Le président Sarkozy a passé deux heures et demi jeudi 10.02 devant 9 Français représentatifs dans une émission de TF1 animée par Jean-Pierre Pernaut. "Paroles de Français", 8,3 millions de spectateurs.
SOURCE : AFP, 11.02.2011 -- :
M. Sarkozy, qui avait promis à son élection l'instauration d'une "République irréprochable", a concédé que ces vacances (MAM et Fillon) pouvaient "choquer". Mais il a jugé que le séjour de François Fillon ne constituait pas "une faute". Tout au plus a-t-il concédé que la décision de Michèle Alliot-Marie de se rendre à Noël en Tunisie "n'était pas la meilleure idée". Dans la foulée, le chef de l'Etat a défendu sa ministre des Affaires étrangères et son Premier ministre, mis en cause pour leurs vacances en Tunisie et en Egypte, rappelant qu'ils n'avaient pas détourné "un centime".
Il récidive ! Après avoir, il y a deux jours, laissé entendre que le problème (désormais résolu) était que des ministres aillent passer des vacances à l'étranger, voilà qu'il continue à éviter le vrai motif de scandale (suspicion de collusion potentielle ou de perte d'indépendance), en pointant que les balades de Fillon et MAM n'avaient pas coûté un centime à la France ! Forcément, eh ballot, tout l'intérêt de se faire inviter par des monarques ou despotes étrangers c'est justement de supprimer des dépenses, alors, contre-argumenter en avançant qu'au moins cela n'a pas coûté un euro à l'Etat français, c'est débile ! Et nous avons été des millions légitimement surpris qu'un journaliste intraitable tel que JP Pernaut laisse passer sans intervenir pareille ânerie. Ceux qui se font inviter régulièrement par le roi du Maroc ou par monsieur Bolloré en savent quelque chose ; suivez mon regard (ça aussi, JP Pernaut a oublié de le placer). Et puis, que la virée de Fillon coûte de l'argent public à l'Egypte, on s'en taponne le coquillard, n'est-ce pas ? C'est toujours ça de pris aux Arabes ! Quelle mentalité déplorable au sommet de l'Etat : exploiter les Arabes, comme dans les années cinquante, c'est lamentable. J'ai trouvé Sarkozy en forme hier soir, mais en forme de quoi ?
Nicolas Sarkozy a constaté "l'échec" du multiculturalisme, après la chancelière allemande Angela Merkel et plus récemment le Premier ministre britannique David Cameron. "La vérité c'est que (...) on s'est trop préoccupé de l'identité de celui qui arrivait et pas assez de l'identité du pays qui accueillait", a-t-il jugé.
Sans surprise, la gauche a dénoncé la "surdité" du chef de l'Etat et ses "mensonges", alors que la droite a salué un président "attentif" aux préoccupations des Français.
Pour ma part, j'ai bondi en l'entendant admettre "l'échec du multiculturalisme", et me suis aussitôt senti atteint de la maladie d'Alzheimer, autre thème développé dans l'émission, puisque jusqu'à présent je croyais dur comme fer avoir entendu le même Sarkozy prononcer des discours à la gloire de la nouvelle société métissée qui nous tend les bras... je vais faire une recherche et reviendrai ici plus tard avec des billes (ou irai me faire interner illico dans une maison spécialisée dans les maladies gériatriques). "Le multiculturalisme est un échec. Si on vient en France, on accepte de se fondre dans une seule communauté, qui est la communauté nationale. Le multiculturalisme est un échec, madame Merkel l'a dit, monsieur Cameron aussi. Cela pose la question de l'islam et de nos compatriotes musulmans. Nos compatriotes musulmans doivent pouvoir pratiquer leur religion, mais il ne peut s'agir que d'un islam de France, et non pas de l'islam en France. La communauté nationale française ne veut pas changer ses valeurs et son mode de vie." (N. Sarkozy, TF1, 10.02.2011)
Dès les premières minutes, il y a eu un moment sidérant, quand la pharmacienne de Nice qui venait de subir quatre attaques à main armée a cru pertinent de préciser que, pourtant, elle se sentait proche des gens de son quartier (d'où on comprenait que provenaient les délinquants, sinon pourquoi parler des gens de son quartier dans ce contexte ?) et même, qu'elle parlait leur langue ! A ce moment j'ai commencé à m'étrangler avec ma 1664, me disant in petto que moi aussi je parlais la langue des gens des villes et aussi du pays tout entier, la France, où j'ai vécu et été cambriolé, pickpocketté, agressé à coups de marteau (anecdote narrée dans ce blog)... mais très vite le journaliste-animateur pour ménagères de moins de cinquante ans Jean-Pierre Pernaut a repris la parole pour préciser que cette pharmacienne, madame Fatiha Djegaoud, était d'origine algérienne ! On s'est senti tout de suite rassuré : la langue du quartier du Moulin à Nice est donc l'arabe, et ce ne sont pas des Français souchiens (sous-chiens) qui attaquent la pharmacie de madame Djegaoud ! Va falloir passer l'info à Eric Zemmour, qui va encore la commenter et se retrouver devant un tribunal, assigné par la horde de la bienpensance correcte : SOS Racisme + Licra + Mrap + EUJF + J'accuse.
SUIVI, 15.02 -- Mme Djegaoud, qui pourtant parle l'arabe comme ses agresseurs, a été suite à sa participation à l'émission l'objet de menaces et de manifestations d'hostilité dans son quartier. Ce à quoi nous reconnaissons bien en effet le profil de ces individus, il n'y a plus de doute, ce sont des capuchards ! "Je suis venue pour travailler ce matin. Devant la porte de la pharmacie, un grand conteneur à poubelles était vidé, et j’ai eu des appels d’insultes, a-t-elle témoigné au micro d’Europe 1 samedi 12, deux jours après l'émission. D’après Fatiah Djegaoud, on tente de la faire taire. Mais elle ne s’avoue pas vaincue. "Je n’ose plus rien dire, aujourd’hui je n’ose plus parler. Il faut que j’arrête de parler, c’est ce qui est demandé. Ils trouvent que ce quartier est très bien pour eux, qu’il continue à être bien pour eux, moi je ne me laisserai pas faire", promet-elle.
J'ai aussi remarqué qu'à plusieurs reprises le président Sarkozy a mis sur le compte des 35-Heue le retard de la France depuis dix ans sur un pays comme l'Allemagne, ainsi que d'autres lourdeurs fortement pénalisantes, voire dramatiques (perte de 500 000 emplois industriels, entre 2000 et 2010, rien que ça), mais qu'il a omis de révéler pourquoi il n'avait pas choisi de supprimer la loi des 35-Heures.
Résumons la pensée sarkozienne : La Loi des 35-Heures est un désastre économique pour la France, c'est démontré, mais ce serait un autre désastre (sans doute pire, doit-on comprendre ?) de la supprimer ! On me prend encore pour un con ? Certainement, parce que je le vaux bien ! Gardons en tête que les auteurs du désastre des 35-Heures ont pour noms Strauss-Kahn et Aubry, deux potentiels candidats pour 2012.