Je me souviens …
Je me souviens de Madame Royal sur RTL le 4 mai : « Ma responsabilité, aujourd'hui, c'est de lancer une alerte par rapport au risque de cette candidature et par rapport aux violences et aux brutalités qui se déclencheront dans le pays, tout le monde le sait mais personne ne le dit, il y a une sorte de tabou. »
Je me souviens de Julien Dray : « La VIème république, c'est celle où chaque citoyen est l'expert pour ce qui le concerne »
Je me souviens du magazine Marianne du 14 avril : « Cet homme, quelque part, est fou ! Et aussi fragile. Et la nature même de sa folie est de celle qui servit de carburant, dans le passé, à bien des apprentis dictateurs »
Je me souviens de Farouk Khorchid, 21 ans, lycéen au Blanc-Mesnil : « Les rapports avec les flics, c'est le problème numéro un. Pourquoi, moi, par exemple, je déteste Sarkozy ? Parce qu'il fait comme si les bavures policières existaient pas, comme si les flics étaient toujours les victimes, et nous les coupables »
Je me souviens du jeune démocrate Abdel, sur Libération.fr le 6 mai, étudiant, proche de l’association AC-Le feu qui a mené une intense campagne en faveur de Ségolène Royal : «J’attends le résultat. Mais quel qu’il soit, j’ai compris que brûler des voitures ça sert à rien. En revanche, si Sarkozy passe, on va montrer notre mécontentement de manière intelligente en bloquant des gares, des écoles, des autoroutes et des routes nationales».
Je me souviens du pédagogue Philippe Meirieu, l’un des fondateurs des Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) estimant que les propos de Nicolas Sarkozy relevaient d’un retour à l’autoritarisme prôné par Pétain.
Je me souviens des réponses évasives aux questions épineuses : « Les partenaires sociaux en discuteront »
Je me souviens d’Arlette Chabot renfrognée et figée en potiche pendant deux heures quarante lors du débat du 2 mai.
Je me souviens d’un inconnu capté par la radio pendant le meeting Royal à Lille : « Si c’est Sarkozy, le pays va traverser des moments difficiles »
Je me souviens de « Moi je serai la présidente de ce qui marche » dans le débat du 2 mai.
Je me souviens de l’idée de la création d’emplois de fonctionnaires policiers raccompagnant chez elles les femmes-flics après leur service, afin de leur éviter d'être violée en chemin.
Je me souviens des « débats » entre trois postulants PS à la candidature où aucun ne parlait aux autres ni ne les regardait.
Je me souviens de « Je suis libre, j’ai travaillé de pacte »
Je me souviens de l'écrivaine Marie Darrieussecq : "Parce que c'est une femme... Il faut voter pour Ségolène Royal parce que c'est une femme. C'est à peu près tout ce que j'ai à dire."
Je me souviens de « Il faut que les policiers soient présents partout »
Je me souviens de « L'hôpital public fait partie des valeurs fondamentales de la république »
Je me souviens du Smic à 1500 euros nets admis le 16 avril sur RMC
Je me souviens de « Moi, je suis une promesse d’audace sécurisée »
Je me souviens de « C’est bien, on est content, on a une super présidente de la République qui va redonner de la fierté à la France »
Je me souviens de « Moi, je vous propose de réformer avec vous la France sans brutalités. Je suis la force sereine d’un changement efficace face à une brutalité agitée du passage en force »
Je me souviens de « Oui, ils veulent une France fragmentée en mémoire concurrence et en communautés rivales. Moi, je tiens à la France républicaine, laïque, respectueuse de chacun et fière de sa diversité »
Je me souviens de « La campagne participative que j’ai voulue et à laquelle vous êtes si nombreux à avoir répondu préfigure la façon dont demain je présiderai avec les Français. C’est nécessaire pour agir juste, c’est évident pour instaurer, pour mettre fin à tout… »
Je me souviens de « La France est le pays des droits de l’homme, la France et les Lumières, et donc les droits de la personne humaine »
Je me souviens de « Il n’y aura plus, si je suis élue, de bonne et de mauvaise dictature »
Je me souviens de « Je suis la force sereine »
Je me souviens de « C'est aussi le régime des talibans qui doit faire l'objet de pressions internationales »
Je me souviens de Geneviève de Fontenay : « Ségolène Royal a la dimension présidentielle. Elle est féminine, je ne l'ai jamais vue en pantalon »
Je me souviens d’Eric Besson son ex-conseiller : Nicolas Sarkozy est « plus préparé et plus qualifié que Ségolène Royal pour présider la France »… "Je pense en conscience que Ségolène Royal ne doit pas devenir présidente de la République. Je ne le souhaite pas pour mon pays. Je le redoute pour mes enfants"
Je me souviens de « Ma conviction profonde, c'est que les enfants qui sont scolarisés doivent pouvoir poursuivre leur scolarité, et donc leurs parents doivent pouvoir rester sur le territoire. »
Je me souviens du rapprochement de « immigration » et de « identité nationale » qualifié de « ignoble » et « rappelant le régime de Vichy » (lequel décora François Mitterrand de l’ordre de la francisque).
Je me souviens des « Français de souche, de feuillage, de branchage »
Je me souviens de « je crois que le temps des femmes est venu »
Je me souviens de « J'exercerai mon autorité, une autorité juste » et de « Je mets fin au désordre et je remets de l'ordre juste »
Je me souviens de « je crois que les jeunes attendent de la sévérité »
Je me souviens de « les dirigeants socialistes n'ont pas fait bloc autour de moi au début de cette campagne et donc il y a eu un doute sur la compétence »
Je me souviens de « Je suis femme et avec moi la politique ne sera plus jamais comme avant »
Je me souviens de « Je suis fière de ce que nous avons fait et je suis fière de ce qui reste à faire »
Je me souviens de « J’accélère. J’accélère l’explication, je noue le pacte, je l’explique, je monte en puissance sur une cohérence et je vais au contact du plus grand nombre possible de citoyens »
Je me souviens de « Liberté, Egalité, Sororité »
Je me souviens de Philippe Sollers : « Chirac conduisant Mme Royal à l'Elysée, voici un cliché qui nous redonnera le leadership international de l'image »
Je me souviens de « Dans une équipe où il y a une vingtaine de personnes, il devrait y avoir une à deux personnes handicapées… sinon c’est de la discrimination »
Je me souviens d’Arnaud Montebourg : « Ségolène Royal n'a qu'un seul défaut, c'est son compagnon. »
Je me souviens de leurs désirs d’avenir pour un changement profond en compagnie d'Yvette Roudy, Lionel Jospin, Pierre Mauroy …
Je me souviens de « Vous connaissez M. Besson, vous, qui ici a entendu parler de M. Besson ? Moi je m'occupe des vrais problèmes »
Je me souviens de donnant-donnant, gagnant-gagnant, gnan-gnan …
Je me souviens de « Je n’aime pas les riches, je le répète je n’aime pas les riches" (F Hollande) et « je n'irai pas à Deauville car c'est une ville de riches » ( MS Royal)
Je me souviens d’Evelyne Pathouot, son ex-collaboratrice : « Avant que les électeurs ne la choisissent ou ne la rejettent, j’entends qu’ils sachent qui elle est. Car il y a Dr Royal et Miss Ségo. Nul ne pourra dire qu’il n’a pas été prévenu. »
Je me souviens de « J'ai décidé d'avoir toujours, en toutes circonstances, une parole libre et maîtrisée »
Je me souviens de « Les citoyens sont les meilleurs experts de ce qui les concerne »
Je me souviens de « Les Français sont intelligents et ne croient pas ce que Nicolas Sarkozy leur dit »
Je me souviens de « Le ministre du budget devra trouver les économies, le parlement en débattra »
Je me souviens de « Il faut empêcher par la loi la délocalisation des marques »
Je me souviens d’un échange avec le journaliste lanceur d’engins Jean-Jacques Bourdin : « On en a combien, à propos, de SNLE aujourd’hui ? » « Nous en avons un ». « Non, nous en avons sept. » « Oui, sept. »
Je me souviens de « J’ai 28 ans. Je suis mère d’un enfant. Je travaille à l’Elysée auprès de François Mitterrand. Les deux personnes que j’aime le plus au monde, c’est mon bébé et François Mitterrand. » (propos tenu en réunion en 1985)
Je me souviens de « Ce chiffre épouvantable : une femme sur trois meurt assassinée sous les coups de son conjoint, là, dans la France dans laquelle nous vivons, et ces crimes-là ne sont même pas évoqués dans les médias »
Je me souviens de Louis Mexandeau, ancien ministre, proche de François Mitterrand : « Si Ségolène gagne en novembre, le parti socialiste va entrer dans une phase noire » … « Je suis confondu par sa planétaire indigence » … « Ségolène c'est une inculture de taille encyclopédique, une sorte de trou noir de la science. Une ignorance crasse, pire que reaganienne : bushiste. Comme si elle n'avait pas lu un seul livre. »
Je me souviens d’une réponse à un journaliste qui lui demandait si elle était en train d'essayer de relancer sa campagne : « Mais, ma campagne n'est pas délancée ! »
Je me souviens de son conseil à Montebourg de « ne plus faire preuve de spiritualité »
Je me souviens du sémillant Jack Lang, ex Lang de Blois : « L’inventivité sémantique fait partie de la capacité d’un candidat à parler une autre langue que la langue de bois.” … « Elle a été éblouissante, habitée par une sorte de lumière, d'éclat, de rayonnement, portée par une puissance de conviction ... ça a vibré fort... »
Je me souviens de « Si chaque famille mange deux volailles par semaine, on peut sauver la filière avicole en région et remettre sur le terrain les 400 emplois perdus depuis le début de la crise »
Je me souviens de « Il faut effrayer les capitalistes »
Je me souviens de « Nous écrivons ensemble une belle page de l'histoire de France »
Je me souviens de « Je pense qu'une des révolutions, c'est de faire les 35 heures dans les collèges, c'est-à-dire, les enseignants restent 35 heures dans les collèges, et dans ce paquet global il y a les cours, ils ne quittent pas le collège quand ils ont fini leurs cours.. »
Je me souviens de Yannick Noah : « Si Sarko passe, j’me casse »
Je me souviens des affiches électorales montrant Sarkozy grimé en Adolf Hitler alors qu'à côté la candidate communiste restait immaculée (le communisme = 100 millions de morts, l'UMP = zéro mort)
Je me souviens de François Bayrou : « Je m'engage à ce qu'avant 5 ans d'ici tous les enfants entrant en 6ème sachent lire »
Je me souviens de « Les tribunaux chinois sont plus rapides qu'en France »
Je me souviens de « Mon opinion est celle du peuple »
Je me souviens de Diam’s : « Y a comme un goût de démé-démago dans la bouche de Sarko »
Je me souviens de Malek Boutih, président de SOS Racisme, secrétaire national du PS : « C’est la racaille qui tue le plus dans les cités »
Je n’oublie surtout pas de me souvenir de « Nous serons surpris de l'événement planétaire que constituera, au-delà de ma personne, l'élection d'une femme politique d'expérience à la présidence de la République française »
.. ni bien entendu de « la bravitude » au pied de la Grande Muraille de Chine
Je me souviens de Notre-Dame de Bourdes, de la madone des sondages, de Cruella, de Ségolâne du Poitou, de Sé-Sé-Sé-Ségolène, de Bécassine.
Et en même temps, allez comprendre, je voudrais l’oublier très vite et passer à autre chose.
(Ces souvenirs de campagne sont extraits du présent blog)