'on mettait toute cette racaille en prison, les honnètes gens pourraient respirer" (Camus). Qui n'est pas d'accord avec Albert Camus ? Ce grand écrivain (1913-1960), Prix Nobel, avait vu juste cinquante ans avant tout le monde.
Mon Petit Robert 2007 stipule : Racaille 1 Vieilli. Populace méprisable.
Et mon Petit Larousse 2008 aussi : Racaille. Vieilli.
Eh bien moi, messieurs les lexicographes, je trouve en 2009 que ce vieilli a singulièrement rajeuni. Il pousse l'effort de rajeunissement jusqu'à souvent signifier "jeune" dans le jargon journalistique. Je parie que dans vos prochaines éditions de septembre 2009 vous aurez ôté la mention "vieilli".
Hier j'ai croisé sur un passage piéton trois racailles (pas encore vieillies) à capuchon, l'une des trois était en train d'expulser un gros mollard, je me suis dit que ce sont des Français comme moi, et électeurs de surcroît, et je suis passé en m'efforçant de ne pas montrer que je les regardais, car j'ai entendu dire qu'elles peuvent frapper sous prétexte qu'on les a regardées d'une drôle de façon. Avec la police et les gendarmes, la racaille est ce que je respecte le plus dans la rue. Viennent après les grands-mères et les handicapés physiques.
29 avril 2009 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (5)
Hélène, qui lit ce blog depuis presque quatre ans et y dépose de fréquents commentaires, m'écrit à propos de mon courroux sur la faiblesse dramatique à l'écrit du journaliste Jean-Michel Aphatie de RTL : " je ne peux pas me permettre de relever les fautes puisque j'en fais ! " Mais si Hélène, vous pouvez, vous devez vous permettre. Ce type de réaction est fréquent et m'étonne toujours autant chaque fois que j'en suis témoin. Cette position a toute l'apparence du bon sens, mais elle est au contraire totalement insensée, injustifiée. J'ai eu des échanges musclés, à la limite de l'insulte, avec quelques zigotos furieux d'une note ancienne sur les faiblesses avérées de la journaliste d'Europe1 Wendy Bouchard (zut, je l'ai citée, Google va les alerter, ils vont encore me tomber sur le paletot !). Ces zigotos me déniaient le droit de critiquer cette journaliste au motif que je serais incapable de faire ce qu'elle fait, affirmaient-ils (genre : on voudrait bien vous y voir, vous ne sauriez pas le faire, par conséquent fermez votre gueule).
Ces gens sont ni plus ni moins que des fascistes : ils interdisent tout simplement à toute personne n'ayant pas réalisé un long métrage de porter une critique sur un film... à toute personne incapable de marquer un but de la tête comme celui de Thierry Henry hier soir contre Lyon de discuter football au café du commerce... à toute personne n'ayant jamais été ministre de critiquer le programme anti-crise du gouvernement ... et les exemples à citer se compteraient par milliers, il faudrait selon ces adeptes du terrorisme intellectuel ne donner un avis sur personne, sur aucune réalisation, aucune oeuvre. La fermer, la boucler. Visiter le Louvre ou regarder les JO de Pékin en restant muet comme une carpe.
Comme vous Hélène j'ai le droit d'écrire un avis critique sur l'indigence orthographique de tel ou tel journaliste, tout en laissant des fautes dans mon texte, car ce n'est pas moi qui suis un journaliste réputé dont les mots sont lus ou entendus par des millions de personnes. Voyez-vous, il m'est arrivé une ou deux fois de donner un avis défavorable sur un vin sans jamais avoir cultivé la vigne. Incroyable audace !
25 février 2009 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (2)
Voici un extrait du blog tenu par Jean-Michel Aphatie, dans une Note du 23.02.2009. Aphatie, sur RTL, est l'un des journalistes les plus influents du pays. On apprend qu'il est diplômé de l'IUT de journalisme de Bordeaux et titulaire d'une maîtrise en droit public à Pau. Cet extrait nous permet de nous rendre compte du niveau de médiocrité en matière de langue française où sont tombés beaucoup de journalistes, et parmi ceux-ci quelques cadors de la profession. Quand je vous dis que c'est foutu...
" La particularité de Stéphane Guillon, c’est qu’avant d’être drôle, il est méchant. Ou plutôt, que son humour repose sur la méchanceté. Ces textes ne sont pas spirituels. Il ne joue pas avec les mots, ne les mélangent pas, ne les triturent pas. Il n’est pas non plus dans le non sens, ou l’ironie. Non, il est tout simplement méchant. " SOURCE : Le blog de Jean-Michel Aphatie
Je me crois obligé de fournir une explication : "Ces textes..." devrait être logiquement "Ses textes..." et "ne les mélangent pas, ne les triturent pas" ne peut s'expliquer que par la présence proche du pluriel "les", qui attire pour les cancres un accord du verbe qui suit. Un journaliste correctement éduqué et moyennement respectueux de ses lecteurs aurait écrit "ne les mélange pas, ne les triture pas". Il est désolant de devoir expliquer de telles choses, mais l'environnement est devenu tel, que désormais quand on critique des fautes de français, on n'est plus certain de ne pas être pris pour un extra-terrestre.
Voici maintenant des extraits des commentaires de lecteurs sous la Note incriminée d'Aphatie :
... parmi des douzaines de commentaires (total 123 au moment de ma consultation), je n'en ai pas décelé un seul critiquant le français de Monsieur Aphatie... et pour cause ! Demandez au cancre de la classe de corriger les dictées, il va mettre 10/10 à tout le monde !
24 février 2009 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (8)
La semaine dernière encore est paru le résultat d'une enquête sur le niveau en orthographe des élèves français (en chute libre). Mon opinion est faite et exprimée ici depuis des années; en résumé : c'est foutu. Ce combat-là est définitivement perdu, à cause de l'irresponsabilité et des incompétences abyssales de l'Education financée par nos impôts, et uniquement à cause de ce ministère : un élève de dix ans de 2009 ne vaut pas moins qu'un élève de dix ans de 1959, la différence c'est
1- qui lui enseigne quoi et comment,
2- quelles sanctions et sélections sont appliquées.
Et ce combat est perdu pour toujours. Le désastre n'est plus rattrapable. Le malaise vient de ce qu'il va demeurer encore en vie et en état de critiquer, pour une paire de décennies encore, un reliquat de vieux de la vieille école capables de voir la différence et de s'en plaindre. Mais un jour viendra, c'est certain, où tous les nuls en dictée d'aujourd'hui seront aux commandes, dans les entreprises et comme enseignants, comme présidents de la république et ministres de l'éducation, et par conséquent, en toute logique, seront dans l'incapacité d'apprécier ce qu'est une bonne orthographe. Ce jour-là viendra à coup sûr. Enfin viendra donc le temps où les pygmées se retrouveront entre pygmées sans aucun être de taille normale (devenue la taille anormale) pour leur faire remarquer qu'ils sont petits.
Cela dit, pour vous donner un avant-goût de l'intérêt tout relatif d'écrire correctement le français pour être compris de ses contemporains, dites-moi si vous comprenez le texte qui suit, dites-moi si votre cerveau est déjà préparé pour communiquer efficacement dans les années 2020 (on me dit que ce texte a été mis au point par des universitaires pour montrer que le cerveau peut se contenter de saisir le début et la fin d'un mot, si à ces endroits les lettres sont à leur bonne place, ce qui est au centre pouvant être mis en désordre) :
Si vuos pvueoz lrie ccei, vuos aevz asusi nu dôrle de cvreeau. Puveoz-vuos lrie ceci? Seleuemnt 55 porsnenes sur cnet en snot cpalabes.Je n'en cyoaris pas mes yuex que je sios cabaple de cdrpormendre ce que je liasis. Le povuoir phoémanénl du crveeau huamin. Soeln une rcheerche fiat à l'Unievristé de Cmabridge, il n'y a pas d'iromtpance sur l'odrre dnas luqeel les lerttes snot, la suele cohse imotprante est que la priremère et la derènire letrte du mot siot à la bnone palce. La raoisn est que le ceverau hmauin ne lit pas les mtos par letrte mias ptuôlt cmome un tuot. Étonannt, non ?
09 février 2009 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (9)
Hier soir à la télé, vous pouviez choisir d'avaler sur TF1 la série américaine New York section criminelle, ou par exemple opter pour un peu de culture sur FR3 avec Des racines et des ailes, émission de haut niveau créée par l'actuel président de FranceTelevisions Patrick de Carolis et présentée par Louis Laforge - tous deux journalistes de haut niveau (1,92 m pour P. de Carolis) et d'une exigence professionnelle légendaire. C'est bien le moins avec ce type de production qui fait honneur au service public. Une partie intéressante était consacrée aux passages et galeries de Paris, où l'on apprit que cette invention française fut reprise dans le monde entier : passage des Panoramas, passage Jouffroy, galerie Colbert, galerie Vivienne, passage Choiseul... Sur quelques centaines à une époque (XIXe), il n'en reste plus qu'une quinzaine, d'où l'idée de les faire classer au patrimoine. Et le journaliste qui commentait le sujet, travaillant sous la férule attentive et exigeante de Louis Laforge, put tranquillement déclarer : " Aujourd'hui il en reste moins de vingt, la plupart a disparu ". Mettez-vous à sa place, c'est vrai, soyez tolérant, un peu : voilà un jeune gars auquel les enseignants qualifiés de l'éducation nationale, entre deux mouvements de grève, ont inculqué que le verbe s'accorde avec le sujet. Muni de ce précieux bagage, le journaliste put atteindre le bac section littéraire sans encombre, puis une école de journalisme genre Celsa, puis enfin le voici en position d'annoncer pour 8 millions de téléspectateurs dans une émission culturelle réputée : " la plupart a disparu ". Car tant qu'il n'y a pas deux pluparts, minimum, il est persuadé qu'il faut le dire ainsi. Mais deux pluparts, c'est rare, moi je n'en ai jamais rencontré ensemble, chaque fois la plupart allait en solitaire.
22 janvier 2009 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (3)
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Copié-collé d'un commentaire que je viens de laisser deux fois en 12 heures sur le site LePoint.fr, pas publié, pas pris en compte - Faute 1 : il faut un espace après les "deux points" (USA : ... ) Faute 2 : 40.0000 n'est pas un nombre connu Faute 3 : si vous vouliez dire 40 000, il fallait l'écrire ainsi (sans point) Faute 4 : "annoncés" doit être écrit "annoncées" puisque ce sont les suppressions qui sont annoncées, pas les emplois (hélas !) Signé : Grincheux Grave - grincheuxgrave@gmail.com | ||
LE POINT est l'un des 5 grands 'news magazines' français (L'Express, Le Nouvel Observateur...). En 2009, le respect de la langue s'est tellement dévalorisé que ces gens, des journalistes travaillant pour un magazine prestigieux (qui l'était, mais en train d'en prendre un coup derrière la tête) non seulement parviennent à écrire de tels titres, mais en plus ne tiennent pas compte des remarques des lecteurs (il est vrai que quand on signe "Grincheux."... ) Comment voulez-vous, après avoir vu ça, qu'un enseignant arrive à convaincre des élèves qu'écrire correctement est un atout dans la vie ? Ce n'est même pas un atout décisif pour devenir journaliste au POINT et le rester... n'est-ce pas, Madame Charlotte Raab, qui signez cette merde sous la supervision bienveillante de votre directeur Monsieur Franz-Olivier Giesbert ... Bande de plumitifs primitifs, vous êtes une honte.
17 janvier 2009 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (6)
Laurent Delahousse, aux JT des fins de semaine de France 2, malgré sa dégaine de gendre idéal, affiche à l'occasion la même médiocrité crasse que ses confrères et sœurs. Dimanche 7.12 (20h12) il n'a pas hésité à marcher dans les pas des pires cancres du métier, comme la béate joconde Schönberg, en parlant des soldes de janvier au féminin. Quand on pense qu'il y a des dizaines de gens derrière tout ça pour préparer le journal et écrire le texte du prompteur qui sera lu par le gendre idéal !
07 décembre 2008 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (10)
Ce matin mercredi 19.11 j'ai entendu sur Europe 1 à 9h05 la journaliste Annie Lemoine lire un petit billet d'humeur en réaction à la minute de silence observée à l'Assemblée Nationale pour la disparition du député UMP de Thionville qui s'est suicidé après avoir donné la mort à sa compagne qui prévoyait de le quitter. Pour défendre comme il se doit la gent féminine bafouée, humiliée (le communautarisme ne connaît aucune limite dans notre pays) Annie Lemoine a terminé son billet en réclamant " une minute de silence pour la mémoire d'une femme exécutée ". Annie Lemoine est sans nul doute brillante (moins que les journalistes de France Inter, je sais, on va encore me l'écrire) mais elle ne connaît pas la nuance entre les termes "exécuter" et "assassiner", ce qui est préoccupant pour une journaliste, sur un tel sujet cette nuance n'est pas bénigne. Et elle n'est pas la seule : nombreux sont ceux qui nous informent que tel policier en service a été 'exécuté' par un cambrioleur surpris en plein travail. Le Petit Robert nous confirme qu'exécuter signifie "faire mourir quelqu'un conformément à une décision de justice". Il paraît qu'il faut des années d'étude pour devenir journaliste. Et certains y ajoutent même science po, pour assurer un bagage vraiment complet. Puis il se plantent devant un micro dans une station de radio nationale pour nous dire des trucs foireux comme (tous issus de notes précédentes et dûment datés) :
- les soldes d'hiver sont ouvertes
- le temps restera sec dans l'esteu du pays
- Sarkozy fête ses un an à l'Elysée
- un millier de soldats français est engagé au Tchad
- c'est du rap hard-core entre guillemets
- l'effet coupe du monde a-t-elle traversé la Manche ?
- ce seront aux électeurs de trancher
- un canoé a chaviré sur les rives de la Vienne, faisant deux noyés
- considéré par les Allemands comme le train le plus sûr du monde, ce drame a coûté la vie à 23 personnes
- les chômeurs ont défilé pour protester contre la précarité de leur situation
- la bataile de Verdun a fait 300 000 morts et disparus
RTL, 21.11.08, Vincent Parisot interroge le père de la jeune Anne-Lorraine assassinée il y a juste un an un dimanche dans le RER B. Il évoque le "délinquant sexuel"...mais le père de la malheureuse coupe pour rectifier sèchement : "non : un assassin sexuel". Voilà qui confirme que ceux qui sont chargés de nous informer n'ont pas compris les nuances entre "délinquant", "assassin", "assassiner", "exécuter". Bonne idée de cours pour les écoles de journalisme.
19 novembre 2008 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (8)
Souvent je m'interroge. Sur l'incapacité des interrogeurs professionnels, les journalistes, à formuler correctement une interrogation. N'avez-vous pas remarqué ? Les Guillaume Durant, Jean-Pierre El Kabbach, Nicolas Demorand et autres pseudo stars de l'interview ont abandonné définitivement la construction interrogative classique qui était : "Pensez-vous que le programme du PS pourrait résoudre la crise ? " pour se vautrer dans un paresseux "vous pensez que le programme du PS pourrait résoudre la crise ?" Il est fini le temps où des diplômés de science po et de l'école supérieure de journalisme venaient demander dans les micros "Josiane Balasko, pensez-vous atteindre avec ce nouveau film le même succès qu'avec le précédent ?". Le français médiatique moderne se contente de lâcher mollement : "Josiane Balasko, vous pensez atteindre avec ce nouveau film le même succès qu'avec le précédent ? " Journalistes, avez-vous conscience de faire correctement votre boulot ? Déjà que le fond n'est pas souvent brillant, si en plus vous saccagez la forme !
El Kabbach, Europe1, 18.11.08 à 8h28 : "Pourquoi vous pensez que Bayrou c'est pire que Besancenot ?"
17 novembre 2008 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (4)
Samedi 08.11.08 vers 20h40 un éphèbe exhibant deux rangées de dents blanches derrière un sourire supposé ravageur et ayant tout l’air d’avoir inventé l’eau chaude (Cyril Féraud ?) est venu donner le tirage du loto sur France 2 en précisant qu’une cagnotte attendait quelques chanceux « pour marquer les un mois de la nouvelle formule du loto. » On se demande comment une formulation aussi sotte peut se construire dans la tête d’un présentateur de télé (qui sera reconduit dans sa fonction, sans nul doute). Mais gardons en mémoire que Nikos Aliagas, le talentueux bonimenteur de Star Academy, l'émission-phare de la culture rayonnante, fut fait le 26 mars 2007 Chevalier des Arts et Lettres par le ministre de la Culture et de la Communication d’alors, Renaud Donnedieu de Vabres. Le jeune homme qui sait lire les résultats du loto en parlant comme un cancre finira sans doute par décrocher la même décoration. Quand France Télévisions n'aura plus de publicité après 20 heures, le 1er janvier 2009, sûr que la vraie culture reprendra ses droits et que de telles âneries n'existeront plus à 20h40.
08 novembre 2008 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (15)
Il y a toute une kyrielle d’expressions entendues quotidiennement qui m’exaspèrent. Je passe mes journées à m’exaspérer. Au téléphone, au restaurant. J’ai déjà dénoncé ici (sans aucun résultat) les accueils acariâtres que nous infligent les commerçants. L’autre jour je pousse la porte d’un magasin de photo, un type était affairé dans le fond près d’un photocopieur, il me lance : « Oui ? », je lui rétorque « Oui, certes oui », il insiste : « Qu’est-ce que c’est ? », je lui fournis la réponse : "C’est dur ! ". Les vendeuses de boulangerie couinent « et avec ceci ? » à longueur de journée. Hier je vais acheter des mini-croissants et je prends la précaution d'annoncer "quatre mini-croissants et rien d'autre, s'il vous plaît"...la fille de la boulangerie me les tend et couine "et avec ceci ?". Comme lundi c’est fermé, elles sont en forme les lundis soir et acceptent de gratifier leur amant d’une petite fellation, dès qu’elles ont terminé, elles relèvent les yeux et demandent « et avec ceci ? ». Cela me rappelle cette histoire du boucher qui parvient à attirer une cliente dans la pièce arrière pour enfin pouvoir l'honorer comme il faut, au moment où il baisse le pantalon et exhibe un membre impressionnant la cliente émet un Oh de surprise... "oui y en a un peu plus, j'vous l'mets quand même ?" interroge le boucher.
Dans la même série, aujoud'hui étant jour de Toussaint, voici un vrai souvenir personnel vécu par Grincheux : à une époque où je faisais du commercial pour vendre des appareils coûteux aux PME dans la France profonde, j'avais un prospect gros fabricant d'articles funéraires auquel je rendais des visites régulières d'avant-vente... un jour je décide de clore un entretien qui s'éternisait inutilement en lui lançant "Eh bien Monsieur Machin, il ne me reste plus qu'à prendre congé, car le temps passe ! " ... Le gars se lève derrière son bureau, se penche vers moi avec un air lugubre et me jette "Oui, Monsieur Grincheux, le temps passe, mais le souvenir reste...euh, pardonnez-moi, simple déformation professionnelle."
Quand au téléphone on me demande « vous êtes monsieur ? » (au minimum une fois par jour) je réponds toujours « Oui ». La gonzesse au bout du fil ne manque jamais de récidiver : "Vous êtes monsieur ?"... "Oui c'est exact, je suis un monsieur, souhaitiez-vous aussi connaître mon nom ? " Si les gens avaient un minimum d’éducation et de courtoisie, ils feraient l’effort de construire une vraie phrase qui a du sens : « Quel est votre nom, Monsieur » n’est tout de même pas insurmontable ! Aux temps anciens (que j’ai connus) on entendait couramment « A qui ai-je l’honneur ? », ou « Qui dois-je annoncer ? »… mais faut pas rêver, plus personne dorénavant ne serait capable de se lancer dans de telles formules, qui pour mes contemporains doivent s’apparenter à des vers de Corneille. L’une de mes bêtes noires est cette manie propre aux chefs de rang et maîtres d’hôtel de vous jeter à la figure en débarrassant la table : « Saété ? ». Ces loufiats sont parfois passés par des lycées hôteliers (Bac +2) pour en arriver à ne pas savoir -ou oser- construire dans leur cerveaux, puis articuler « Comment le repas s’est-il passé, avez-vous apprécié ? » ou « Comment avez-vous trouvé le steak ? » (j’avais un oncle voyageur de commerce à une époque où les serveurs parlaient ce vieux français, qui à cette interrogation répondait : « par hasard, en soulevant une frite")
SUIVI, 02.11.08 - - Commentaire reçu :
" Au téléphone, il y a celle qui vous dit effectivement : vous êtes monsieur ?...
A qui je réponds, invariablement, jusqu'à ce matin, ça semblait le cas... Plus concis, le très philosophique "vous êtes ?" A qui il conviendrait de répondre "un je suis, du moins je crois l'être"... Mais j'aime aussi la personne qui lorsque tu lui demandes à parler à Monsieur X, te rétorque "...de la part ?" à qui je réponds chaque fois (sauf si le niveau de l'interlocuteur souhaité me l'interdit, nécessité faisant loi) "de la part de gâteau", facétie que généralement la terlocutrice ne comprend pas, mais ça passe un moment." (Hervé Resse)
01 novembre 2008 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (6)
J’ai toujours pensé que chaque média devrait remettre un livret de 3 ou 4 pages A4 contenant les conseils de prononciation ou d’orthographe de base à chaque journaliste embauché (cela supposant qu’aucune des écoles de journalisme n’a accompli sa mission fondamentale, ce qui est le cas). Manifestement, ils ne le font pas. On me dit que seul France Inter s’est résolu à confectionner un tel document ; je n’en perçois pas les effets à l’antenne ; on peut toujours penser que ce serait pire si le document n’existait pas ! On y trouverait parmi les grands classiques : un solde d’hiver ( ou d’été) et non une solde (du soldat). Une fois tous les quatre ans survient le double piège des jeux olympiques, plus un troisième spécifique cette année. Nous y voici.
Pour la radio : prononcez « les jeux Z olympiques » avec un Z comme dans Zorglug (1). Comme vous dites « les Z hommes », et même « les Z hirondelles malgré le H. Sur Europe 1, l’ex directeur JP El Kabbach n’y est jamais parvenu, en dépit de mes multiples remontrances, et il a dépassé l’âge de la retraite : c’est foutu,
Le deuxième piège est celui dans lequel tombe le journaliste formé à tout tenter pour ne jamais répéter le même vocable deux fois de suite. Il dira successivement « le premier ministre », puis « François Fillon », puis « l’hôte de Matignon », pour faire élégant et riche, pense-t-il. La presse en langue anglaise ignore superbement cette pseudo-règle, et n’en est que plus compréhensible : imaginez le casse-tête (chinois) pour un lecteur étranger (ou du Haut-Var) obligé de plonger dans une encyclopédie pour y découvrir successivement le sens des mots « hôte » (deux sens opposés, piège dans le piège) et « Matignon » pour enfin comprendre (compter deux minutes de boulot) que cette chinoiserie désigne la même personne que sur la ligne du dessus. Pourquoi faire simple ? Le journaliste français appliqué dira donc « les jeux olympiques », puis « les JO », puis, ayant épuisé ses munitions conventionnelles, il vous collera, tout fier, « olympiade », la plupart du temps hors sens puisque Olympiade désigne la durée de quatre ans séparant deux jeux olympiques.
Le troisième point concerne le lieu, dont nous pensions qu’il était Pékin, mais que les puissances locales nous imposent sous la forme de Beijing. Dans un programme TV vous trouverez côte à côte à la même heure, sur FR3 « Pékin 2008 », et sur Canal Plus « Beijing 2008 ». Pourquoi pas Beijing ? On dit bien « New York » comme les Américains, et ça se prononce pareil, alors que pour m’expliquer que « Beijing » se prononce « Pékin », va falloir se lever tôt. Pour un pays pas éloigné de là, un jour il y eu une révolution d’orthographe, si je me souviens bien : avant on écrivait « Tokio » puis c’est devenu « Tokyo » ; la nuance à l’oreille est subtile. Où l’Eurostar vous dépose-t-il en Angleterre ? A Londres ou à London ?
(1) Zorglub est un personnage de Spirou et Fantasio qui apparaît pour la première fois (1961) dans l'album Z comme Zorglub réalisé par Greg et Franquin (SOURCE : Wikipedia)
03 août 2008 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (3)
Aujourd'hui est l'occasion bi-annuelle de tenter de faire entrer dans la caboche des journalistes de radio-télé que le mot solde concernant les rabais saisonniers dans le commerce est au masculin. Un solde, un solde intéressant, des soldes avantageux, des soldes attractifs, etc. Ce matin la première personne humaine de cette planète qui m'a adressé la parole a été Isabelle Martinet sur Europe 1 pour l'entrendre dire "de belles soldes". Si je n'étais pas grincheux de nature, déjà ça m'aurait énervé. Alors vous pensez ... La journaliste de deuxième classe Isabelle Martinet touche-t-elle une grosse solde pour débiter des approximations sur une grande station de radio élitiste ? Pour les ignares récalcitrants, le moyen de se rappeler le bon sexe du mot solde est de penser "le solde de mon compte bancaire"...le solde d'un stock de fringues c'est kif-kif : c'est ce qui reste.
25 juin 2008 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (5)
Je viens de recevoir le 'commentaire' suivant signé Yannick, sur une Note déjà ancienne qui moquait le maire PS de la commune ; c'était aux alentours de l'élection présidentielle, le 08.05.2007, une Note titrée Salut aux Vaincus. Ce texte me semble exemplaire de ce que la méthode actuelle de l'Education Nationale sait produire... des gens qui suivent un cursus scolaire et au bout du compte ne savent même pas la chose essentielle : s'exprimer correctement dans leur propre langue. Qu'ont-ils appris d'autre à la place ? Les mathématiques, l'anglais, les sciences naturelles ... ? Rien d'autre, je le crains. Ce sont ces enseignants-là qui réclament davantage de salaire et de considération comme gratification de leurs performances ? J'ai assez donné, qu'ils crèvent, il peuvent tousses mourir.
lorsque j'etait a la recherche d'un emploie, je suis allé en reclamé un au maire d'yzeure ou j'habitait, il m'a dit que si il pouvait faire quelque chose il le ferrai, il n'a jamais rien fait pour moi, alors qu'il a donné du bouleau a ses amis, je ne voterai jamais pour lui, je ne donne plus mon sang j'ai peur que des gens qui ont des opinion politiques differents des miens en erritent, ou des flics, ou des feneants, des gens pour qui je cotise ou paye deja, la majorité de la population quoi.Il peuvent tousses mourir, j'bosses pour eux qu'on jamais rien fait pour moi, je leur souhaite une mort lente et douloureuse ou sinon ils n'ont qu'a me donner un peut de sous , ou reduire mes impots
17 juin 2008 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (5)
J'ai suivi ces derniers mois sans doute comme vous, comme un feuilleton, les Ronchonneries, Réflexions, Ricanements du Blogueur Influent Hervé Resse, qui s'en est pris sauvagement aux féministes délirantes d'un certain Café de l'Amour et à une certaine hyène de garde ridicule nommée Isabelle Alonso. Mais la bataille s'est assoupie... Mossieur Resse s'est-il laissé entraîner dans une partouze avec les harpies du Café de l'Amour ? Alonso lui aurait-elle proposé de lui fumer le calumet de la paix, un soir à la lisière de la forêt de Meudon ? Jetons aux débateurs un peu de grain à moudre ...
Un gars : c'est un jeune homme
Une garce : c'est une pute
Un courtisan : c'est un proche du roi
Une courtisane : c'est une pute
Un masseur : c'est un kinésithérapeute
Une masseuse : c'est une pute
Un coureur : c'est un joggeur
Une coureuse : c'est une pute
Un professionnel : c'est un sportif de haut niveau
Une professionnelle : c'est une pute
Un homme sans moralité : c'est un politicien
Une femme sans moralité : c'est une pute
Un entraîneur: c'est un homme qui entraîne une équipe sportive
Une entraîneuse : c'est une pute
Un homme à femmes : c'est un séducteur
Une femme à hommes : c'est une pute
Un homme public : c'est un homme connu
Une femme publique : c'est une pute
Un homme facile : c'est un homme agréable à vivre
Une femme facile : c'est une pute
Un homme qui fait le trottoir : c'est un paveur
Une femme qui fait le trottoir : c'est une pute
Un péripatéticien : c'est un élève d'Aristote
Une péripatéticienne : c'est une pute
24 mai 2008 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (5)
J'entends ces jours-ci cette construction bizarre dans la bouche des journalistes de radio-télé, et personne autour d'eux en studio ne rectifie. Je ne comprends pas pas pourquoi il serait impossible de remplacer par "son premier anniversaire" ou "sa première année" ou même "ses douze premiers mois". Mais non, pour eux, "ses un an" c'est bon, ça ne choque pas l'oreille. Mais comme on me dit qu'à Europe 1, quand je les critique, les meilleurs jeunes recrues sont passées par Science Po, je m'incline.
01 mai 2008 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (0)
" Liu Qi a continué en rappelant que depuis la signature du contrat entre le BOCOG et l'Organisation internationale de la Francophonie du « protocole de promotion du français aux Jeux olympiques de Beijing », la coopération entre les deux parties avait progressé sans encombres. Les stagiaires francophones ont pris en charge une grande partie du travail de traduction du BOCOG. Jean-Pierre Raffarin a remercié Liu Qi pour l'entretien. Il a estimé que le gouvernement et le peuple français soutiennent les Jeux olympiques de Beijing, et espèrent que ceux-ci seront couverts de succès. M. Raffarin s'est déclaré satisfait de l'application du « protocole de promotion du français aux Jeux olympiques de Beijing ". SOURCE : Chine Information
Le Blog Le Post raconte que pour assurer la présence de la langue française lors des prochains JO, l'OIF a nommé un "Grand Témoin de la Francophonie" : Jean-Pierre Raffarin, l'ancien Premier Ministre français, Le Baudet du Poitou, à qui il a fait signer "la convention pour la promotion de la langue française aux Jeux Olympiques de ...Beijing ".
En effet, Raffarin a concédé aux dirigeants chinois de faire apparaître le nom mandarin de leur capitale au détriment du nom français. On imagine Raffarin dans un remake du Bossu joué par Jean Marais : touchez ma bosse Monseigneur, O grand manitou de l'empire démocratique du milieu, comment puis-je me courber encore davantage pour vous être agréable en vous présentant les cadeaux et les regrets du Grand Réformateur de Rupture de Paris qui espère continuer à vous fourguer des Airbus et des Usines Nucléaires malgré les stupides incidents de rue du 7 avril ?
Et les prochains JO, ils auront lieu où ? A London !
29 avril 2008 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (3)
La catégorie "Langue française" de ce blog existe parce que son auteur (qui n'est qu'un vieux grincheux) s'énerve chaque fois qu'il lit ou entend sa langue maternelle écorchée, voire écrabouillée. Devant l'ampleur des dégâts, la tentation surgit parfois de baisser les bras. C'est ce que j'ai appelé la théorie du Pygmée : tant qu''aucun explorateur ne les avait découverts, ces humains ignoraient qu'ils étaient de taille anormalement petite, ils ne s'en rendirent compte que par comparaison avec les autres de l'extérieur. A l'inverse, nul ne se rendra plus compte de sa médiocrité en orthographe dès que l'ensemble de la population sera devenue médiocre. Seule la phase transitoire (nous sommes en plein dedans) est inconfortable, car des Français encore vivants, formés à l'ancienne, restent exigeants en la matière et osent ouvrir leur gueule pour dire leurs critiques. Mais inéluctablement un jour tous les Français dans la vie active seront des Pygmées de leur propre langue. Le test est réalisable grandeur nature dès aujourd'hui : demandez au plus nul en dictée d'une classe de corriger les autres copies : il y a des chances qu'il mette des B(bien) et des TB (Très Bien) partout, ou même qu'il ne comprenne pas ce qu'on attend de lui. Des visiteurs m'ont écrit en réaction sur ces Billets : "la règle est de faire comme on veut" et "l'essentiel est de se faire comprendre". En entreprise il n'est déjà plus possible d'engager un cadre ou ingénieur sachant écrire correctement. Entrer en 6ème en sachant écrire est devenu un des objectifs du ministre (il ne dit pas que ceux qui ne savent pas écrire seront refusés en 6ème), et le bac laisse passer par dizaines de milliers les handicapés de la langue française chaque année (ce n'est plus un critère capable de stopper une progression jusqu'aux plus hauts niveaux universitaires). Il s'agit donc d'un choix de société connu, conscient, clair.
Dans ce contexte se mettent en place des initiatives plus ou moins fantaisistes témoignant de ce qui est dans l'air du temps : accélérer la fin de l'orthographe. Avec cette différence saugrenue que l'orthographe dite "traditionnelle" serait remplacée par une ortograf altèrnativ nécessitant elle aussi un apprentissage sérieux : écrire n'importe comment -comme aujourd'hui déjà- selon le principe "républicain" de la Liberté n'est donc pas la solution ? On vient de me signaler l'une des plus cocasses de ces altèrnativ : http://www.ortograf.net/. Ces guignols annoncent avoir sorti le tout premier livre en ortograf altèrnativ : Le Petit Prince. Tout comme existe un moteur Internet pour traduire du français traditionnel en Ch'ti (lire Note du 11.04 sur le Ch'timisator), vous disposez d'un moteur où en copiant-collant un texte en "traditionnel" vous obtenez son équivalent en volapük intégré. C'est très chouette et à peine contraignant. Pour se faire comprendre des jeunes générations formées par nos professeurs des écoles, un petit effort est nécessaire. Cela vaut la peine. Sinon, vous creusez le fossé entre les générations.
| Français traditionnel | Vouasi votre tèkst an-n ortograf altèrnativ | |
J'ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement, jusqu'à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans. Quelque chose s'était cassé dans mon moteur. Et comme je n'avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile. C'était pour moi une question de vie ou de mort. J'avais à peine de l'eau à boire pour huit jours. Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J'étais bien plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m'a réveillé. Elle disait - S'il vous plaît... dessine-moi un mouton ! J'ai sauté sur mes pieds comme si j'avais été frappé par la foudre. J'ai bien frotté mes yeux. J'ai bien regardé. Et j'ai vu un petit bonhomme tout à fait extraordinaire qui me considérait gravement. Voilà le meilleur portrait que, plus tard, j'ai réussi à faire de lui. |
J ' é insi véku sel , san pèrsone avèk ki parlé véritableman , jusk ' a une pane dan le dézèr du Sahara , il y a si-z anx . Kèlk choz s ' étè kasé dan mon moter . é kom je n ' avè avèk moua ni mékanisyin , ni pasajéx , je me préparè a essa y er de réusir , tou sel , une réparasyon difisil . S ' étè pour moua une kèstyon de vi ou de mor . J ' avè a pèn de l ' o a bouar pour uit jourx . Le premyé souar je me sui donk andormi sur le sabl a mil milx de tout tèr abité . J ' étè byin plus izolé k ' un nofrajé sur un rado o milyeu de l ' oséan . Alor vou-z imajiné ma surpriz , o levé du jour , kan une drol de petit voua m ' a révéyé . èl dizè - S ' il voux plè ... dèsine - moua un mouton ! |
24 avril 2008 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (23)
Taisez-vous El Kabbach... ou alors mettez-vous enfin à respecter la langue française, vous n'êtes plus à Bab el Oued. Ce faisant, vous donnerez l'exemple à vos journalistes, et certains ont grand besoin de rectifier leur prononciation défectueuse (surtout dans le domaine des liaisons). Entendu encore ce matin l'incorrigible El Kabbach démontrer son talent de pseudo meilleur intervieweur de France et signale pour la treizième fois (la 12ème était dans ma Note du 26.03) à ce monsieur qui est directeur général de la station Europe1, que les mots "jeux olympiques" doivent correctement se prononcer "jeux Z olympiques" avec un beau Z comme dans Zorro au milieu. Je lui ai douze fois suggéré (par ce blog mais surtout par des envois mail + papier) la formule mnémotechnique... rien à faire, ça ne rentre pas dans la caboche d'El Kabbach : si vous avez une petite-fille née il y a 24 mois environ, on dit qu'elle est âgée de ... ? Qu'elle a l'âge de... ? Qu'elle a "deux Z ans" ! Et pas "deux // ans". Même elle, la petite fille, Monsieur El Kabbach, elle ne prononcera pas "deux // ans" mais "deux Z ans", ce p'tit bout d'zan (même chose pour "32 ans", vous pouvez vérifier avec une grande fille de 32 ans). Alors pourquoi vous obstinez-vous ? Pour montrer que vous z'en avez rien à secouer les leçons d'un vieux grincheux ? Quel orgueil mal placé ! Comment voulez-vous après un tel exemple venu d'en haut que les jeunes de la rédaction (même des diplômés de sciences po comme madame Wendy Bouchard) soient sensibilisés à la beauté de causer correctement dans le poste pour les chers Z auditeurs ?
09 avril 2008 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (14)
" La maîtrise de la langue française facilite beaucoup la recherche et l’obtention d’un emploi, facteur essentiel d’intégration, ainsi que d’autres démarches indispensables à la vie sociale au premier rang desquelles la recherche d’un logement. Elle peut favoriser, dans certains cas, l’égalité entre les hommes et les femmes. Composante essentielle de l’identité nationale et vecteur d’adhésion et de participation, le français, langue de la République, est associé, dans notre culture, aux valeurs fondatrices de celle-ci, parmi lesquelles la liberté et l’égalité. La connaissance même de ces valeurs est gage d’intégration. Le présent projet de loi vise à permettre aux étrangers membres de famille de mieux réussir ce parcours en le préparant dès avant leur venue en France. À cette fin, le projet de loi
prévoit que le membre de famille qui demande à rejoindre la France bénéficie dans son pays de résidence ou, s’agissant d’un conjoint de français, dans celui où il sollicite le visa, d’une évaluation de son degré de connaissance de la langue et des valeurs de la République." (projet de loi relatif à l'immigration présenté par Brice Hortefeux le 9 juillet 2007)
Certains ont pu ricaner ou même protester contre ce projet sur la condition de maîtriser la langue avant d'immigrer (bien que de grandes démocraties comme le Canada l'appliquent depuis longtemps sans provoquer de révoltes internationales ni la révulsion de Mme Royal)... mais prenez le cas de ce Monsieur Bibi, que l'on a laissé installer en France un cabinet conseil en voyance extralucide sans vérifier au préalable son degré de maîtrise du français : en dépit de ses dons héréditerres, et bien que ceux-ci soient reconnus fisyquement par ses paires (paires de quoi ?), voilà un brave prestataire venu d'Afrique, présentement présent pour nous aider à réussir dans les affaires (y compris dans l'épicerie, précise-t-il, visant avec cette indication le créneau très juteux des enseignes "chez l'Arabe du coin", ouvertes jour et nuit en bas de l'immeuble), qui est capable d'opérer pour nous une dézintoxication de l'alcol (j'en ai grand besoin), de la drog, de la télé (star academy, qui veut gagner des millions,...) et même de la console de jeu PS2 ! Monsieur Bibi débloque tout ce qui bloque : carte sim, serrure... il soigne les chut de chevaux (à ne pas confondre avec les chutes de cheveux qui privent la victime de la coiffure en queue de cheval). Bibi se présente comme un grand spécialiste des pwoblèmes sentimentaux (savoir faire passer ainsi son accent dans l'orthographe est un vrai don du ciel), et sait provoquer la resurection de la personne perdue (même en mer). Toujours dans le domaine sentimental, notre ami Bibi est un expert en circonsition, excition, dépucelage et repucelage (les mères de gamines dévergondées apprécieront) :" je répare tous ces pwoblèmes "... on croit l'entendre parler, c'est charmant. Je me demande si les immigrés asiatiques sauraient écrire les menus de leurs restaurants en prenant l'accent ! Même en plissant fort les yeux, moi je n'y parviens pas : "rouleaux de printemps, poulet chop suey, riz cantonnais"... Monsieur Bibi reçoit sans ordonnance (j'imagine la tête de mon médecin traitant si je lui demande une ordonannce pour une consultation de dézintoxication de la console PS2 pour non neveu Brice ou un repucelage de ma tante Janine) sur simple appel au 08 11 73 36 31. Comme dit Jack Lang avec des trémolos dans la voix : l'immigration est une richesse pour notre pays.
SUIVI, 30.03.2008 - - Jusqu'au commentaire de Porcoleader, j'ignorais si le prospectus de M. Bibi était un faux, un canular, mais je sais maintenant qu'il existe un site assez complet qui se présente comme représentatif de l'Institut International des Marabouts Associés, dont M. Bibi est l'un des adhérents présentés (avec ce prospectus). Ce site entier est-il un canular monté pour ridiculiser les marabouts ? A sa lecture, c'est probable. Pour preuve ce conseil placardé dans la rubrique Compétence : A la question - capitale et récurrente - " Votre belle-mère vous gonfle ? ", l'Institut des marabouts répond (orthographe respectée) répond :
" Votre belle mère vous gonfle, je vous comprend. Nous sommes tous passés par là. Certains y ont restés, d’autres ont résolus le problème. Les marabouts, voyants, tireurs de tarots et autres devins peuvent ils faire quelque chose pour vous ? Vous avez bien la possiblité d’abandonner votre belle mère dans la neige en pleine montagne pendant vos vacances de ski, mais pensez aux risques... Vous pouvez l’envoyer dans un maison de retraite des Karpathes, mais ça fait mauvais effet... Les marabouts, voyants, tireurs de tarots et autres devins peuvent vous aider. Selon votre choix, par exemple ils peuvent faire en sorte qu’elle tombe amoureuse de la mongolie et parte s’y installer ou la faire succomber à une mauvaise fièvre pendant les vacances que vous lui avez offert au Congo. Tout est possible en fonction du prix que vous attachez au fait d’en être débarrassé. En toute discrétion. "
En progressant dans la visite du site des Marabouts, je tombe sur l'avertissement ci-dessous, en bas d'écran ; je profite donc des derniers instants sur Terre qui me restent pour vous adresser mes adieux, merci les amis pour votre fidélité :
" Tout copieur même de bonne foi verra se concentrer sur lui les malédictions de tous les marabouts membres. A ce jour aucun copieur n'en a réchappé, tous en sont morts dans d'horribles souffrances et ont été dirigés directement vers l'enfer comme nous avons pu le constater. Leurs familles se sont retrouvées à la rue et leurs femmes obligées de se prostituer pour nourrir leurs enfants. "
En conclusion : Marabout, bout de ficelle, selle de cheval, cheval de course, course à pied, pied de cochon, cochon de ferme, ferme ta gueule.
L'un des bureaux de l'Institut International des Marabouts Associés est implanté au Sénégal, haut lieu maraboutesque. Cela me rappelle cette chanson loufoque en 1971 d'un groupe qui s'appelle Martin Circus (son site web ici) : Je m'éclate au Sénégal - si vous l'écoutez, vous saurez apprécier quand ils disent "je vais me faire des tas de copines, de cheval" ...c'est fin, ça s'écoute sans faim -->
29 mars 2008 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (6)
À l'origine, le boycott est le choix de ne pas acheter des produits dont les conditions de production ne sont pas jugées justes. L'origine du terme vient du nom de Charles Cunningham Boycott (1832-1897), riche propriétaire terrien de l'Irlande de l'ouest durant le XIXème siècle qui traitait mal ses fermiers et subit un blocus de leur part. Le mot boycottage fit son entrée en France en 1881, puis est devenu boycott récemment, comme dans le reste du monde francophone, à cause de la redondance du suffixe. De très nombreux boycotts ont été appliqués dans l'histoire et ont eu parfois des conséquences très importantes. Les appels aux boycotts ne sont pas seulement des diminutions de vente, c'est l'attaque de ce qui est le plus important pour les entreprises, leur image de marque.
SOURCE : Wikipedia.
25 mars 2008 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (2)
Il y a des milliers de mots et d'expressions qui sont faciles à traduire du français vers l'anglais. Parlez-en à notre ami Harrap's, il vous le confirmera. Mais curieusement, les insultes et jurons sont les plus sujets à interprétations, circonlocutions et hésitations. Prenons un mot court et net que nous entendons plusieurs fois par jour (naturellement ce sont les autres qui le prononcent) : le mot CON. Il mérite d'être délabyrinthé, celui-là. Comment la presse en langue anglaise rapporte-t-elle l'accrochage verbal entre le président Sarko et un citoyen inconnu présumé de gauche au Salon de l'Agriculture samedi 23.02 ? Il faut quand même rappeler l'échange en VO :
- Electeur sectaire de gauche à qui le Président tend la main : " Touche-moi pas, tu me salis "
- Président de tous les Français Nicolas Sarkozy : " Casse-toi, alors, pauvre con, va "
Propositions de traduction (de la réponse présidentielle) par plusieurs médias de langue anglaise :
- ''Then get out of here, you total jerk"
- "''you total a....hole"
- "Get lost, then"
- "Get lost, you stupid bastard"
- "Get lost, dumb ass"
- "Get lost then you bloody idiot, just get lost!"
- “P*** off, stupid sod"
- “Get lost, silly b*****”."
- "Go away, you bloody idiot,"
Rien de tout cela ne restitue le CON dans sa plénitude et sa beauté. Comment définir le mot CON ? Il me semble que c'est le chansonnier-caricaturiste Léo Campion (1905-1992) qui avait proposé la définition suivante : "Imbécile qui n'a de cet organe ni la profondeur ni la saveur". Car il faut en revenir aux fondamentaux (passez-moi l'expression, elle m'a échappé) : le con est d'abord un organe, et pas des plus antipathiques je dois dire. Le tchiot Robert (parler picard/ch'ti est devenu tendance) nous le confirme : Con = sexe, pubis de la femme (voir aussi vagin, vulve, chatte). Citation du tchiot Bébert : "Ces cons rasés font un drôle d'effet" (Gustave Flaubert). Du latin cunnus, que l'on retrouve dans cette pratique de gourmet qu'est le cunnilingus (étymologie : lécher le con avec la langue). D'où il apparaît que ceux qui traduisent par "ass" (cul) sont à la fois fort éloignés du sens original ... et très proches.
Bien sûr l'anecdote est archi-connue, mais c'est le moment de la savourer à nouveau : un jour le général de Gaulle est en voiture, roulant sur une avenue, les passagers sont silencieux et ragardent à droite et à gauche du véhicule, tous lisent à un moment une large inscription sur un mur... "mort aux cons" y était-il écrit. Les témoins affirment avoir entendu le général murmurer : "vaste programme !"
25 février 2008 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (1)
Après un an de réflexion, de travail acharné, de consultations et réunions interminables impliquant plusieurs dizaines de collaborateurs du Ministère de l'Education, la décision vient de tomber : elle consiste à mettre en application le conseil que j'ai délivré ici il y a exactement un an. Dans ma Note du 9 février 2007, je donnais aux spécialistes de l'Education intéressés par mon offre le montant de mes honoraires et mon délai de livraison en ces termes : " un coût réduit : 10 minutes, une bonne bière à la brasserie du coin (2,85 €). " Comme ce sont des spécialistes, des experts, des hauts fonctionnaires, ils ont préféré justifier leur fonction et passer 12 mois de plus (autant de perdu pour les élèves), gaspiller un énorme budget pour finalement dévoiler que leur programme de réforme ressemble comme deux gouttes d'eau à celui d'un Grincheux (qui n'a pas eu sa bière pour autant).Voici ci-dessous mon Billet du 9 février 2007
On se demande pourquoi : 1/ Il a fallu attendre 2007 pour dénoncer le problème. 2/ il faut des commissions de spécialistes pour parvenir à l'analyser. Le ministère m'aurait consulté il y a 5 ou 10 ans déjà, j'aurais livré un compte-rendu d'un contenu comparable, sans toutefois la finesse du comparatif 'CM2 vs Seconde', mais en moins de temps, et à un coût réduit : 10 minutes, une bonne bière à la brasserie du coin (2,85 €).
Mon diagnostic et ma recommandation d'il y a 5 ou 10 ans, en résumé (je signale que je n'ai rien à voir avec l'enseignement, ni de près ni de loin, ni aucune formation littéraire) :
1/c'est une dégringolade évidente, incontestable, indiscutable, vérifiable chaque jour 100 000 fois en écoles et en entreprises.
2/ Pour rectifier le tir, il faut et il suffit de reprendre la méthode d'enseignement de la période antérieure aux années soixante-dix, puisqu'elle avait fait ses preuves sur des dizaines de millions de Français, Aucun investissement, aucune créativité, c'est comme monter au grenier dénicher des outils anciens mis au rebut. A l'ancienne, il faut et il suffit, de sanctionner (enlever des points aux copies), car si des étudiants parviennent au bac, puis à des niveaux de bac +2, +3, +4 en continuant à omettre les accents, accords de participe passé et à écrire la préposition "sans" sous toutes les formes possibles, telles que "s'en", "sen", 'san"(exemple réel issu des observations des enseignants)... c'est pour une raison simple : on a autorisé les élèves jusque là à franchir les étapes, les classes malgré une orthographe déplorable. Ce fut une décision concertée, organisée. Car il est vrai, que dans l'esprit de nombreux enseignants, sanctionner l'orthographe est comme une atteinte aux libertés individuelles de la personne-élève - si chèrement acquises en 1968.
21 février 2008 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (5)
Chez Europe1, on désigne, pour donner les nouvelles toutes les heures, des personnes qui ne sont pas qualifiées pour parler correctement français. C'est gênant à la radio. La plus représentative dans cette catégorie de personnel est nommée Wendy Bouchard, qui est de permanence surtout les fins de semaine. Début janvier, Wendy Bouchard nous annonce de "belles" soldes. Quand elle va à la Société Générale, elle demande probablement la solde de son compte à un collègue de Jérôme Kerviel. Le 2 février à 10 heures, Wendy, bardée de son diplôme (de journaliste ?), nous annonce que "un millier de soldats français est engagé au Tchad". Avec cette approche incorrecte (appliquer bêtement une pseudo-règle prétendant que le verbe s'accorde toujours avec le sujet), l'employeur de Wendy Bouchard va un de ces jours comprendre pourquoi "un grand nombre d'auditeur déçu, fidèle depuis les années soixante, s'est tourné vers RTL ou France Inter, désespéré d'entendre jour après jour sa radio favorite se dégrader." Car viendra un jour où "la plupart des auditeurs de la maison de la rue François-1er sera tellement déçue qu'elle abandonnera l'écoute définitivement" (oui, Wendy : "la plupart" est féminin singulier et c'est le sujet du verbe... qui s'accorde avec celui-ci, selon vous ?)
SUIVI, 06.02.08 -- Il n''y a pas grand chose à attendre du directeur de la station Europe1 JP El Kabbach pour encourager ses troupes à causer plus correctement dans le poste, lui que je viens d'entendre dire au lendemain du Super Mardi des élections US, que la France saluerait comme il se doit "le ou la vainqueur" de la finale. La vainqueur ? Mais si c'est Obama, Monsieur El Kabbach, vous annoncerez qu'un nouveau recru arrive à la Maison Blanche ? Et d'ailleurs, dans ce cas, oserez-vous dire "blanche", est-ce bien politiquement correct ?
SUIVI, 16.02.08 -- Dans un commentaire (lire), un collègue de Mlle Bouchard nous traite de rigolos en nous apprenant que Mlle Bouchard est diplômée de sciences po... comme si ce genre de diplôme pouvait expliquer ses lacunes en français ! Lui aussi c'est un rigolo. Il nous dit qu'il n'est pas facile de parler dans un micro. Certainement. Cependant, il ne s'agit pas de parler, mais d'écrire, puis lire au micro ce que l'on a écrit. il se passe environ 57 minutes si je calcule bien entre deux apparitions au micro de Mlle Bouchard pour lire ses news : dans les 57 minutes elle prend le temps de les rédiger, puis les relire, par conséquent des fautes de français courantes comme nous en faisons tous quand nous ne lisons pas un papier deviennent bien moins admissibles. Et puis zut ! Si l'on a encore le droit de dire que pour présenter les infos sur Europe1 il faut écrire correctement le français, je le dis. Et pour être livreur de Pizza il faut être habile en pilotage de vélomoteur.
Vous remarquerez que Mlle Wendy Bouchard elle-même nous a écrit un commentaire. Mais ni elle ni son collègue ne reconnaissent les fautes. Au lieu de cela, Mlle Bouchard nous toise de très haut : " Quant à ma non qualification, je vous demanderai juste un peu de respect, ne connaissant pas mon parcours." Elle ne respecte pas notre langue, mais elle demande le respect pour elle-même. Quant au respect de l'auditeur, on voit dans cet échange qu'il n'existe pas. Parce que d'après elle, il ne faut pas la juger sur ce qu'elle dit dans le micro, mais sur son parcours ? Ce ne serait pas de l'arrogance, ça ? Supposons, je suis garagiste et un client revient, prétendant que je ne suis pas qualifié, puisque sa roue, que j'avais changée, s'est dévissée en route au bout de 10 Km, par exemple... voici ma réponse à ce petit monsieur : "je vous demanderai juste un peu de respect, vous ne connaissez pas son parcours !" C'est une nouvelle manière de jauger les professionnels : pas sur ce qu'ils font, mais sur leur parcours. Celui de Wendy Bouchard, c'est d'avoir fait Sciences Po... alors...
SUIVI, 20.02.08 -- Vers 06h10 une reporter lit un sujet qu'elle a écrit sur le bruit au travail (cas de surdité en progression) et termine son papier par un exemple dans les bureaux, où selon cette personne, dans les Centres d'Appels, certains employés travaillant au casque-micro " sont souvent obligés de monter le son des écouteurs pour se faire entendre ". Encore une journaliste qualifiée ! Chez Europe1, elle devrait être bien placée pour comprendre que c'est le niveau du micro qu'il faut monter pour se faire entendre.
02 février 2008 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (28)
Les journalistes de radio-TV sont indécrottables.
Comme je le rappelle tous les six mois à ces pauvres illettrés (néanmoins bacheliers, c'est désormais très compatible), le mot SOLDE désignant des rabais est MASCULIN. En revanche les soldats reçoivent une solde mensuelle. Comme un banquier solde un compte (le solde est ce qui reste), un commerçant solde son stock d'invendus : le solde d'hiver, le solde d'été - je mets intentionnellement au singulier puisqu'au pluriel on ne sent pas la différence : "les" (filles) = "les" (garçons). Est-ce que par exemple la pseudo-journaliste Wendy Bouchard qui sévit sur Europe1 appelle son banquier pour lui demander LA SOLDE de son compte ? C'est peu probable. Mais c'est elle qui annonce au micro dimanche 6 janvier à 12h que cette saison nous allons avoir DE BELLES SOLDES à partir de mercredi 9. Chaque semestre (croyez-moi je le fais vraiment) j'envoie une lettre aux rédactions de RTL, Europe1, TF1, FR2, France Inter pour leur indiquer 48h à l'avance la règle "une solde de militaire" / "un solde de commerçant"... et cela depuis trois ans bientôt que je tiens ce maudit blog, soit déjà une demi-douzaine de fois... sans résultat. Ils sont indécrottables, d'une ignorance crasse, vous dis-je.
06 janvier 2008 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (4)
Cette semaine j'ai bien rigolé en lisant le Commentaire déposé par Mandy sous ma Note Lettre au colonel Kadhafi. Mandy dit :
" pourquoi ai-je l'impression que toutes les fois que la lettre parle du mode de vie bédouin, il y a des connotations très péjoratives ? (voire méprisantes) mais peut-etre ai-je mal saisi, tout simplement... "
Ma réponse est que le virus du Politiquement Correct a atteint le cerveau de Mandy et le ronge à l'insu de son plein gré. Quand on est atteint du Politiquement Correct, on ne peut plus lire un mot comme "bédouin" ou "noir" ou "cité" sans y déceler une intention péjorative de l'auteur. Les enseignants racontent que dans les classes situées dans des "cités", ils ne peuvent plus employer "cité" dans une expression comme "avoir droit de cité" sans déclencher les protestations véhémentes de la moitié de la classe hurlant que dans la cité c'est les flics qui ont tous les droits et se croient tout permis.
Georges Lebouc est l'auteur du livre "Parlez-vous politiquement correct ?" (Ed. Racine). Il fait remarquer dans Libération du 10.12.07 que "quand une institutrice se fait villipender lors d'une inspection parce qu'elle parle du tableau noir, et que le mot noir devient à lui seul un tabou, c'est de la pure folie."
Mandy : faites attention ! Il est encore temps de réagir, ce mal est ravageur...
Mouammar el-Kadhafi, de la tribu des Kadhafa, ne cache pas ses origines bédouines, il en est fier. Mais moi je n'aurais pas le droit d'écrire "bédouin" à côté du nom "Kadhafi" sans être taxé de mépris à son égard ? Comprenez le problème : Kadhafi vient avec une tente de bédouin, mais écrire "bédouin" en critiquant Kadhafi devient insultant. Au fait, pourquoi n'aurait-on pas le droit (ou même le devoir ?) d'insulter Kadhafi ? Mandy, vous admirez/vénérez/respectez/idolâtrez Kadhafi ?
Cernés, épiés, traqués, sermonés par les ayatollahs du langage politiquement correct, allons-nous obliger les instits à envoyer un élève écrire au tableau dont la teinte est caractérisée par l'absence complète de couleurs (pour remplacer un mot de 4 lettres) ...et là encore, attention à la connotation "homme de couleur" !... Aurais-je dû écrire que le colonel Kadhafi recevait à Paris sous une tente typique des nomades de culture arabe vivant dans des régions désertiques du Moyen-Orient où ils pratiquent l'élevage des caprins, des ovins et des camélidés ? (pour remplacer un mot de 7 lettres).. et comment dire "broyer du noir" ou - le plus grave de tous : "avoir peur du noir" ? Admettez que "avoir peur du black" et "broyer du black" seraient bien pires !
SUIVI : Dans les Commentaires ci-dessous, un visiteur habitué nommé El Gringo ajoute (perfidement) que, pire encore qu'une tentative d'adoucissement en anglais, serait la version en espagnol : broyer du negro.
15 décembre 2007 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (3)
Parfois je suis désespéré de constater le fossé d'incompréhension qui me sépare de certains visiteurs. Je voudrais dialoguer, continuer à échanger quand ils me laissent un commentaire intéressant, mais je ne peux pas, parce que souvent je ne les comprends pas. Ainsi ce commentaire reçu de Nassim sur une Note ancienne où il était question de l'Algérie qui posait ses conditions à la France. Nassim m'écrit le 12.10, je reproduis son commentaire intégralement :
vous etes des masacre d'algerie pa tt le monde
Pourtant, il y a des personnes issues de familles algériennes qui parlent bien français, et savent même y mettre toutes les nuances. Prenez la secrétaire d'état Fadela Amara, par exemple. Je suggère à Nassim d'en prendre de la graine. Un mot appris aujourd'hui, un autre mot demain... au bout d'un an on s'est fait un bagage de près de 400 mots, en deux ans 800 mots, c'est déjà au-dessus de la moyenne. Si Nassim m'avait écrit "je trouve ça dégueulasse", simplement, un début de discussion aurait pu s'établir. C'était clair, net, et à peine une bavure quand c'est dit par une ministre. Voilà pourquoi le gouvernement a raison de prévoir de prier les immigrants de parler français pour entrer chez nous : je ne peux pas participer à l'intégration de quelqu'un comme Nassim qui s'adresse à moi, Français de souche de feuillage et de branchage, en me disant "vous etes des masacre d'algerie pa tt le monde". Désolé.
13 octobre 2007 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (0)
Je viens de me surprendre à me demander pendant trois secondes et demi si le titre principal du Figaro du 22 août 07 est vraiment correct : et j'en ai eu honte, parce qu'au cours du demi-siècle ayant précédé ma modeste (beaucoup m'écrivent : "médiocre") participation au phénomène des blogs, jamais, au grand JAMAIS je n'aurais eu une fraction de seconde d'hésitation sur le point de langue française dont je viens reparler.
Le Figaro du 7-09-2006 titrait en Une : "Un tiers des parents contourne la carte scolaire" Et là c'est une faute
Après avoir mis en ligne quelques Notes sur les erreurs, de plus en plus courantes, commises par la Presse écrite et radio-TV sur l'accord SUJET - VERBE, ou NOM - ADJECTIF, parmi les commentaires reçus certains furent alors très péremptoires (voire sévères, plus un ou deux franchement sarcastiques) pour affirmer qu'une seule règle existe et reste indiscutable - selon eux : le verbe (ou le qualificatif) s'accorde avec le sujet (ou le nom) ... un lecteur m'a écrit (message non publié dans 'Commentaires' parce qu'arrivé dans ma messagerie Hotmail) qu'il me plaignait d'ignorer encore cette règle à mon âge, alors que sa gamine de 10 ans la maîtrise déjà, et même que cette dernière a bien rigolé en lisant ma stupide Note ! La vie de blogueur m'a appris que les plus ignorants sont souvent les plus virulents dans l'affirmation de leurs croyances. Une autre école de pensée s'était aussi dessinée, et ce fut fascinant à lire, pour affirmer que l'on fait ce que l'on veut, qu'il faut laisser la langue française vivre sa vie...des cancres sans doute, ayant trouvé ce beau prétexte d'allure libertaire pour masquer leurs lacunes (ça me rappelle l'observation qu'apposait de temps à autre dans mon lycée sur une copie médiocre un professeur facétieux : "Des lacunes dans l'ignorance").
Le Figaro du 22-8 titrait simplement, benoîtement : " Une centaine de prédateurs sexuels libérés chaque année " ... ce qui est tout à fait correct, mais devrait chagriner la cohorte des adeptes du "verbe toujours accordé avec le sujet". Il y a encore un an, je ne me serais pas arrêté pour relire ce titre : faut croire que les ignorants de la blogosphère ont réussi à commencer à me véroler la cervelle. Je leur signale que UNE CENTAINE est au singulier-féminin, et LIBERES au pluriel-masculin -ce qui constituerait un double désaccord- et que c'est comme avoir écrit "une centaine de prédateurs sexuels SONT libérés chaque année" (pas EST LIBEREE).
Pire ou mieux encore, Je viens de découvrir, signée par la grand
e agence Euro RSCG au profit de la métropole de Nantes, une campagne de publicité qui, elle aussi, s'affranchit (encore davantage) de cette prétendue règle intangible de l'accord, en écrivant dans son sous-titre "C'est avec des gens comme eux qu'on devient fous (de Nantes Métropole)". On est le sujet singulier, devient est le verbe singulier et fous est le mot .. pluriel qui en résulte ! Allez comprendre, les cancres !
30 août 2007 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (4)
Parfois mon cerveau se met à divaguer ... si toutefois j'en possède un. Car il paraît, selon une information trouvée dans le blog de LENONCE, qu'on a récemment examiné à Marseille un individu d'une quarantaine d'années, marié, père de famille, équipé d'un cerveau quasiment inexistant, indétectable aux instruments. Pourtant, rapporte la presse, cet homme vit normalement, "il socialise" même, comprenez : raconte des galéjades au bistrot, commente les émissions d'hier sur TF1 avec ses collègues devant la machine à café. LENONCE a la bonté de nous donner une précision capitale : cet homme exerce un emploi de fonctionnaire. J'ai posé à LENONCE l'autre question capitale : est-il supporter de l'OM ?
Le mien, de cerveau, (si j'en possède un morceau) m'a entraîné ce matin dans une divagation étrange, à la Raymond Devos, qui a démarré avec le mot CAGNARD employé dans la Note ci-dessous sur le Tour de France. Qu'est-ce qu'on apprend en creusant dans le web ? Que CAGNARD (soleil chaud) viendrait de chien/chienne tout comme le mot CANICULE qui signifiait "temps de chien" pour les Romains. Et là, c'est parti en vrille : chienne en chaleur, cagnard, canicule, quel temps de chien, hot dog, chien de fusil, tirer un coup, chienne en chaleur, etc. Je vais demander à LENONCE de bien vouloir m'inscrire pour une consultation à l'hôpital de la Timone de Marseille, où l'autre écervelé vient d'être examiné. Il y a longtemps que je ne suis pas allé me faire voler mon PDA dans ma poche à Marseille en pleine rue par des ... 'jeunes'. C'était il y a deux ans ; changer de PDA tous les deux ans c'est le bon rythme, avec les évolutions technologiques.
23 juillet 2007 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (1)
L'ignorance de l'orthographe amplifie de mois en mois ses ravages sur les sites web. Et même sur les sites parmi les plus fréquentés, car nous ne parlons pas des blogs, où l'orthographe est carrément saccagé... à se demander même quelle part de provocation anti-conformiste (absurde) participe à ce désastre. Les exemples sont beaucoup trop nombreux. Prenons celui-ci vu le 21.07.2007 sur le portail L'Internaute. Difficile d'y détecter une quelconque espèce de logique qui pourrait passer pour une pauvre justification, mis à part peut-être ce "pleins d'idées"... accorder au pluriel "plein" à "idées" part d'un bon sentiment, on y décèle une forme d'intelligence humaine au travail, et cela réchauffe le coeur des plus désespérés. Pourquoi le clavier de l'auteur a-t-il pu trouver le "é" de "personnalisée", puis juste après pas le "à", qui pourtant est super fastoche puisque faisant touche commune avec le célébrissime "@" ?
Une petite heure plus tôt j'ai pu ouïr dans le JT de FR2 : " Une vingtaine de randonneurs a trouvé refuge ... ". Vous qui êtes peut-être enseignant, et portez la responsabilité d'avoir fautivement enseigné aux récentes générations d'élèves que la règle du verbe s'accordant avec son sujet est une, unique, immuable, sans exceptions ni nuances, diriez-vous (par conséquent) : " une vingtaine d'élèves s'est mise à hurler dans ma classe " ? Si vous enseignez que le verbe s'accorde TOUJOURS, je trouve qu'ils ont bien fait de vous huer, vos élèves. Puis cette vingtaine d'élèves s'est levée comme un seul homme (ça s'impose), offusquée par tant de médiocrité pédagogique, hurlant que ses parents seraient fâchés de payer tous ces impôts pour ça, elle s'est dirigée vers la porte et dispersée dans la cour de récréation. Son porte-parole expliqua plus tard au proviseur, avec un clin d'oeil : "nous avons dans cet établissement une douzaine de profs qui est incompétente".
SUIVI : "UNE ORTHOGRAPHE" ! Donc "l'orthographe est carrément saccagée" (ligne 2) est non pas "saccagé" comme je l'ai écrit. OUH le Grincheux ! Et aussi OUH aux lecteurs qui m'envoient assidûment des critiques venimeuses à tout propos et ont magnifiquement raté cette occasion de me décocher une autre flêche empoisonnée, cette fois vraiment méritée. Ce n'est que le 15.08.07 soit 3 semaines après la rédaction (et tout seul comme un grand) que j'ai détecté cette bévue me ridiculisant doublement (le sujet étant l'orthographe). Comme personne ne l'a vue, j'aurais pu la rectifier en douce ...
21 juillet 2007 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (5)
Il paraît que l'UMP Devedjian a qualifié une candidate de l'opposition de "salope" devant une caméra
cachée. Voilà encore un bel exemple d'inégalité homme-femme. Si cette dame MoDem avait été un monsieur, Devedjian aurait dit "ce salaud" au lieu de "cette salope", car il n'y a pas à tortiller, le masculin de 'salope' c'est 'salaud". Vous serez d'accord pour admettre qu'un adversaire politique qualifié de 'salaud' cela n'a aucune espèce de gravité. Pas de quoi fouetter un chat. Personne n'en aurait même entendu parler. Alors c'est injuste, mais c'est ainsi. Nous voyons tous bien ce qu'est 'une salope' (et j'en entends certains penser qu'ils se mettraient bien au lit avec une bonne salope), et nous savons que ça, ce n'est pas ce que Devedjian a voulu dire. Peut-on proposer aux 40 Immortels de s'attaquer à cette question quand ils seront arrivés à la lettre S ? Ou lancer une consultation dans le public pour donner un féminin décent au mot 'salaud' ? "Les salauds vont en enfer" (1956) est un film de Robert Hossein sur un scénario de Frédéric Dard. Les salopes aussi y vont. Parce que Satan l'habite.
30 juin 2007 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
" Bonjour Monsieur le banquier, je voudrais connaître la solde de mon compte."
Aucun journaliste ne s'exprimerait de la sorte. Pourtant ils parlent deux fois par an des soldes des commerçants au féminin. Entendu ce matin à la radio : A cause du mauvais temps en mai-juin, les soldes seront belles cette année.
Le militaire reçoit sa solde, qui est sa rémunération. Le commerçant solde ses stocks, comme on solde un compte, en mettant en vente au rabais ses marchandises invendues. Ouverts ce 27 juin à 8h, les soldes d'été seront attractifs, gâce au mauvais temps que nous avons connu en mai-juin ... et les médias ajoutent une autre cause : les élections, mais là je comprends moins le rapport. Ce ne sont quand même pas les socialistes qui ont retourné leur veste qui ont fait chuter le nombre de vestes neuves vendues en mai ? Si ? Vous croyez ? Ils sont si nombreux ? Sur la Côte d'Opale, il se murmure que le sémillant Jack Lang, être exquis et coquet, qui devait s'acheter une nouvelle veste d'été de marque Francesco Smalto au magasin Syrios rue Faidherbe à Boulogne-sur-Mer, y a renoncé, préférant continuer à porter une veste rose de l'an dernier mais en la retournant (côté bleu).
27 juin 2007 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
1- "une trentaine de soldats est rassemblée..."
2- "un quart des Français ne part jamais en vacances".
3- "1,7 million de manifestants est attendu dans la rue"
4- "un tiers des parents contourne la carte scolaire"
5- "un tiers des jeunes filles de 18 à 24 ans a pris la pilule du lendemain "
(toutes ces phrases sont extraites de la presse et ont été citées, datées, sourcées dans ce blog)
Selon mon correspondant SEIKO, toutes les phrases précédentes sont en français correct (et le titre de cette Note aussi). Reçu en effet ce jour de Monsieur SEIKO, un commentaire sur une ancienne Note du 21 août 2006 m'assène le message courroucé suivant, où je comprends que je fais suer le monde et que j'écris n'importe quoi (un vent de tolérance et de respect souffle vraiment en ce moment sur la blogosphère). En matière de langue française, la philosophie de SEIKO est claire : "l'usage est de faire ce que l'on veut". A part ça, c'est moi qui dit n'importe quoi ? Voici donc le commentaire de SEIKO :
SUIVI : Bravo, belle moisson de commentaires à l'échelle de ce blog ! On constate que certaines personnes ne voient même pas en quoi les 5 exemples montrés au début pourraient poser interrogation, encore moins problème. C'est maintenant certain, le français a été enseigné différemment ces deux ou trois dernières décennies. Et pourquoi pas, allez-vous me dire ? Tout change (le civisme, le respect des personnes âgées dans les bus, l'informatique...) pourquoi pas la langue. Alors en conclusion, aux adeptes de nouveau français moderne, adeptes inflexibles (et souvent sentencieux) de la sacro-sainte règle du "verbe qui ne peut que s'accorder avec le sujet", je lance hardiment :
Bon nombre de Français est un ignorant.
16 mai 2007 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (12) | TrackBack (0)
Commentant les déclarations de MS Royal sur l'identité nationale, Olivier Besancenot s'est exclamé : “Cela me choque et ça me fait flipper. On a Nicolas Sarkozy qui court après Le Pen, si la gauche court après Nicolas Sarkozy, je vous laisse deviner qui va tirer les marrons du feu ? Ce sera Jean-Marie Le Pen.” L'excellent blog des correcteurs du journal Le Monde (recommandé par nous, ci-contre à gauche) rappelle que l'expression est empruntée à la fable de La Fontaine Le Singe et le Chat. A l’origine, on disait : tirer les marrons du feu avec la patte du chat. Depuis, la patte a été amputée, et le sens s’est insensiblement inversé. Dans la fable, le chat tire les marrons de la braise, et son compère le singe les croque. On voit donc qui est le bénéficiaire : ce n’est pas celui qui se brûle.
27 mars 2007 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Jouons à "qui a dit". J'offre un abonnement gratuit d'un an au blog de Loïc Le Meur (directeur de TypePad, hébergeur du présent blog, meilleur blogueur du monde ou presque - d'après les journalistes) à chaque gagnant. Compte tenu de la difficulté du jeu, je fournis un indice : il y a un seul auteur, et l'auteur n'est pas Béatrice Schönberg.
« Je suis fière de ce que nous avons fait et je suis fière de ce qui reste à faire »
« Je veux une France ouverte à tous ces jeunes : ouvrons-leur la porte car aujourd’hui la porte et les fenêtres leur sont fermées. Je veux une France qui ouvre ses bras à tous ses enfants, d’où qu’ils viennent, de quelque quartier ils habitent, quel que soit leur projet et cette France là y’a un immense chemin à parcourir pour que chacun s’y sente bien ».
« Je vais vous faire une confidence : de qui dépend que les choses ne changent pas ? De nous. Mais de qui dépend que les choses changent ? De nous aussi. Alors, avec vous et pour vous, les choses doivent changer, les choses vont changer en 2007.»
“J’accélère. J’accélère l’explication, je noue le pacte, je l’explique, je monte en puissance sur une cohérence et je vais au contact du plus grand nombre possible de citoyens.”
« Relevons tous ensemble le défi de la planète, les métiers de l’environnement prépare(sic) le futur. »
11 mars 2007 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (9) | TrackBack (0)
Jeudi 8.03.07, Journée de la Femme. Pour illustrer cette célébration annuelle, France Info consacre un reportage à une femme qui entraîne une équipe de rugby masculine. Selon la journaliste de France Info, cette femme est "un entraîneur", pas autre chose, et la dame concernée emploie le même terme, l'affreux mot machiste, alors que l'occasion est si belle de féminiser ce nom de métier, comme dans une serveuse, une chercheuse et -plus hardi- comme les féministes l'ont fait pour une auteure, une écrivaine... Etre nos égales en s'appropriant leurs propres noms de métiers, elles le voudraient bien, mais elles n'osent pas aller jusqu'au bout.
Les journalistes qui jacassent sur les antennes (en ce moment sur Europe1 je les entends, jeudi 08.03.07 vers 19h30) sur cette chose intolérable selon eux, qui est que Mme Royal continue à être commentée et critiquée en tant que femme et non comme un candidat lambda, occultent totalement que c'est Mme Royal elle-même qui alimente, oriente son discours sur sa "féminitude", en use pour souligner sa différence ! Ces mots-mêmes "regardez la différence, cela se voit" pour se démarquer de Fabius et DSK, elle les a prononcés à l'issue de leurs pseudo "débats" de novembre 06 ! Pas plus tard qu'hier, qui l'a obligée à parler de "Liberté, Egalité, Sororité" ? Dans l'émission de TF1 "j'ai une question..." qui l'a forcée à prendre ces postures d'assistance sociale, d'infirmière ? Et son permanent ton d'institutrice, je l'ai rêvé, je suis le seul à l'avoir remarqué ?
08 mars 2007 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
" Un débat est une discussion (constructive) sur un sujet, précis ou de fond, annoncé à l'avance, à laquelle prennent part des individus ayant des avis, idées, réflexions ou opinions divergentes pour le sujet considéré." Source : wikipédia.
C'est à la fin de l'année 2006 que le Parti Socialiste fut obligé de créer l'expression pléonasmique de "débat participatif" afin de distinguer de ce qu'il avait produit à cette même période dans le processus de sélection de son candidat à la présidence, entre MS Royal, L Fabius et D Strauss-Kahn, tous trois se présentant alors dans un monologue devant les adhérents, côte à côte, devant un interlocuteur, sans jamais s'adresser la parole entre eux ("débattre") ni même se regarder. Le PS avait abusivement nommé cette prestation des "débats", terme repris servilement par l'ensemble de la presse sans aucun esprit critique. On se rappelle que le directeur d'Europe1 Jean-Pierre Elkabbach, ex-meilleur intervieweur de France aujourd'hui retombé au niveau de journaliste débutant, avait dit et répété à l'antenne que les "débats" avaient bien eu lieu et même qu'ils étaient de qualité ! (Voir notre Note).
18 février 2007 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Toute la presse de la semaine du 05.02.2007 a repris cette information. La spectaculaire dégringolade de l'orthographe fait l'objet, depuis sa création en mai 2005, d'un des chapitres permanents du Blog d'un Grincheux Grave. Lire Archives "Langue française". Voir aussi, juste la semaine précédente, l'accablante prestation orthographique de la députée UMP des Pyrénées-Orientales Arlette Franco (ex-enseignante de surcroît), quelques Notes ci-dessous, censée "représenter" ses concitoyens ! N'ont-ils pas honte, ses administrés (Mme Franco est aussi maire) ? Non puisque aucun d'entre eux ne s'est rendu compte du chapelet de déjections expulsées du clavier de leur élue. Qui va lui dire de tirer la chasse d'eau ?
Lire dans le Monde (entre autres) L'article commence ainsi : "Les performances des élèves en orthographe sont en baisse sensible, au point que le niveau d'une classe de cinquième de 2005 est celui d'une classe de CM2 de 1987. Cette baisse ne relève ni du sentiment subjectif ni de l'affirmation polémique. Elle est démontrée par un travail universitaire..."
On se demande pourquoi : 1/ Il a fallu attendre 2007 pour dénoncer le problème. 2/ il faut des commissions de spécialistes pour parvenir à l'analyser. Le ministère m'aurait consulté il y a 5 ou 10 ans déjà, j'aurais livré un compte-rendu d'un contenu comparable, sans toutefois la finesse du comparatif 'CM2 vs Seconde', mais en moins de temps, et à un coût réduit : 10 minutes, une bonne bière à la brasserie du coin (2,85 €).
Mon diagnostic et ma recommandation d'il y a 5 ou 10 ans, en résumé (je signale que je n'ai rien à voir avec l'enseignement, ni de près ni de loin, ni aucune formation littéraire) :
1/c'est une dégringolade évidente, incontestable, indiscutable, vérifiable chaque jour 100 000 fois en écoles et en entreprises.
2/ Pour rectifier le tir, il faut et il suffit de reprendre la méthode d'enseignement de la période antérieure aux années soixante-dix, puisqu'elle avait fait ses preuves sur des dizaines de millions de Français, Aucun investissement, aucune créativité, c'est comme monter au grenier dénicher des outils anciens mis au rebut. A l'ancienne, il faut et il suffit, de sanctionner (enlever des points aux copies), car si des étudiants parviennent au bac, puis à des niveaux de bac +2, +3, +4 en continuant à omettre les accents, accords de participe passé et à écrire la préposition "sans" sous toutes les formes possibles, telles que "s'en", "sen", 'san"(exemple réel issu des observations des enseignants)... c'est pour une raison simple : on a autorisé les élèves jusque là à franchir les étapes, les classes malgré une orthographe déplorable. Ce fut une décision concertée, organisée. Car il est vrai, que dans l'esprit de nombreux enseignants, sanctionner l'orthographe est comme une atteinte aux libertés individuelles de la personne-élève - si chèrement acquises en 1968. Vendredi 9.02 entre 19 et 20h sur Europe1 il y avait participation des auditeurs sur ce sujet... (lire la suite en cliquant sur le lien "lire la suite" ci-dessous)
11 février 2007 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
TypePad, hébergeur du présent blog, affiche en colonne de gauche les blogs sur Typepad les plus récemment mis à jour. En y butinant, on fait de jolies découvertes ; d'autres très pénibles, comme à l'instant en cliquant sur le blog d'une certaine Arlette Franco. Qui est cette inconnue ?
Arlette est député UMP des Pyrénées-Orientales et maire de Canet-en-Roussillon. J'en suis fort aise, me direz-vous.
http://www.arlettefranco.com/
Un coup d'oeil très rapide sur la page d'accueil du blog d'Arlette Franco fait surgir d'immenses failles orthographiques. Curieux, pour un député ! Mais autant les marins-pêcheurs de Boulogne n'ont nul besoin de la culture d'un être exquis comme Jack Lang pour défendre au parlement leurs problèmes de prix du gazole pour la pêche du maquereau et du hareng, autant, sans doute, les vignerons du Roussillon ont besoin d'une agrégée de grammaire comme député.
La surprise vient des diplômes et du parcours d'Arlette : "Après des études de lettres et de philosophie, Arlette Franco enseigne dans différents établissements aussi bien en Seine et Marne que dans les Pyrénées Orientales".
Lestée d'un tel cursus, Mme Franco, député UMP, diplômée en lettres et philosophie, est capable d'écrire, relire et approuver pour son blog, vitrine d'elle-même :
""et nous n’avons jamais été « submergé »...Et halte aux difficultés insurmontables des soi-disant issu des milieux modestes." ... "et il travailla des cet âge là" ... "s’occupe de sa famille (son père et 4 frères) et en parti du jardin" ... "Merci à mes parents de m’avoir inculqués ces valeurs" ... "La vie de Marie Curie m’a convaincu de me battre" ... "mon père a élargi son activité an allant livrer..." j'ai donc été convaincu"...
Poussant encore plus loin sa profession de foi intitulée "Mes convictions", la députée Arlette Franco n'omet pas de remercier les grands auteurs de la littérature - qui auraient tant aimé, les pauvres, laisser une autre trace : " Merci Corneille, Racine, Hugo, Chateaubriand, Vigny, Lamartine, Villon, Baudelaire, qui m’ont convaincu que la lecture , la poésie, l’histoire, la culture, et la philosophie étaient obligatoirement à inclure dans le socle des connaissances." (obligatoire pour les autres, pas pour Arlette)
"Merci à Saint Exupéry , Khalil Gilhan pour la force et la sérénité qu’ils m’ont apporté."
J'ai gardé selon la tradition le plus beau pour la fin : "Voilà un combat que je mène auprès des ministres de l’éducation (Ferry, Fillon, De Robien)." Le contexte indique que ce "combat" est celui pour l'éducation et la connaissance : bon courage, gardez patience, habitants du Roussillon, Arlette Franco, formée par les plus grands auteurs de la littérature, lutte pour l'éducation de vos enfants.
Et la députée Arlette Franco de conclure : "Ce que je suis et que j’espère rester. Une femme identique à vous tous ! " Soyez gentille Arlette, permettez à quelques visiteurs de votre blog de préférer rester différents de vous. Pourtant, nous aurions quelque raison d'envier votre parcours et vos immenses qualités, puisqu'à la différence de nous pauvres pékins dépités, vous Madame la Députée avez reçu (dernier copié-collé de votre blog) :
"Les insignes de Chevalier de la légion d'honneur en 1997, et Officier de l'Ordre National du Mérite en 2002."
Que votre parcours, Arlette Franco, serve d'exemple à nos enfants, lassés de nos rappels incessants sur la nécessité supposée - et désormais caduque je le vois bien- d'avoir à soigner leur orthographe pour réussir dans la vie, siéger au parlement, y rédiger la loi et enseigner dans les écoles.
Lire la suite "A la découverte d'Arlette Franco, députée UMP des Pyrénées-Orientales" »
04 février 2007 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
25 janvier 07, en début d'après-midi je monte dans mon automobile, et comme chaque fois je commence par 10 minutes de France Info, pour le cas où ... (l'abbé Pierre est parti en grandes vacances ; le PS a démis Royal pour la remplacer par DSK ; on recherche toujours le gagnant de l'Euromillion qui ne s'est toujours pas manifesté pour réclamer ses 42 briques pour un bulletin validé au tabac Le Narval - c'est là que je mise et je m'amuse à ne contrôler mes tickets qu'une fois par mois ; le PSG a écrasé Lyon 5-0 ; etc.)
Il est 14h22 lorsque j'entends sur France Info cet épatant dialogue entre un journaliste et le leader du groupe de rap Hocus Pocus pour son dernier album '73 touches'.
Journaliste : " Et quel est le propos entre guillemets de ce nouvel album ? "
Rapeur : " C'est pas du rap hard-core entre guillemets ... "
J'ai eu à cet instant envie de fermer la parenthèse, pardon : passer à FIP. Je pensais à tous ces auteurs de théâtre des trois siècles écoulés, qui ont réussi à faire passer toutes les nuances, les tonalités ironiques, les sous-entendus... sans placer dans leurs textes "entre guillemets". Et le public a toujours compris. Pourquoi cette finesse du public a-t-elle disparu, au point que l'on doive désormais baliser ses phrases orales de guillemets en pagaille pour se faire bien comprendre ?
SUIVI : ce même jour jeudi 25.01 je regarde l'émission d'Arlette Chabot sur FR2 avec pour invités Hollande et Fillon ; dans le public un témoin est invité à prendre la parole, il explique qu'il est RMiste avec 420 € par mois, se fait héberger dans un foyer pour 100 € et, ajoute-t-il, "le reste c'est pour moi entre guillemets".
25 janvier 2007 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
Quand les médias parlent du sénateur de l'Ilinois concurrent d'Hillary Clinton dans la course à la présidence US, ils disent que c'est un noir.
Quand les médias parlent de l'un des joueurs majoritaires de l'équipe nationale de football, ils disent que c'est un black.
Va comprendre ...
21 janvier 2007 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
En fait, à la réflexion, une bonne partie de l'affaire sur l'imposition à l'ISF des Hollande-Royal, est à imputer au mot FORTUNE qui revient en boomerang sur la joue de ses inventeurs, les socialistes, en 1981. En effet, il suffirait d'oter le mot fortune et le remplacer par une expression technique et neutre du genre "surtaxe" ou "super-impôt foncier" (ce que l'ISF est en réalité) pour faire disparaître tout ce que "fortune" peut véhiculer : grande richesse, trésor, faire fortune, opulence. Mais le choix du mot "fortune" par les socialistes était volontaire, car il comportait en lui les sens décrits ci-dessus, précisément : il fallait exprimer avec un mot fort que l'on voulait frapper les gros richards, l'ennemi de classe. Dans sa première version cet impôt s'appelait même IGF : Impôt sur les Grandes Fortunes. Aujoud'hui on voit le revers de "fortune".
18 janvier 2007 dans Langue française | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
